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La mafia marocaine fait trembler les Pays-Bas

ByVeritatis

Oct 26, 2022


CHRONIQUE – Plus rien ne va au royaume paisible des canaux, des bicyclettes Gazelle et des coffee shop. Le Premier ministre Mark Rutte et la princesse héritière Amalia vivent sous la menace d’une exécution mafieuse de la part de la Mocro maffia, ou mafia marocaine. Les grands ports du Benelux que sont Rotterdam et Anvers en Belgique, ont toujours attiré le crime organisé. Mais l’arrivée des Marocains au cours du siècle dernier, à partir des années 1980, a très vite fait de transformer les codes de l’underground. Un officier de la police judiciaire belge, avec beaucoup de bouteille, affirmait dès la fin des années 1990 à l’auteur de cet article, n’avoir jamais assisté à autant de violences sur les prostituées, avant l’arrivée des Marocains : décapitations, démembrement, violences extrêmes, augmentées de tout type de profanation. Il ne s’agissait pas des exécutions sommaires « à l’ancienne », mais d’une signature particulièrement psychotique dans le fait criminel.

Cette escalade dans la terreur est concomitante à l’ascension de deux narcotrafiquants : Ridouan Taghi et Saïd Razzouki, lesquels ont transformé les Pays-Bas en une Colombie du Nord. À eux deux, il leur est attribué, même en détention, l’importation d’une tonne de cocaïne par mois en Europe depuis la Colombie, en passant par l’Espagne et Anvers. Ridouan Taghi a été arrêté à Dubaï le 7 décembre 2020. Son bras droit, Razzouki, a lui été arrêté trois mois plus tard en Colombie, le 7 février 2021, dans le cadre d’une opération tripartite entre la DEA américaine, le FBI et la police néerlandaise.

Ces hommes, à eux deux, sont responsables de dizaines d’exécutions aux Pays-Bas, souvent en pleine lueur du jour. Parmi leurs victimes se trouvent deux journalistes, dont Peter R. de Vries, abattu par la mafia marocaine le 6 juillet 2021 à la sortie du studio RTL de la rue Langue Leidsewarsstraat. En 2019, il avait établi une relation confidentielle, typique entre journaliste d’investigation et source, avec le repenti Nabil Bakkali, gorge profonde du cas Marengo, du nom du procès fleuve, dans le cadre duquel ont été jugés les 17 principaux prévenus du procès de la Mocro maffia, dont Ridouan Taghi, Saïd Razzouki et deux des frères de ce dernier. L’avocat de Bakkali, Derk Wierson, a également été assassiné ainsi que plusieurs membres de sa famille. Un autre repenti a été abattu en janvier 2021 en Espagne, dans la Province de Cadix, à Chiclana de la Frontera. Martin Blok a, pour sa part, été assassiné le 8 décembre 2016. Ancien membre de la pègre, Blok tenait depuis plusieurs années un blog, faisant référence, spécialisé dans ce qu’il connaissait le mieux, le crime organisé. Il y versait des informations exclusives sur la mafia marocaine.

L’arrestation de Razzouki en Colombie n’est pas un hasard. Il y a longtemps que les cartels colombiens et mexicains ont établi des relations privilégiées avec le Maroc. Leur facilité d’accès aux côtes espagnoles, telles que celle d’Algésiras, mais aussi leur relation privilégiée avec la mafia galicienne sur la côte Atlantique, la corruption de la classe politique, en font des alliés stratégiques depuis au moins deux décennies pour inonder le marché de cocaïne. L’autre « apport » de la mafia marocaine aux cartels d’Amérique centrale, consiste en ses méthodes bestiales, dans l’imposition de nouvelles formes de violence terrifique. Le saut de crime organisé à celui des méthodes du terrorisme, remarqué à partir de ce millénaire au Mexique et en Colombie, se doit en partie à ce rapprochement. Dans le cadre de cette association, la mafia marocaine est passée de la revente de Hachich, sa drogue de consommation et de revente coutumière, la drogue qui rend idiot et schizophrène, à la cocaïne. L’enrichissement pour le clan de Ridouan Taghi a été exponentiel. Le patrimoine de maisons saisies aux Pays-Bas, à Marbella (Espagne) et à Dubaï, n’est que le pic de l’iceberg.

Razzouki a été arrêté dans la ville de Sabaneta, de la province de Medellin, dont est issu le tristement célèbre Pablo Escobar. Il vivait dans un immeuble franc. Tout criminel qu’il soit, Razzouki, est un homme pieux. Il a été retrouvé au travers d’un maillage des mosquées de la ville et la filature d’un homme qui, tous les jours, faisait le trajet vers cet appartement avec de la nourriture halal. Les passerelles entre crime organisé et terrorisme islamiste sont connues, encore qu’insuffisamment explorées. Le terrorisme islamiste est la plupart du temps le prétexte pour donner une légitimité à la vénalité du crime organisé. Mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens : la légitimation du crime dans le versement à l’obole du terrorisme. Dans la mesure où les Pays-Bas et la Belgique constituent des places fortes pour la Mocro maffia et le terrorisme, reste à trancher le nœud gordien.





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