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À Jacques Delors, le grand marché unique européen reconnaissant, par François Ruffin (Le Monde diplomatique, février 2024)

ByVeritatis

Fév 7, 2024


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Thomas Tudoux. — « Le Revers de la médaille », 2022

Un « grand Européen » pour M. Laurent Fabius, un « immense Européen » pour M. Gabriel Attal, un « grand serviteur de la France et de l’Europe » pour M. Gérald Darmanin, la « boussole de l’Europe » pour Mme Anne Hidalgo, « le plus inspiré, le plus créatif et le plus déterminé des artisans de la construction européenne » pour M. Jean-Louis Bourlanges… Aussitôt après son décès, la classe politique, presque unanime, a salué la mémoire de Jacques Delors, l’ancien président de la Commission européenne (1985-1995). À raison. Il a « marqué son époque » (M. Lionel Jospin) comme peu d’autres. En effet, il nous « lègue un héritage immense » (M. Olivier Faure). Et c’est justement parce que cet héritage est « immense » que nous devons l’examiner. À la fois pour l’Europe, pour la France, et pour la gauche.

Un mot revient dans les éloges, qui intrigue un peu : « idéal ». « L’artisan infatigable d’un idéal », célébrait M. Emmanuel Macron lors de l’hommage officiel aux Invalides. « Son idéal, son engagement et sa droiture nous inspirent toujours », ajoutait le chef de l’État. « Il a porté un idéal », selon l’ancien président François Hollande, c’était un « socialiste d’une génération qui avait un idéal », d’après M. Jean-Luc Mélenchon. M. François Bayrou admire enfin la « cohérence entre un projet de société, un idéal et l’Union européenne ». Comme si, chez Delors, on saluait moins ses actes, ses décisions, ses choix, qu’une idée, voire un « rêve européen ». C’est à ces actes, pourtant, concrets, qu’il nous faut revenir.

« C’est dans ce bureau du palais du Louvre que, durant trente-sept mois, Jacques Delors a dirigé l’économie et les finances de la France. » Alors qu’il prépare ses bagages pour Bruxelles, en janvier 1985, un reportage de la chaîne de télévision publique Antenne 2 dresse le bilan de son passage au gouvernement : « C’est ici qu’il a pris la décision, en accord avec le premier ministre Pierre Mauroy, de changer de politique économique en 1982 et de (…)

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