Dans un contexte où la désinformation en santé est un enjeu majeur, le rapport Molimard-Costagliola-Maisonneuve, remis le 12 janvier 2026 au ministre de la Santé, propose un outil ambitieux : l’« Info-Score Santé ». Décrit dans l’annexe 5, ce système de notation synthétique, inspiré du Nutri-Score, vise à classer les sources d’information en santé de A (excellent) à E (défaillant). L’idée peut paraître louable sur le papier – un repère simple pour orienter le public vers des contenus « fiables ». Mais, une analyse rigoureuse du processus proposé révèle un amateurisme criant : critères arbitraires, subjectivité omniprésente, biais systémiques favorisant l’establishment, et une opacité méthodologique qui interroge.
Comme nous l’avons précédemment décrit, la liste des 267 personnes interviewées (annexe 3) présente un tropisme institutionnel surreprésentant les agences sanitaires, les académies, les sociétés savantes, ainsi que des biais institutionnels affichés. Aucune des personnes interviewées n’a identifié la fraude du LancetGate en 2020, n’a identifié les nombreux biais de l’étude Recovery, n’a émis de réserve sur la nouvelle technologie des thérapies géniques à ARNm, ou encore n’a demandé les contrats des vaccins pour comprendre outre les termes financiers mais également les limitations de ces contrats. La diversité limitée de ce panel questionne l’impartialité globale du document.
Nous émettons même l’hypothèse que ce modèle a été édulcoré : des critères plus incisifs, qui auraient pu responsabiliser les « pourfendeurs de la désinformation » institutionnels (fact-checkers, agences publiques ou des personnes comme le Pr Molimard lui-même qui a fait la promotion a volo d’une étude retractée qui calculait erronément qu’il y aurait au moins 17 000 morts de l’hydroxychloroquine dans le monde ou qui défendait l’idée que le vaccin COVID-19 à ARNm arrêtait la transmission virale sans aucune preuve à l’appui), semblent avoir été omis pour les exonérer de leurs propres responsabilités.
Enfin, si un scoring doit exister, pourquoi ne pas s’inspirer d’un « permis à points » pour l’information, appliquant le principe « pollueur-payeur » à la pollution informationnelle – un concept que France-Soir défend depuis longtemps (articles en annexe 1) ?
Explorons ces points en détail.
L’amateurisme du modèle : une grille arbitraire et subjective
Le modèle d’évaluation ou scoring combine cinq critères positifs (max +40 points) et six négatifs (max -50 points), aboutissant à une classe A-E.

Mais les fondations sont plus que fragiles : les pondérations sont empiriques, sans étude scientifique justifiant les seuils. Par exemple dans leurs critères, pourquoi plus de 20 % de financement industriel correspond-il à un -10 points arbitraire, et non pas à une gradation proportionnelle au financement ? Cela rend le système rigide et disproportionné – un amateurisme qui confine à l’improvisation.

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Subjectivité des évaluations : des termes comme « déclaration exhaustive » (+10 pour transparence) ou « relecture systématique » (+10 pour validation scientifique) impliquent des jugements humains. Qui évalue ? L’Observatoire proposé dans le rapport, piloté par l’État ? Sans protocoles inter-évaluateurs ou automatisés, des incohérences sont inévitables, ouvrant la porte à des abus.

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Absence de validation empirique : le rapport dit « à développer et à valider », mais il ne fait pas état de phase pilote ou d’évaluation (par exemple il ne fait pas état de comment mesurer la corrélation entre le score et la réduction réelle de désinformation). C’est comme lancer un médicament sans essais cliniques – un amateurisme risqué pour un outil public.

Simulation étendue : prenons une source institutionnelle opaque (0 pour transparence, mais +30 ailleurs) = +30, elle pourrait avoir un score A possible. Une source indépendante avec appels aux dons (-5) et 16 % de revues non listées (-10) donnerait seulement +10 (+25-15=10) et serait notée B, une sous notation notamment parce qu’elle ferait appel aux dons. Étonnant !
Erreur : le modèle tolère l’opacité des puissants tout en punissant les petits.

Ce qui est potentiellement contraire à la jurisprudence Hertel (Hertel c. Suisse, n° 25181/94), un arrêt emblématique sur la liberté d’expression en matière de débats scientifiques et de santé publique qui dit que :
« Peu importe que l’opinion dont il s’agit est minoritaire, et qu’elle peut sembler dénuée de fondement : dans un domaine où la certitude est improbable, il serait particulièrement excessif de limiter la liberté d’expression à l’exposé des seules idées généralement admises »
Les biais systémiques : pro-établissement et anti-pluralisme
Le modèle n’est pas neutre ; il véhicule des biais qui protègent les institutions au détriment des voix alternatives.
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Biais institutionnel et circulaire : dépendance à une « liste des revues recommandables » (gérée par des doyens scientifiques français). Si on fait un usage de plus de 15 % de revues non listées, alors on a -10 points. Cela exclut des revues open access ou internationales valides, favorisant un establishment franco-centré.
Exemple approfondi avec la fraude du LancetGate (2020) : l’article frauduleux aurait scoré haut (+10 pour revue listée, +10 pour validation apparente), propageant une désinformation qui a mené à la suspension d’essais cliniques et à des pertes de chance. Le modèle ignore les fraudes internes, comme si les institutions étaient infaillibles. Pourtant le nombre d’exemples où les institutions ont failli dans leur mission (et ont même été condamnées) ne manquent pas : Mediator, Levothyrox, Dépakine, prothèses PIP, Distilbène, sang contaminé etc.

- Biais anti-indépendant et anti-commercial : des pénalités pour financements industriels supérieurs à 20 % avec un score de -10 ou pour des appels aux dons avec un score de -5. Cela discrimine les ONG comme BonSens.org ou médias financés par leurs lecteurs (crowdfundés) comme France-Soir.
Exemple sur la position de RFK Jr. : ses critiques légitimes sur les vaccins (effets secondaires reconnus par la FDA et demandes légitimes qu’ils soient testés contre un placébo comme tous les autres médicaments) seraient pénalisées pour dons et revues alternatives, classant en E – même si factuelles. Cela stigmatise les débats légitimes sur la pharmacovigilance.
- Biais idéologique pro-« science officielle » : les pratiques « non conventionnelles » (listées comme thèmes de désinformation) sont implicitement pénalisées. Aucune nuance n’existe pour les incertitudes (ex. : santé mentale, environnement).
Exemple avec l’étude Recovery : son usage serait noté haut pour des revues listées, malgré les critiques sur doses toxiques et le fait que sa pondération est excessives dans les méta analyses sur les traitements précoces alors que Recovery donnait 2400mg d’HCQ (dose toxique selon le Vidal) à des patients affaiblis car hospitalisé et au 9eme jour de l’infection. Les sources alternatives comme celles de l’IHU de Marseille, pourtant pôle d’excellence en infectiologie mondialement reconnu depuis de très nombreuses années, perdraient des points, étouffant le pluralisme. On croit rêver !
Ces biais démontrent un « modèle d’un amateurisme partial » déclare le professeur Christian Perronne, infectiologue de renom et vice-président de l’association BonSens.org
Hypothèse : une édulcoration pour exonérer les institutions
Pourquoi ce modèle semble-t-il édulcoré ? Des critères absents – comme des pénalités pour « erreurs passées » (ex. : minimisation d’effets secondaires vaccinaux, absence d’identification des biais dans ReCoVeRy ou le LancetGate, ou encore le non-respect de la prise en compte de la pluralité des revues de la littérature scientifique avant des prises de décisions qui se doivent d’être mesurées) ou « conflits d’intérêts non gérés » – auraient pu responsabiliser les institutions et leurs représentants lorsqu’ils prennent la parole publique en respect de leurs devoirs de professionnels de santé.
Une hypothèse à envisager est que ces omissions exonèrent les « pourfendeurs de la désinformation » (fact-checkers, agences comme l’OMS, personnels hospitaliers), présents dans le panel. Si inclus, ils pénaliseraient des entités comme la HAS, qui a suivi sans aucune réserve la publication frauduleuse du LancetGate ou encore a soutenu l’étude Pradelle Lega qui estimait faussement les 17 000 décès de l’hydroxychloroquine. Cette édulcoration suggère un outil conçu pour protéger l’establishment, pas pour une évaluation impartiale – un amateurisme qui frise la manipulation.

Cette hypothèse d’édulcoration gagne en crédibilité à la lumière de travaux récents sur les mécanismes de manipulation scientifique. Comme l’illustre un schéma partagé sur X par Fred Stalder (@sudokuvariante), l’industrie ou les institutions peuvent suivre un cycle vicieux : « fausser la science » via des études biaisées, « harceler les scientifiques » dissidents, « acheter de la crédibilité » par des financements sélectifs, et « manipuler les officiels gouvernementaux » pour imposer un consensus. Ce modèle visuel, étayé par des exemples concrets comme les scandales des opioïdes ou des herbicides, met en garde contre des outils comme l’Info-Score qui pourraient perpétuer ces dynamiques.

Des études académiques confirment cela : une recherche de 2021 démontre comment les biais systémiques dans la recherche pharmaceutique (ex. : manipulation de données pour des résultats favorables) érodent la fiabilité scientifique, tandis qu’un article dans le Journal of Public Health (Springer, 2021) analyse les consensus « dégénératifs » influencés par des idéologies, où des gardiens sélectifs bloquent les révisions critiques. Appliqué à l’Info-Score, l’absence de critères sur ces manipulations exonère précisément ceux qui les pratiquent – fact-checkers ou agences – en évitant de pénaliser leurs propres erreurs, comme la minimisation des scandales vaccinaux.
Surtout quand les soutiens des auteurs crient au scandale quand ils s’aperçoivent que la ministre de la Santé n’a pas tenu compte de certains points comme la protection des scientifiques contre les désinformateurs – une volonté du Pr Molimard tel qu’il l’a déclaré dans un média subventionné qui ne rapporte pas la demande de récusation des experts Ou encore Dominique Costagliola qui déclare qu’ « il faudra peut-être interdire X », le réseau social qui a permis l’identification de la fraude du Lancet plus vite que les médias traditionnels et les journaux scientifiques… le monde à l’envers.
Fort de ces observations, et alerté par l’association BonSens.org de la non-indépendance des trois auteurs, la ministre de la Santé ayant aussi pris connaissances des nombreuses désinformations faites par les auteurs. A-t-elle identifié que ceux qui prônent cette approche coercitive se sont eux-mêmes montrés coupables de désinformation ? Fort probable car le courrier de BonSens.org contenait ces points précis et l’association BonSens.org en fait état dans un communiqué en date d’hier qui rapporte qu’elle a saisi sans succès le tribunal administratif d’un référé, avec une décision datant du jour de la remise du rapport. Coïncidence ?
Une alternative constructive : le « permis à points » et le principe pollueur-payeur
Si un scoring devait être nécessaire, il est essentiel d’éviter les biais d’autorité (favorisant les « revues officielles »), de cadrage (punitif sans contexte) et idéologiques (anti-alternatif). Pourquoi ne pas s’inspirer d’un « permis à points » pour l’information, appliquant le « pollueur-payeur » à la pollution informationnelle – un concept que France-Soir explore depuis longtemps.
Par exemple, chaque source pourrait commencer avec 12 points. Diffuser une info erronée (ex. : article LancetGate) retire des points ; corriger publiquement en ajoute. Les pollueurs (médias ou institutions propageant des fausses nouvelles, comme des fact-checkers minimisant les myocardites) paient des amendes pour financer l’éducation à l’esprit critique (voir les articles de France-Soir en annexe 1).

Les médias citoyens gagnent des points pour transparence et rigueur en respect de la jurisprudence Hertel et du débat scientifique, évitant les biais idéologiques et la possible capture du système par les lobbys.
Cela inciterait à la responsabilité, plutôt que de punir sélectivement, retrouvant l’esprit français d’antan sur le respect et l’éducation qui sont des traitements précoces contre la médiocrité et l’affaiblissement intellectuel.
Un modèle qui fragilise davantage la confiance publique
L’Info-Score Santé, avec son amateurisme (arbitraires, subjectivité), ses biais (pro-institutionnel, anti-pluralisme) et une édulcoration suspecte, n’est pas un outil fiable. Dans un rapport déjà entaché de biais institutionnels, il risque de devenir un instrument de contrôle, stigmatisant les critiques tout en protégeant les erreurs officielles. France-Soir et l’association BonSens.org appelle à des alternatives incitatives pour inciter à la rigueur et à la parole pondérée afin d’éviter la pollution informationnelle – « c’est la seule voie pour une santé publique véritablement transparente » déclare le professeur Perronne.
Ce modèle vous inspire-t-il confiance ? La vraie lutte contre la désinformation commence par questionner les outils qui la perpétuent. L’Info-Score Santé tel que décrit par ses concepteurs, avec son amateurisme criant, ses pondérations arbitraires, ses biais structurels pro-institutionnels et son probable édulcoration pour protéger les « gardiens officiels » de la désinformation, n’est pas un outil de service public. Il est un mécanisme de contrôle déguisé, conçu pour labelliser, marginaliser et discréditer toute voix qui ose questionner l’establishment.

Dans un pays où la confiance sanitaire est déjà durablement fracturée, où 81 % des Français rejettent la nouvelle campagne vaccinale Covid-19 selon notre sondage de décembre 2025, où la défiance envers les institutions n’a jamais été aussi forte, un tel outil ne réparera rien. Au contraire, il aggravera la fracture en renforçant le sentiment d’une science à deux vitesses : intouchable pour les uns, criminalisée pour les autres.

La transparence, l’intégrité et le respect de tous les points de vue ne se décrètent pas par un score. Elles se construisent par le débat ouvert, la contradiction assumée et la responsabilité partagée – y compris celle des experts et des institutions qui se sont trompés, qui ont minimisé, qui ont suivi des études frauduleuses sans jamais rendre de comptes. A ce sujet, le Pr Perronne :
« la vraie lutte contre la désinformation ne consiste pas à protéger ceux qui la produisent parfois sous couvert d’autorité ».
Après tout qui a dit « qu’est-ce que vous craignez si vous n’avez rien à vous reprocher ? »(2)
France-Soir continuera à poser la question. Et à exiger des réponses. Restez libres, restez critiques, restez vigilants.
La santé des Français mérite mieux qu’un score. Elle mérite la vérité. Toute la vérité. C’est un véritable défi.

1) Annexe – article sur la pollution informationnelle
Montrons du doigt les pollueurs de l’information
2)Klaus Schwab