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La santé et surtout, l’égalité, par Grégory Rzepski (Le Monde diplomatique, février 2024)

ByVeritatis

Fév 13, 2024


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Malachi Farrell. — De la série « Covid les poches », 2020-2021

ADAGP, Paris, 2024

«Il faut responsabiliser sur la consommation » : le 16 janvier, lors de sa conférence de presse, M. Emmanuel Macron confirmait en beau français de président le doublement des franchises médicales. Pour gourmander des malades qu’ils jugent trop souvent imaginaires, les gouvernants français sont toujours là. Toujours là aussi, bien sûr, pour défendre l’hôpital, ce « trésor national à préserver », comme dit le premier ministre Gabriel Attal. Certes, en 2022, 6 700 lits y ont encore été supprimés. L’augmentation de son budget cette année ne compensera pas l’inflation et les revalorisations salariales. Le collectif Nos services publics a même estimé à au moins 1,5 milliard d’euros ce déficit de financement en 2024, « l’équivalent de 15 000 dialyses ou de 500 000 journées d’hospitalisation en cancérologie auxquelles il faudrait renoncer  ». Mais la cohérence est ailleurs, l’enjeu inaccessible au commun des patients comme à celui des soignants. Et la constance indéniable : au gouvernement ou au Parlement, à l’assurance-maladie ou dans les agences régionales de santé (ARS), politiques et hauts fonctionnaires sont là pour maîtriser les dépenses.

Les maîtriser non pas grâce à une vraie politique de santé publique fondée, entre autres, sur la prévention. Les nitrites cancérogènes seront « bientôt bannis des croquettes pour chiens et chats, mais seulement réduits pour l’alimentation humaine », s’étonnait Le Monde le 20 décembre. Non plus en refusant la surenchère de la médecine libérale — l’assurance-maladie devrait encore revaloriser la consultation de généralistes déjà rémunérés trois fois le salaire moyen, soit une des meilleures situations au monde. Économiser, insistent-ils, mais sans affronter « Big Pharma » : aujourd’hui, le coût des anticancéreux explose mais, déjà entre 2014 et 2016, le laboratoire américain Gilead avait pu toucher plus de 700 millions d’euros de la Sécurité sociale après avoir obtenu du ministère de la santé le tarif de 56 000 euros pour chaque traitement (…)

Taille de l’article complet : 1 946 mots.

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