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Les 7 Samouraïs de Kurosawa, un chef-d’oeuvre — La Science de l’Esprit — Sott.net

ByVeritatis

Oct 31, 2022


Les grandes histoires ne vieillissent jamais: elles se transforment, changent de cadre et de lieu, se modernisent. Aujourd’hui, c’est un exemple parfait de ce dogme qu’on va disséquer avec “Les sept samouraïs“. Vous connaissez sans doute déjà l’amour sans bornes qu’on porte à Akira Kurosawa et on vous a déjà rapporté l’admiration de toute une génération de réalisateurs pour le cinéaste nippon, comme en témoignent les nombreux remakes occidentaux de ses oeuvres.

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Les sept samouraïs” est peut-être la plus vibrante preuve de cette révérence, lui qui a enfanté “Les sept mercenaires“, un western mythique revisité et remis au goût du jour régulièrement. On oublie donc les cowboys et on part pour le Pays du soleil levant à l’époque féodale.

Alors qu’un petit village de paysans est à la merci d’une bande de voleurs sans foi ni loi, les autochtones vont partir chercher secours auprès de sept samouraïs différents pour les protéger. Pour chapeauter cette bande disparate, le vieux Kambei (Takashi Shimura) assume le leadership et tente de préparer les villageois à l’attaque imminente des brigands.

« Les sept samouraïs“, c’est avant tout un scénario à la structure très intrigante. Dans une grosse première portion du film, Kurosawa se concentre sur la mise en place de son histoire: le recrutement des samouraïs et la protection du village. Puis, dans une deuxième moitié du film plus restreinte, il va enfin nous proposer de vivre les combats. Pour un film à la durée imposante (3h), on pourrait croire que la première partie est trop imposante mais bien au contraire, c’est elle qui définit l’âme du film et qui délivre toute une série de messages plus profonds qu’il n’y paraît.

En premier lieu des thématiques que creuse Kurosawa, il y a la définition de la bravoure que nous propose le cinéaste: c’est parfois un vieil homme qui dispense son savoir, d’autre fois un rebelle qui s’ouvre aux autres, ou bien encore un combattant qui prend les gens humbles en pitié. À travers sept personnages, c’est sept nuances du courage que délivre le réalisateur avec une certaine forme d’exhaustivité.

Pour les incarner, on retrouve des anciens collaborateurs de Kurosawa, devenus de véritables monuments du cinéma japonais. On pense à Takashi Shimura qui était déjà l’acteur principal de “Vivre” (dont on vous parlait ici), mais surtout à Toshiro Mifune, complice historique du cinéaste dont le rôle est véritablement le pivot autour duquel le film évolue.

Sauvage, rebelle et terriblement attachant, Mifune sert de trait d’union entre villageois et samouraïs. Il est le premier à entraîner les paysans au combat avec une rigueur affirmée, mais il est également le premier à aider ces habitants dans leur travail aux champs, servant d’exemple aux autres samouraïs. À travers lui, Kurosawa établit une philosophie simple mais concrète: chacun doit faire un pas vers l’autre pour assurer une cohésion salvatrice.

Ce qui amène le deuxième message fort du film: l’union fait la force. En assemblant toute une ribambelle de parias, entre villageois affamés et samouraïs déchus, Kurosawa amorce cette réflexion avec beaucoup de liant dans ce qui reste un pur film d’aventure. Pour faire chuter les grands, il faut se rassembler et s’organiser dans un esprit d’équipe total. C’est même totalement explicite lorsqu’au détour d’une réplique Kambei clame: “Celui qui est égoïste se détruira lui-même”.

Pour rendre son film digeste, le cinéaste va redoubler de talent. Il cherche par exemple des décors iconiques qui offrent un cadre parfait, comme un champ de fleurs ou un moulin à eau. Mais ce qui nous a le plus frappé, c’est surtout la fluidité de la caméra totalement novatrice si on fait l’effort de remettre en perspective dans le temps l’œuvre. Exemple: un villageois demande à sa fille de se couper les cheveux afin de se faire passer pour un garçon de crainte qu’elle n’attire les convoitises des samouraïs. Un mouvement latéral de caméra pour montrer la fuite de la jeune fille, puis un mouvement en sens inverse pour la voir quitter l’habitat, puis enfin une rotation pour montrer l’empoignade en plongée, le tout sans coupure. Magistral.

Un petit mot enfin sur la musique qui ne cesse jamais de varier agréablement ses orchestrations pour offrir des teintes différentes au film. Suivant le samouraï à l’écran ou bien la situation affichée, Fumio Hayasaka trouve du souffle et donne un rebond particulier à chaque scène.



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