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Alors l’art se souleva, par Evelyne Pieiller (Le Monde diplomatique, octobre 2017)

ByVeritatis

Nov 20, 2022


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Giangiacomo Spadari. – « La Notte dei surrealismi » (La nuit des surréalismes), 1992

Olivier Pastor – Villa Tamaris Centre D’art, La Seyne-Sur-Mer

En 1919, George Grosz et John Heartfield, membres actifs du Club Dada à Berlin, affirment avec panache que « le titre d’artiste est une insulte ». Car « le terme “art” est l’annulation de l’égalité entre les hommes ». Tous deux sont… des artistes. Ils n’ont pas 30 ans. Ils ont connu et haï la guerre au point d’américaniser leur nom par dégoût du nationalisme, ils viennent d’adhérer au tout jeune Parti communiste allemand et de voir l’écrasement meurtrier de la révolution spartakiste. Grosz et Heartfield approuvent les « Treize points du dadaïsme » berlinois, et notamment celui qui prône une « association internationale et révolutionnaire des créateurs et intellectuels du monde entier sur la base du communisme radical ». Ce ne sont pas des « paroles verbales », mais l’expression d’une aspiration ardente. Dans le sillage de 1917 et de la déferlante insurrectionnelle qui secoue l’Europe, de l’Allemagne à l’Autriche, de l’Italie à la Hongrie, les avant-gardes artistiques qui se joignent à l’avant-garde politique vont entreprendre pendant quelques années effervescentes d’élaborer les esthétiques propres à servir cet engagement. Si les urgences et les possibilités ne sont pas identiques selon les pays, sera commun le questionnement sur le rôle même de l’art et de l’artiste, dans la perspective de la vie collective à construire.

La rupture avec les codes de l’art bourgeois — par le cubisme, le futurisme, l’abstraction, le symbolisme, etc. — a été opérée avant la guerre, c’est maintenant le sens même de la démarche qu’il faut, en cette aube, définir. En quoi, comment, jusqu’où les artistes peuvent-ils contribuer à la révolution, advenue ou à venir, aider, par leurs compétences propres, à l’embellissement des humains ? À cette question, qui n’a plus rien d’abstrait après le surgissement de la révolution d’Octobre, les artistes les plus novateurs vont, en Russie, dans une tension souvent productive avec les représentants du pouvoir, proposer pendant une petite dizaine d’années des réponses (…)

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