-
Soutenez-nous
Votre soutien nous est indispensable pour continuer à vous fournir le meilleur de l’information internationale alternative. C’est grâce à vos dons que nous pourrons maintenir le cap pour une information plurielle et réellement alternative. Nous comptons sur vous.
par Abdelaziz Ghedia
Les commentateurs politiques rapportent que le discours de Donald Trump, ce 21 janvier 2026, au Forum mondial de Davos, n’a pratiquement ni tête ni queue. En fait, si on devait utiliser une métaphore pour décrire ce discours, l’on pourrait dire que le président américain, lors de ce long discours, sautait du coq à l’âne. Un discours improvisé où il a été beaucoup plus question de son désir de s’emparer du Groenland. D’une manière ou d’une autre. De gré ou de force.
Évidemment, il n’a pas été jusqu’à utiliser ces termes, mais c’est ce qui ressort, en filigrane, de son discours axé principalement sur cette question.
Pourquoi ce grand iceberg qui, jusqu’ici, relève de la souveraineté du Danemark intéresse-t-il à ce point Donald Trump ? Pour en faire un lieu de villégiatures aux richissimes Américains et autres Émiratis à l’instar de son projet de riviera à Gaza ? Que non !
Mais, une petite digression avant de répondre à la question.
Il semblerait que, suite à la réaction des premiers concernés à savoir les Palestiniens, et devant la levée de boucliers de certaines ONG et de certains intellectuels de bonne conscience, ce dernier projet soit tombé à l’eau. En tous les cas, son promoteur n’en parle plus.
En fait, la réponse à la question est toute simple.
Sous la calotte glaciaire de cet énorme iceberg, d’énormes ressources naturelles en pétrole, gaz et autres terres rares s’y trouveraient. Sauf que leur exploitation, de l’avis des experts en la matière, ne serait pas si facile que cela. Seule une puissance économique, une puissance qui détient les pétrodollars en abondance et une technologie avancée en matière d’extraction de minerais dans des conditions météorologiques épouvantables pourrait peut-être le faire. Donald Trump qui aime les risques et qui ne parle et ne jure que de/par l’argent voudrait tenter sa chance. S’il réussissait à faire cela, l’Amérique lui serait reconnaissante et son buste serait gravé sur le mont Rushmore aux cotés des pères fondateurs des États-Unis. Et ce serait plus honorifique, même à titre posthume, qu’une médaille en or délivrée par le comité du prix Nobel de la paix. Et, de toute façon, cette médaille est déjà dans son bureau, à la Maison-Blanche. Son récipiendaire, la Vénézuélienne Machado, la lui a concédée, en guise de reconnaissance et de remerciement pour avoir mis fin au «régime» de Nicolas Maduro. Ce qui est pourtant contraire au règlement de l’auguste institution norvégienne.
Mais est-ce que c’est la seule préoccupation de Donald Trump quant à l’envie de faire main basse sur un territoire dont la population tient énormément à son indépendance, à son mode de vie autarcique et sa culture ancestrale ?
Évidemment que non !
La principale raison de tout ce tapage médiatique, de toutes les menaces proférées contre certains pays européens qui s’y opposent ou qui font juste semblant de manifester leur opposition à ce projet de Trump est d’ordre géostratégique. En effet, ce «bout de glace» occupe un endroit stratégique pour la navigation entre les continents eurasiatique et américain. L’occuper, c’est, à coup sûr, couper l’herbe sous le pied d’autres nations qui le convoitent aussi : Russie et Chine.
Une chose est sûre : ce discours, tant attendu, acte d’une manière on ne peut plus claire l’éclatement du monde occidental. Les Américains ont longtemps berné les Européens avec leur concept de «Choc des civilisations» et voilà que maintenant, pour des raisons bassement matérielles, ils leur tournent le dos pour ne pas dire qu’ils se retournent carrément contre eux.