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par Amir Saeid Iravani
D’ordre de mon Gouvernement, je vous écris, comme suite à mes lettres datées du 30 décembre 2025 et du 2 janvier 2026, pour exprimer la condamnation la plus ferme de la République islamique d’Iran à l’égard du comportement illégal et irresponsable dont font preuve les États-Unis d’Amérique, en coordination avec le régime israélien, en s’ingérant dans les affaires intérieures de l’Iran par des menaces, des incitations et des encouragements délibérés à l’instabilité et à la violence.
Ces derniers jours, des représentants de l’État américain, en particulier le président des États-Unis, se sont rangés aux côtés du criminel qu’est le Premier Ministre du régime israélien, en publiant des déclarations publiques selon lesquelles les affaires intérieures de l’Iran nécessitaient une «intervention» extérieure, un «sauvetage» ou des mesures politiques coercitives. La coordination entre les États-Unis et le régime israélien est évidente. Par des déclarations incendiaires, des gesticulations politiques et des menaces publiques, ils encouragent la violence, soutiennent des groupes terroristes, incitent à la déstabilisation de la société et cherchent à transformer des manifestations pacifiques en troubles violents sous le prétexte de «soutenir», «secourir» ou «protéger le peuple iranien».
Pourtant, le peuple iranien est pleinement conscient de la véritable signification de ces belles paroles. Des décennies de politiques hostiles à son égard, notamment l’application de mesures coercitives unilatérales et de sanctions unilatérales cruelles, ont gravement porté atteinte à ses droits fondamentaux, notamment aux droits à la vie et au développement. Ce bilan déjà sombre a été aggravé par la guerre d’agression de douze jours lancée en juin 2025 par le régime israélien, dans laquelle les États-Unis ont joué un rôle de premier plan, en visant des civils, des infrastructures civiles et des installations nucléaires pacifiques iraniennes placées sous le régime des garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ce qui a causé la mort de plus de 1 100 martyrs innocents.
La République islamique d’Iran rejette catégoriquement ces pratiques déstabilisatrices des États-Unis, qui vont à l’encontre de la Charte des Nations unies, violent les principes fondamentaux du droit international et menacent les fondements mêmes de la paix et de la sécurité internationales. Si rien n’était fait pour l’arrêter, un tel comportement créerait un dangereux précédent et compromettrait l’ordre juridique international, pilier essentiel sur lequel repose l’Organisation des Nations unies.
Aucun principe ni aucune norme du droit international n’autorise un État à inciter à la violence, à déstabiliser des sociétés ou à semer le désordre sous prétexte de défendre les droits humains ou de «soutenir le peuple». De telles affirmations constituent une distorsion manifeste du droit international et ne sauraient être instrumentalisées pour justifier la coercition, les menaces ou les mesures interventionnistes. Dans l’Article 2 de la Charte des Nations unies, le paragraphe 4 interdit aux États Membres, dans les relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, tandis que le paragraphe 7 exclut catégoriquement toute intervention dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État Membre. Ces obligations ne sont pas facultatives ; nul ne peut s’y soustraire. En outre, le droit international prévoit qu’aucun État ne peut intervenir, directement ou indirectement, dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État, notamment par l’incitation, la violence ou la déstabilisation de l’ordre constitutionnel de celui-ci.
De plus, selon le droit international de la responsabilité des États, un État est tenu responsable lorsque ses agissements causent un préjudice grave prévisible. Lorsque les autorités supérieures d’un État Membre violent le principe fondamental de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États Membres, encouragent publiquement les troubles, légitiment l’escalade de la violence et manifestent leur soutien extérieur en faveur de la confrontation ou de la menace de la force, le préjudice qui en résulte n’est ni accidentel ni fortuit : il est délibéré et prévisible. La transformation de manifestations pacifiques en actes violents et subversifs et en vandalisme généralisé constitue la conséquence directe et prévisible de tels agissements. La responsabilité totale de leurs conséquences incombe clairement et sans équivoque aux États-Unis.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.
source : Réseau Voltaire