Colère agricole, les autorités craignent l’escalade et poursuivent leurs consultations


Le gouvernement poursuit mardi ses consultations avec les syndicats agricoles dans l’espoir de calmer la contestation, alors que sur le terrain les tensions restent vives. Tandis que la FNSEA, proche du pouvoir, est reçue à Matignon, les autorités ont interdit les déplacements de tracteurs dans une grande partie du pays, une mesure que certains agriculteurs promettent de braver.

Après les Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale (CR), la FNSEA et la Confédération paysanne doivent être reçues mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, respectivement à 17h30 et 19h00. Les motifs de colère s’accumulent : épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faibles cours du blé, hausse du prix des engrais ou encore crainte d’une concurrence accrue des pays du Mercosur. Autant de sujets sur lesquels les annonces gouvernementales peinent à convaincre.

Selon plusieurs arrêtés préfectoraux, les mouvements et convois de tracteurs sont interdits jusqu’à jeudi dans la majeure partie de la France, afin d’éviter des blocages, notamment aux abords de Paris déjà perturbés par la neige et le verglas. La Coordination rurale a toutefois annoncé son intention de passer outre. « On montera porter les doléances des agriculteurs à Paris, de manière pacifique, même si la moitié doit finir en garde à vue », a déclaré lundi soir Bertrand Venteau, président du syndicat, qui espère voir ses cortèges atteindre la capitale à partir de jeudi.

La FNSEA, qui a appelé dimanche à une « mobilisation nationale », privilégie pour l’instant des actions locales, sans grands déplacements. Lundi, la gendarmerie a recensé plusieurs blocages, notamment sur les autoroutes A75, A64, A51, A84 et sur l’A7, en particulier aux abords de Lyon.

Face à la montée de la contestation, le Premier ministre a tenté dimanche de reprendre l’initiative. Il a appelé l’Union européenne à « amplifier rapidement » les contrôles aux frontières sur les produits agricoles ne respectant pas les normes sanitaires et phytosanitaires européennes. Sébastien Lecornu et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard ont également annoncé la suspension, par arrêté, de l’importation de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides ou d’herbicides interdits en Europe.

Cet arrêté, attendu mardi au Journal officiel, devra toutefois obtenir le feu vert de Bruxelles. Annie Genevard se rendra mercredi dans la capitale européenne pour une réunion spéciale avec ses homologues sur le Mercosur et la Politique agricole commune (PAC). En attendant, les syndicats jugent ces annonces « insuffisantes ».

« On ne bouge pas tant que le gouvernement ne répond pas clairement sur la dermatose bovine et l’accord Mercosur », a déclaré lundi à l’AFP Laurence Chanove, animatrice régionale de la Coordination rurale, depuis un barrage routier au sud de Lyon. La CR, fer de lance de la mobilisation depuis début décembre avec la Confédération paysanne, réclame notamment la fin de l’abattage systématique des troupeaux contaminés.

Après une relative trêve de Noël, la Coordination rurale et la Confédération paysanne avaient prévenu que la mobilisation reprendrait de plus belle en janvier, laissant planer la perspective d’un troisième hiver de colère agricole à l’approche du Salon de l’agriculture.





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