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petites, elles peuvent être écolos


17 octobre 2022 à 14h46,

Durée de lecture : 4 minutes

Transports

C’est ce que l’on appelle un démarrage en trombe. En cinq ans, la part de la vente des véhicules électriques est passée d’environ 1 à 13 % [1], selon les derniers chiffres de la Plateforme automobile. Les grandes marques tendent à se concentrer sur la vente de véhicules à forte valeur ajoutée, encore plus gros et énergivores avec des modèles électriques qui dépassent l’entendement et le seuil des 2,5 tonnes, suivant la tendance générale au gigantisme routier.

Dans ce paysage mouvant, il était nécessaire de clarifier l’empreinte écologique de ce déploiement à toute berzingue. Dans un avis rendu public le 13 octobre dernier, l’Agence de la transition écologique (Ademe) confirme donc que la voiture électrique est globalement plus écologique qu’une voiture thermique sur l’ensemble de son cycle de vie, à condition de rester de taille modeste.

Émissions carbone de voitures thermiques et électriques. © Ademe

Batteries énergivores

Oui, l’électrification du parc automobile entraîne bien une hausse de l’empreinte carbone des phases d’extraction et de production de véhicules [2], deux à trois fois plus importante qu’une voiture thermique avant même d’avoir commencé à rouler. La voiture électrique pose également un certain nombre de problèmes équivalents à ceux de la voiture thermique : particules fines issues de l’usure des pneus, nuisance sonore au-delà de 50 km/h, mais surtout la voiture individuelle, électrique ou non, demeure toujours une solution peu performante, car elle propose de déplacer 100 à 150 kg de charge utile (passager et marchandises) dans une machine qui en pèse cinq à dix fois plus.

Pour autant, tout véhicule électrique de moins de 60 kilowatts-heures (kWh) de puissance (environ 450 km d’autonomie) aura toujours un impact carbone inférieur sur l’ensemble de sa durée de vie par rapport à son équivalent thermique. Le « solde » devient même positif dès les 15 000 premiers kilomètres pour une petite voiture électrique citadine, comme la Renault Twingo E-Tech et ses 22 kWh. Tout ceci à condition d’utiliser une électricité peu carbonée (donc d’origine nucléaire ou renouvelable). À l’inverse, un SUV électrique avec une batterie renforcée de 100 kWh devra rouler minimum 100 000 km à la place d’une voiture thermique pour devenir plus écologique que ce dernier.

L’Agence rappelle que la voiture électrique ne pourra pas couvrir l’ensemble des usages, notamment pour les véhicules les plus lourds, pour lesquels des batteries énormes, coûteuses et énergivores seraient nécessaires. Elle relève également que les voitures hybrides rechargeables, très en vogue, ne peuvent être envisagées que comme solution transitoire et avec une maximisation de l’utilisation de la batterie électrique sur les courtes distances.

Le mirage de l’électrification totale

Mais cet avis ne se limite pas à une simple comparaison. « Répliquer le modèle d’utilisation du véhicule thermique sur le véhicule électrique ne suffira pas, souligne le rapport. L’émergence d’une offre de véhicules plus petits, plus sobres, plus abordables et adaptés au déplacement du quotidien est un enjeu fort pour une adoption massive des VE par le plus grand nombre. »

D’où l’initiative de l’Ademe de rappeler le lancement de son Extrême défi, un concours pour permettre à des constructeurs de véhicules expérimentaux de bénéficier de financements pour industrialiser de premières séries de petits véhicules intermédiaires, plus légers (moins de 200 kg) et plus sobres qu’une citadine électrique, mais aussi plus rapides et puissants qu’un vélo à assistance électrique.

Un marché aujourd’hui totalement étouffé par le fonctionnement des aides à l’achat des voitures électriques, bien plus intéressantes pour des véhicules plus gros et plus chers que pour ces quadricycles (comme la Citroën Ami ou la Renault Twizy). Dimanche 16 octobre, Emmanuel Macron a annoncé une augmentation du « bonus écologique » à l’achat d’un véhicule électrique de 6 000 à 7 000 euros pour les ménages modestes. Le gouvernement, qui mise énormément sur l’industrialisation de la voiture électrique à grande échelle, a également rappelé qu’il sera nécessaire de « réinterroger la place de l’automobile dans nos déplacements (sobriété et report modal) et faire du véhicule électrique une brique parmi une offre de services de mobilité plus large et diversifiée ».

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