Conflit entre Keir Starmer et Elon Musk : le Royaume-Uni envisage d’interdire X, écho du précédent brésilien et menace pour la liberté d’expression
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclenché une controverse majeure en menaçant d’interdire la plateforme X (anciennement Twitter) au Royaume-Uni, citant des préoccupations liées à des images générées par l’IA Grok, accusées de produire du contenu sexuellement explicite non consensuel, y compris impliquant des mineurs. Cette décision, qualifiée de « suppression de la liberté d’expression » par Elon Musk, actionnaire de X, fait écho à des tensions similaires au Brésil en 2024-2025 (ici, ici et ici), où la plateforme a fait face à une suspension temporaire. Les réactions aux États-Unis et sur X elle-même ont été vives, soulignant un débat mondial sur la liberté d’expression versus la régulation des contenus en ligne. Au-delà d’un simple conflit entre une entreprise américaine et un État, cette affaire met en lumière une bataille pour la liberté d’expression, où tous les prétextes semblent bons pour freiner l’ascension inexorable de X, qui domine les classements de téléchargements au Royaume-Uni et dans de nombreux pays. Les gouvernements se trouvent pris en tenaille entre leur désir de contrôler l’information et le respect des droits fondamentaux, avec un penchant apparent pour le contrôle en Europe, recréant un « ministère de la vérité » quand le contenu ne convient pas.
La décision de Starmer : une menace de blocage pour « raisons de sécurité »
Le 8 janvier 2026, Keir Starmer a déclaré lors d’une interview à Greatest Hits Radio que le gouvernement britannique envisageait toutes les options, y compris un blocage effectif de X, en réponse à des deepfakes sexuels (image de synthèse qualifiée d’hypertrucage) générés par Grok, l’Intelligence Artificielle embarquée sur la plateforme X. « C’est disgracieux, c’est dégoûtant, et ce n’est pas tolérable. X doit se ressaisir », a-t-il affirmé, ajoutant que l’Ofcom, le régulateur des communications, avait son « plein soutien » pour agir, potentiellement via l’Online Safety Act qui permet de bloquer des sites entiers. Starmer a insisté sur le caractère illégal de ces contenus, soulignant que des milliers d’images nues non consensuelles, incluant des mineurs, ont circulé sur la plateforme.
Cette menace survient après que X a limité l’accès à la fonction d’édition d’images de Grok aux abonnés payants, en réponse aux critiques. Cependant, le gouvernement britannique, via la secrétaire à la Technologie Liz Kendall, a réaffirmé son soutien à une action réglementaire forte, y compris des amendes ou un blocage, si X ne respecte pas la loi britannique. Elon Musk a réagi en qualifiant cette approche d’« excuse pour la censure », accusant le Royaume-Uni d’exporter l’autoritarisme sous couvert de sécurité. X compte environ 20 millions d’utilisateurs au Royaume-Uni, et un tel blocage marquerait une escalade significative dans la régulation des réseaux sociaux.

La réaction américaine : menaces de sanctions et parallèle avec le Brésil
La réponse aux États-Unis n’a pas tardé. La députée républicaine Anna Paulina Luna a annoncé le 9 janvier 2026 qu’elle préparait une législation pour sanctionner non seulement Starmer, mais le Royaume-Uni dans son ensemble, si X était banni. « Si Starmer réussit à interdire X en Grande-Bretagne, je pousserai une loi pour sanctionner Starmer et la Grande-Bretagne entière », a-t-elle déclaré sur X, en référence aux actions américaines contre le Brésil en 2024-2025 pour des violations similaires de la liberté d’expression. Luna a qualifié cela de « guerre politique contre Elon Musk et la liberté d’expression », minimisant les problèmes d’IA comme des « bugs techniques » résolus rapidement.
Cette position fait écho aux tensions passées avec le Brésil, où les États-Unis avaient imposé des tarifs douaniers, révoqué des visas et sanctionné des officiels pour censure, évoqué plus bas. Des figures comme Douglas Carswell ont proposé d’étendre les sanctions à des officiels de l’Ofcom et de l’État administratif britannique. Des critiques, comme celle de l’utilisateur Kadi, ont souligné l’hypocrisie, notant que X est banni en Russie depuis 2022 sans sanctions américaines similaires.
Les réactions sur X : colère contre la censure et appels au départ de Starmer
Sur X, les réactions ont été immédiates et majoritairement hostiles à Starmer, avec des accusations de tyrannie et de violation de la liberté d’expression. Mario Nawfal a posté : « Le Royaume-Uni emprisonne des gens pour avoir appelé des violeurs ‘cochons’. Maintenant, ils s’en prennent à Elon », qualifiant Starmer de punisseur d’une plateforme qui refuse de plier. Des utilisateurs comme Deep₿lueCrypto ont ironisé sur Starmer cherchant une « censure sponsorisée par l’État », tandis que AmericanAF a partagé une vidéo de Starmer furieux contre la liberté d’expression sur X.
D’autres, comme Richard H. Ebright, ont exprimé un dégoût profond pour le gouvernement Starmer, et John Hawkins a averti que sans liberté d’expression, le Royaume-Uni n’est plus un pays libre. Des appels au départ de Starmer se multiplient, avec des posts comme celui de GET LABOUR OUT : « Keir Starmer prévoit d’interdire X au Royaume-Uni. Le PM délirant et profondément impopulaire a perdu la tête – Il doit partir et vite. » Cependant, certains soutiennent Starmer, comme Adam Boxer, qui note que les « bugs techniques » impliquent la diffusion massive de pornographie infantile. Nigel Farage, leader de Reform UK, a critiqué X pour ne pas aller assez loin, mais a averti qu’un bannissement serait une attaque contre la liberté d’expression.
Parmi les réactions notables, un post de @dogeofficialceo du 9 janvier 2026 souligne l’hypocrisie :
« Gemini de Google et ChatGPT d’OpenAI génèrent également des images de personnes en bikini lorsqu’on les demande. Alors pourquoi Keir Starmer est-il autant concentré sur Grok et X ? »
Ce tweet, accompagné d’images illustratives, a été cité par Elon Musk lui-même le 10 janvier 2026, qui a répondu : « Ils veulent juste supprimer la liberté d’expression. »

Ces interventions directes d’Elon Musk et de figures influentes amplifient le débat, accusant le gouvernement britannique d’utiliser un prétexte pour cibler spécifiquement X, alors que d’autres IA comme Gemini ou ChatGPT génèrent des contenus similaires sans subir les mêmes pressions. Les replies à ces tweets, comme celui de @AutismCapital expliquant comment le problème du CSAM (matériel d’abus sexuel sur mineurs) est utilisé comme levier pour contrôler l’information, ou @senatorbabet affirmant que « le vrai cible est la liberté d’expression », renforcent l’idée que l’enjeu est bien la suppression de voix dissidentes plutôt qu’une réelle protection.
Le précédent brésilien : une suspension contournée et des révélations sur la censure
Cette situation rappelle le conflit au Brésil en 2024-2025, où X a fermé ses bureaux le 17 août 2024 pour dénoncer une « censure secrète » ordonnée par le juge Alexandre de Moraes de la Cour suprême. Musk a accusé Moraes d’être un « dictateur » pour avoir exigé la fermeture de comptes liés à des sympathisants de Jair Bolsonaro, accusés de désinformation électorale. La plateforme a été suspendue fin août 2024 pour non-respect des ordres, affectant 22 millions d’utilisateurs, mais X a contourné le blocage via une mise à jour d’application utilisant des IP dynamiques de Cloudflare, rendant le blocage difficile sans impacts collatéraux.

Les Twitter Files Brazil, révélés par Michael Shellenberger et Eli Vieira, ont exposé une répression massive de la liberté d’expression, avec des demandes illégales de données utilisateurs et de censure par Moraes et le TSE (Tribunal supérieur électoral). Le rôle du gouvernement américain a été mis en lumière, via des financements de l’USAID, du FBI et du Département d’État pour des programmes anti-désinformation, qualifiés de « complexe industriel de la censure ». En juin 2025, la Cour suprême brésilienne a durci les règles, obligeant les plateformes à retirer immédiatement les contenus illégaux sans décision judiciaire. X est revenu au Brésil en septembre 2024 après une « réapparition surprise », mais les tensions persistent.
Au-delà du conflit : une bataille pour la liberté d’expression et contre la concurrence déloyale
Ce qui se joue ici dépasse largement un différend entre une société américaine et un État : c’est une question cruciale pour la liberté d’expression, où les prétextes – qu’il s’agisse de deepfakes ou de désinformation – servent à tenter de stopper l’ascension fulgurante de X. La plateforme caracole en tête des téléchargements d’applications au Royaume-Uni, occupant la première place sur l’App Store et Google Play en janvier 2026, et se positionne comme l’application d’actualités la plus utilisée dans 167 pays à travers le monde. Les gouvernements, pris en tenaille entre leur volonté de contrôler la liberté d’expression et le respect des droits fondamentaux, semblent prioriser le contrôle en Europe, recréant un « ministère de la vérité » quand le contenu ne leur convient pas. Cela oublie que l’art, la satire – comme l’esprit Charlie en France ou Benny Hill et « Not the Nine O’Clock News » au Royaume-Uni – sont des moyens légitimes de communication, désormais lointains dans un climat de régulation accrue.
De plus, les utilisateurs à fort potentiel ou audience sont souvent invisibilisés via des méthodes de « shadowbanning », rappelant les pratiques des grands distributeurs qui évincèrent les petits producteurs de leurs zones de chalandise par manque de moyens financiers, créant une concurrence déloyale. Ici, c’est une concurrence déloyale d’accès à l’information indépendante que les gouvernements imposent sous couvert de protection de l’individu, alors qu’ils peinent à résoudre des problèmes plus pressants comme l’endettement faramineux ou la perte de pouvoir d’achat dans leurs propres pays.
En France, par exemple, Emmanuel Macron, en perte de vitesse totale avec des sondages indiquant un taux d’approbation historiquement bas (autour de 11-19 % en fin 2025, selon divers instituts et seuls 3 % des Français pensent que Macron mène le pays dans la bonne direction), rivalise d’ingéniosité pour contrôler le message et les messagers.
Via la Déclaration de Paris signée en 2025, l’État se « pose en artisan de ses propres mensonges face à des vérités inconfortables », utilisant la censure et des subventions aux médias alignés pour forger un « réel truqué ». Son plan de labellisation des médias via l’outil JTI de Reporters sans frontières (RSF) vise à promouvoir les contenus « fiables » tout en invisibilisant les autres, critiqué comme une forme de censure déguisée en « ministère de l’information 2.0 ». Comme le soulignait Chris Bickerton en 2020, le macronisme « ne se connecte pas correctement avec la société française » et n’est « pas encore la bonne réponse aux problèmes auxquels la France est confrontée », une déconnexion qui persiste et alimente ces efforts de contrôle.

Le juge de paix reste le lecteur et le citoyen : l’effet Streisand – où les tentatives de censure amplifient le contenu visé – ne saurait tarder pour ces dirigeants en perte de vitesse, déconnectés de la réalité de leurs concitoyens.
Un enjeu global pour la liberté d’expression
La menace de Starmer contre X illustre les tensions croissantes entre gouvernements et plateformes tech sur la régulation des IA et des contenus. Comme au Brésil, où la censure a été contournée mais a révélé des abus judiciaires, le Royaume-Uni risque d’alimenter un débat sur l’autoritarisme déguisé en protection. Les réactions américaines et sur X, y compris les interventions directes d’Elon Musk soulignant qu’ « ils veulent juste supprimer la liberté d’expression », montrent que cette affaire pourrait escalader en conflit international, avec la liberté d’expression au cœur des enjeux. Musk a promis de prioriser les principes sur les profits, mais l’issue reste incertaine dans un monde où la régulation numérique divise profondément, et où l’ascension de X met en lumière les limites des tentatives de contrôle étatique.
Dans un monde où les prétextes de sécurité masquent souvent la volonté de contrôle, rappelons les mots de George Orwell : « La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. » Sans cela, il ne reste que l’esclavage de la pensée.

