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Une cérémonie en hommage aux Chinois morts en participant à l’effort de guerre français lors de la Grande Guerre

ByVeritatis

Nov 11, 2022


Dans le cimetière chinois du hameau de Nolette, à Noyelles-sur-Mer, à un battement d’ailes de la magnifique baie de Somme, reposent des Chinois morts en participant à l’effort de guerre français au cours de la Première Guerre mondiale. Un fait historique souvent méconnu.

Ce jeudi 10 novembre, à la veille de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre, au cours de laquelle la France commémore les morts pour la Nation, l’Association amicale des anciens légionnaires d’origine chinoise en France (AALOCF) organise une cérémonie en la mémoire de ces Chinois avec la présence de représentants de l’ambassade de Chine en France, de représentants départementaux, d’associations et de quelques élus locaux.

Dans le carré funéraire, les tombes affichent la litanie des noms, des matricules et des dates de décès : Cheng Lan Chang (11213, 5 mai 1918), Wang Chen Pang (45884, 8 mai 1918), Lin Wen Po (48661, 15 mai 1918). Sur les stèles, on peut lire des épitaphes : « Fidèle jusqu’à la mort », « Une bonne réputation dure pour toujours », « Une noble tâche bravement accomplie ».

L’aide précieuse des travailleurs chinois

En 1916, alors que l’effort de guerre exigeait toujours plus de main d’œuvre, des émissaires français et anglais furent dépêchés en Chine. Au moment du déclenchement du conflit en 1914, la jeune République de Chine, créée deux ans plus tôt sur les décombres de l’Empire du milieu, est encore très instable et se déclare neutre ; elle n’entrera officiellement en guerre contre l’Allemagne aux côtés des Alliés qu’en 1917.

Selon le chiffre le plus communément admis, ils sont 140 000 Chinois à avoir quitté leur pays, pour travailler en Europe pendant la Première Guerre mondiale (40 000 côté français, 100 000 pour le Royaume-Uni). Recrutés sous contrat par les armées françaises et britanniques comme « travailleurs civils volontaires », ces Chinois deviennent ouvriers en usines, creusent des tranchées, enterrent les morts… Ils étaient enrôlés pour cinq ans, contre un salaire de 1,50 franc à 4,50 francs (soit l’équivalent de 5 euros à 15 euros) par jour, amputé des frais. En cas de décès, la famille percevait 270 francs (900 euros) d’indemnisation.

Certains mourront en France, quelques-uns rejoindront leur pays, d’autres feront leur vie ici. On estime le nombre de morts à plusieurs milliers : « Pour la Grande-Bretagne, les chiffres officiels parlent de 2 000 morts, alors que certaines sources chinoises font état de la disparition de 27 000 personnes. Pour la France, les historiens évoquent entre 1 500 et 2 000 victimes », rapporte France info.





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