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en grève, les enseignants lancent «un avertissement» à leur ministre — RT en français

ByVeritatis

Fév 2, 2024



«Exaspérés», les enseignants étaient en grève ce 1er février en France et ont manifesté pour «lancer un avertissement» au gouvernement sur leurs conditions de travail, les salaires et les difficultés de l’école publique. Une «colère» attisée par les déclarations de leur ministre, prise pour cible dans les cortèges.

En France, 20,26% des enseignants étaient grévistes ce 1er février, selon le ministère de l’Éducation. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré (enfants âgés de 11 à 18 ans), a lui estimé le taux de grévistes dans les collèges et lycées à 47%, et la FSU-Snuipp, principal syndicat du primaire, avançait 40% de grévistes dans les écoles maternelles et élémentaires.

À Paris, une manifestation était organisée à 14h en direction du ministère de l’Éducation nationale, à l’appel des principaux syndicats enseignants. D’autres défilés avaient lieu dans de nombreuses villes, rassemblant par exemple 1 600 personnes à Marseille (sud-est), 2 300 à Rennes (nord-ouest), 2 300 à Nantes (ouest) et 1 700 à Rouen (nord-ouest), selon les autorités,

Des lycées ont fait l’objet de blocages dans plusieurs villes, notamment dans la capitale, mais aussi dans le sud-est du pays, à Marseille ou Montpellier. «Profs/Élèves même combat», pouvait-on lire sur une banderole devant le lycée Voltaire, dans l’est de Paris, où environ 200 jeunes étaient rassemblés.

«Toutes les AOC ne sont pas des grands crus», affirmait une pancarte à Marseille et à Nantes, jouant sur le sigle du label «Appellation d’origine contrôlée» similaire aux initiales de la ministre Amélie Oudéa-Castéra, dont les déclarations ont «mis les enseignants très en colère», a expliqué à l’AFP Valérie Zika Dussol.

«On veut changer de ministre !»

«Elle a tenu des propos très méprisants en mettant en avant l’école privée», estime cette enseignante d’une école primaire de Martigues (sud-est) et syndicaliste, ajoutant : «On veut changer de ministre !»

«Oudéa-Castéra 0/20 Au coin !», «Oudéa-Castéra médaille d’or du mépris», «AOC : mets tes baskets (tu seras moins hors sol)», pouvait-on lire sur des pancartes du défilé parisien, où à quelques semaines des JO dans la capitale française, de nombreux manifestants collaient sur leurs vestes des autocollants «mépris 2024» avec les anneaux olympiques.

Promue il y a trois semaines à la tête d’un super-ministère, dans lequel l’Éducation et la Jeunesse s’ajoutent aux Sports et aux Jeux olympiques dont elle avait déjà la charge, Amélie Oudéa-Castéra a cristallisé le mécontentement du monde enseignant.

Les déclarations polémiques de la ministre dès sa prise de fonction, où elle a justifié l’inscription de ses enfants dans un établissement privé élitiste parisien, Stanislas, par «des paquets d’heures pas sérieusement remplacées» dans le public, des affirmations démenties par l’ex-enseignante de son fils en maternelle, ne sont toujours pas passées.

Depuis, la ministre s’efforce de déminer, mais d’autres polémiques ont suivi. Cet appel à la grève des personnels de l’éducation avait été lancé en décembre, avant qu’elle ne succède dans la fonction à Gabriel Attal nommé, lui, Premier ministre.



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