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Le continent africain divisé face à Tel-Aviv, par Alhadji Bouba Nouhou (Le Monde diplomatique, février 2024)

ByVeritatis

Fév 14, 2024


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William Kentridge. – De la série « Paper Procession » (Procession de papier), 2023

© William Kentridge – Goodman Gallery, le Cap, Johannesburg, Londres, Paris

Après l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, et la réplique militaire israélienne à Gaza, la plupart des cinquante-quatre chancelleries africaines sont restées silencieuses. Quatre États, le Togo, le Kenya, la République démocratique du Congo (RDC) et le Sénégal, tous partenaires économiques et sécuritaires de Tel-Aviv, ont condamné sur le réseau X (ex-Twitter) les massacres perpétrés par le parti islamiste et ses alliés. Le Ghana a apporté un soutien ferme à Israël (12 octobre 2023) et le Cameroun a envoyé une lettre officielle de condoléances (8 octobre). Djibouti, les Comores, la Somalie, le Mali, le Niger, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie, seuls pays du continent qui ne reconnaissent pas Israël, ont réaffirmé leur adhésion à la cause palestinienne. La situation humanitaire se dégradant à Gaza, le Tchad, qui avait normalisé ses liens avec Tel-Aviv en 2019, est le premier pays africain à rappeler, le 4 novembre 2023, son chargé d’affaires pour « consultation ». « La reprise des relations diplomatiques (…) n’entame aucunement la position du Tchad sur la question de la Palestine et des territoires arabes occupés », avait pris soin de préciser, en 2020, le ministre des affaires étrangères Chérif Mahamat Zene. L’Afrique du Sud s’est engagée plus nettement devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ) (lire Comment l’Afrique du Sud défend une cause universelle).

Cette disparité des réactions illustre l’évolution du continent, traditionnellement attaché à la cause palestinienne, vers une normalisation. Six États africains (Égypte, Ghana, Éthiopie, Liberia, Somalie, Soudan) avaient participé en 1955 à la conférence de Bandung (Indonésie), dont Israël était exclu. L’accent y était mis sur la décolonisation, la lutte contre l’apartheid et l’appui aux « droits du peuple arabe de Palestine ». Le lien entre les trois causes a longtemps cimenté les positions diplomatiques.

Après les indépendances du début des années 1960, Tel-Aviv (…)

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