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Macron offre le pouvoir de dissuasion nucléaire français à l’Europe

ByVeritatis

Fév 3, 2024


Lors d’une visite d’État en Suède, le 30 janvier dernier, Emmanuel Macron a rompu avec 60 ans de souverainisme nucléaire : “La France a la responsabilité de mettre sa capacité de dissuasion nucléaire à la disposition de l’Union Européenne”, a-t-il assuré fièrement.

Ce n’est plus un secret pour personne ; le président français mise beaucoup sur l’Europe. Serait-il capable pour cela d’en oublier la France ? Interrogé devant l’académie de défense suédoise sur le recours à la dissuasion nucléaire pour protéger l’Union européenne, Emmanuel Macron n’a pas hésité : “Oui, définitivement !” Et de se justifier : “Une partie de nos intérêts vitaux sont dans l’Union européenne et cela nous confère une responsabilité particulière”.

Pour les gaullistes, ce n’est ni plus ni moins qu’une “haute trahison” : “C’est une rupture fondamentale avec la doctrine française. Avec le gaullisme. L’arme nucléaire est intrinsèquement liée à notre souveraineté nationale. C’est de fait la transférer à l’UE : c’est dire qu’on l’utilisera possiblement demain en cas de guerre de la Pologne ou de la Lettonie avec la Russie par exemple !”, s’énerve Florian Philippot sur Twitter (X).

Et le président lui-même en était convaincu : “Notre force de dissuasion nucléaire demeure, en ultime recours, la clé de voûte de notre sécurité et la garantie de nos intérêts vitaux. Aujourd’hui comme hier, elle garantit notre indépendance, notre liberté d’appréciation, de décision et d’action. Elle interdit à l’adversaire de miser sur le succès de l’escalade, de l’intimidation ou du chantage”, assurait-il en 2020. Mais déjà, comme le rapportait La Tribune, il prévoyait “un dialogue stratégique” sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans la sécurité de l’Europe. “Notre indépendance de décision est pleinement compatible avec une solidarité inébranlable à l’égard de nos partenaires européens”, avançait-il alors.

L’Union, c’est fait… Bientôt l’OTAN ? A priori, non. Si la France constitue de facto une puissance alliée, Macron assurait en 2020 qu’elle “ne participe pas aux mécanismes de planification nucléaire de l’Alliance et n’y participera pas plus à l’avenir”. D’ailleurs, deux ans plus tard, il l’a peut-être crié un peu fort. En octobre 2022, alors que le conflit russo-ukrainien se poursuivait, il avait assuré à la télévision que la France ne riposterait pas pour l’Ukraine si la Russie venait à attaquer avec l’arme nucléaire. “Une erreur stratégique” qui risquait de fragiliser le pays, selon plusieurs hauts gradés militaires qui s’étaient alors confiés à FranceInfo.

De conflits, le monde ne manque pas. Advienne que pourra.





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