Mercosur : Le SMSgate Macron-von der Leyen, nouvelle preuve d’hypocrisie ?


Une petite précision s’impose sur le Mercosur – et non, ce n’est pas celle illustrée par l’image et sa légende, que tout esprit un tant soit peu aiguisé a déjà comprise. L’opposition formelle de la France, exprimée par l’Élysée le 14 janvier 2026, à la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud (Mercosur) par Ursula von der Leyen, est une hypocrisie flagrante signée Emmanuel Macron. Un énième mensonge public, qui insulte les Français en général, et les agriculteurs en particulier. Mais depuis, les événements ont accéléré : le 9 janvier 2026, le Conseil de l’Union européenne a validé l’accord malgré le vote négatif de la France, ouvrant la voie à une zone de libre-échange couvrant plus de 700 millions de consommateurs. Ce texte, négocié depuis 25 ans, doit encore passer par le Parlement européen, mais il suscite déjà une vague de protestations agricoles, avec des promesses de nouvelles actions des syndicats.

Rappelons les faits et le contexte historique. Le Mercosur, ou « Marché commun du Sud », réunit le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, des géants agricoles dont les exportations menacent directement l’Europe. Cet accord inonderait le marché européen – et la France en tête – de produits agricoles chargés d’hormones, de pesticides et d’autres substances interdites par les normes européennes, comme l’a souligné la Commission elle-même en proposant des mesures additionnelles fin 2025 pour apaiser les craintes. Pendant ce temps, les agriculteurs français ploient sous ces mêmes normes, issues du Green Deal et de la PAC, qui alourdissent leurs coûts de production et rognent leurs marges déjà minces. La concurrence déloyale est évidente : les produits du Mercosur, moins chers à produire grâce à des standards environnementaux et sociaux laxistes, envahiraient les rayons. Prenons des chiffres concrets : l’accord prévoit des quotas pour 99 000 tonnes de viande bovine, 180 000 tonnes de volaille et des volumes massifs de sucre ou d’éthanol, fragilisant les filières bovine, avicole et céréalière françaises. Selon un rapport français de 2020, cela pourrait entraîner une déforestation supplémentaire de 700 000 hectares au Brésil, équivalant à 471 millions de tonnes de CO2 émises en six ans – sans compter les impacts sur le transport et l’alimentation animale.

 Mais qui en profiterait vraiment ? Pas le consommateur. La grande distribution – Leclerc, Carrefour, Auchan et consorts – achèterait à bas prix pour revendre au tarif habituel, empochant la différence. Comme avec la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité il y a des années, ces géants invoqueraient une fausse « équité » pour justifier leurs marges gonflées : « Nous protégeons les agriculteurs français en ne baissant pas les prix, pour éviter que les consommateurs ne se ruent sur le Mercosur. » Un argument fallacieux, quand leur seul objectif est le profit maximal. Et dans ce schéma, les agriculteurs français, déjà confrontés à une crise de compétitivité interne à l’UE, deviennent les boucs émissaires d’un accord qui masque des problèmes structurels comme la pression sur les revenus et la complexité réglementaire.

Dans cette arnaque légale, où le peuple français est une fois de plus le dindon de la farce, un acteur clé émerge : le groupe Avril, dirigé par Arnaud Rousseau. Ce dernier, ami proche d’Emmanuel Macron depuis des années, a milité ardemment pour l’accord pendant huit ans… avant que le président ne s’y oppose publiquement, dans un revirement démagogique. Pourquoi maintenant ? Pour apaiser la colère des agriculteurs, exacerbée par les manifestations de 2024-2026, et peut-être pour régler des comptes personnels après les actions symboliques comme le dépôt de fumier devant sa résidence au Touquet. Un geste qui, métaphoriquement, noie les exploitations françaises dans les difficultés. Mais en janvier 2026, avec l’accord validé, les agriculteurs ne décolèrent pas : la FNSEA, présidée par Rousseau, dénonce un texte « toxique, incompréhensible et dangereux », et appelle à une loi d’urgence agricole pour contrer ses effets.

Arnaud Rousseau incarne le cœur du problème. Président du groupe Avril, il est aussi à la tête de la FNSEA, principal syndicat agricole français. Ce cumul de fonctions soulève un conflit d’intérêts patent, dénoncé par d’autres syndicats comme la Coordination Rurale. Avril a des intérêts massifs en Amérique du Sud : présent au Brésil via sa filiale oléagineuse, il produit huiles et protéines végétales (marques Lesieur, Puget, Isio 4). Sa branche financière, Sofiprotéol – dont Rousseau préside le conseil d’administration –, finance des projets agro-industriels. En 2016, Avril a pris le contrôle majoritaire de Salus Group, spécialiste de la nutrition animale, boostant les rendements des élevages brésiliens. En 2024, Oleon Brasil a renforcé sa présence dans l’oléochimie, liée aux matières premières agricoles. Comme l’a dénoncé la Coordination Rurale dans un communiqué de septembre 2025 : « Le groupe Avril nourrit les troupeaux brésiliens qui produisent la viande concurrente. Comment la FNSEA, présidée par le même homme, peut-elle prétendre combattre cette importation ? » Ce paradoxe éclate au grand jour, surtout quand Rousseau, dans ses vœux de 2026, réclame des « contrôles renforcés » sur les imports tout en dirigeant une multinationale qui bénéficie du libre-échange. L’émission Complément d’enquête de France 2, en février 2024, a révélé la rémunération de Rousseau chez Avril : 187 000 euros en 2022, sans compter ses autres revenus. Ajoutez à cela la présence accrue d’Avril en Ukraine pour les approvisionnements en oléo-protéagineux – un marché perturbé par la guerre, mais stratégique pour la diversification.

Ce conflit frise l’illégalité. L’article 432-12 du Code pénal punit de cinq ans de prison et 500 000 euros d’amende quiconque, investi d’une mission de service public, prend un intérêt compromettant son impartialité. La FNSEA, en défendant les agriculteurs, exerce une telle mission : veiller à ce que la nourriture des Français soit saine. Rousseau défend-il vraiment les paysans, ou un modèle agro-industriel mondialisé qui enrichit les industriels au détriment de la souveraineté alimentaire ? Les critiques fusent : sur les réseaux, on accuse la FNSEA d’être « vendue aux lobbies agro-chimiques », et des agriculteurs soulignent que Rousseau protègerait plus ses intérêts personnels que les leurs.

Et ce n’est pas tout : derrière l’opposition macronienne au Mercosur se cache une nouvelle affaire de SMSgate, écho au scandale Pfizergate où von der Leyen a effacé des messages avec le PDG de Pfizer (enquête pénale en Belgique depuis 2022). En janvier 2024, Macron a envoyé un SMS privé à Ursula von der Leyen exprimant de « fortes inquiétudes » sur l’accord et son impact sur les agriculteurs français – un message révélé par Politico, mais supprimé par von der Leyen via la fonction d’effacement automatique sur Signal, en violation potentielle du règlement UE 1049/2001 sur l’accès aux documents. La médiatrice européenne enquête depuis septembre 2025, mais en janvier 2026, aucune avancée significative n’a été rapportée, alors que l’accord progresse. Von der Leyen salue même ce deal comme un rempart contre un « monde hostile », ignorant les préoccupations environnementales et sociales.

Seul France-Soir a osé demander l’accès direct à ce message aux archives de l’Élysée (lettre du 7 octobre 2025 à Patrice Faure, directeur de cabinet), saisissant ensuite la CADA en décembre 2025 ; CADA qui ne semble pas pressé de répondre. Pourquoi ce mutisme ? Parce que ce SMS expose l’hypocrisie : Macron feint l’opposition aujourd’hui, mais a-t-il vraiment agi en 2024 ? En refusant de le produire, il bafoue l’article 5 de la Constitution, qui le charge de défendre la transparence. La Commission argue que le message n’avait « aucun effet administratif », mais cela n’excuse pas l’opacité persistante de l’UE, où les communications s’évaporent comme par magie.

La Coordination Rurale le dit bien : « Ce modèle sacrifie les producteurs français au profit des industriels. » Rousseau et Macron, main dans la main, incarnent cette trahison. Pour conclure, rappelons le sketch de Coluche sur « Le délégué syndical » (1989) : « Camarades ! D’aucuns diront que le syndicalisme est à la société moderne ce que le mercurochrome est à la jambe de bois. À ceux-là je dirais : Rappelez-vous l’essentiel. Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Le syndicalisme, c’est le contraire. »

Il est temps d’exiger une enquête sur ces conflits d’intérêts, la publication du SMS, et un rejet définitif au Parlement européen. Agriculteurs, citoyens : mobilisez-vous pour une agriculture souveraine, avant que le Mercosur ne nous engloutisse. Les manifestations en cours, avec des centaines de tracteurs à Paris, montrent que la lutte continue – et elle doit s’intensifier face à un gouvernement qui a obtenu des concessions comme des clauses de sauvegarde et 45 milliards d’euros via la PAC, mais qui peine à convaincre.

 





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