La censure commence toujours par un prétexte, rarement par un décret. Lors des auditions parlementaires sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public menée par Charles Alloncle, Reporters sans frontières (RSF) a été convoquée comme arbitre moral, chargée de juger de l’indépendance des rédactions et des conditions de nomination des dirigeants. Problème : RSF est financée en partie par l’Open Society Foundations de George Soros, elle a reçu 700 000€ de 2017 à 2021, la contribution de l’Open society représentant 1/4 du budget de RSF en 2021, une paille… RSF, cette fondation affichant un agenda militant assumé, soutenant notamment la gauche américaine et encourageant l’incitation au vote des minorités. Lors de son audition, le directeur général de RSF, Thibault Bruttin, a tenté d’éteindre l’incendie en qualifiant ce financement « d’anecdotique », affirmant qu’il ne violait pas la charte de l’ONG interdisant les fonds prosélytes. Circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que lorsque Charles Alloncle voit cette séquence censurée par TikTok, la question de l’indépendance cesse d’être théorique : elle devient concrète, visible, presque caricaturale.
🔴Alerte censure.
Le député @CHAlloncle censuré sur les réseaux sociaux c’est inédit.
Il me répond en exclusivité ⤵️ pic.twitter.com/Dk3uJdXhiw
— Christine KELLY (@christine_kelly) January 22, 2026
Et que penser de la partialité idéologique et financière de RSF qui discrédite par avance ses audits de neutralité. On ne peut pas prétendre mesurer l’indépendance éditoriale du service public quand on est soi-même un acteur engagé, dépendant de financeurs militants et impliqué politiquement dans le débat qu’on est censé arbitrer. RSF n’est pas un média, mais une ONG militante, productrice de classements, de labels et de normes sur ce que serait la « bonne information ». C’est précisément ce rôle qu’Emmanuel Macron entend instrumentaliser. À Arras, en novembre dernier, le président a réaffirmé son projet de labellisation des médias, notamment via la Journalism Trust Initiative (JTI) portée par RSF. Officiellement, il s’agit de lutter contre la désinformation. En réalité, l’État se pose en victime de la désinformation tout en la fabriquant, accusant les critiques à l’image de Pascal Praud, ou CNews, de propager la peur, dans un cercle vicieux qui sent le Ministère de la Vérité à plein nez. Le pouvoir ne censure pas directement, il va délèguer ça et là, à des ONG, à des labels, voire à des algorithmes. Du coup les médias certifiés restent visibles, et les autres disparaissent… E douceur, « proprement, et bien démocratiquement ».
Le contexte rend l’opération particulièrement inquiétante. Ces auditions ne tombent pas du ciel : elles s’inscrivent dans une trajectoire continue de reprise en main de l’information, amorcée pendant le Covid, consolidée par les États généraux de l’information, et désormais assumée politiquement. Quand l’Élysée se transforme en troll officiel, quand RSF attaque CNews alors même que l’Arcom n’a rien a redire, quand une ONG financée par des fondations idéologiquement bien marquées est érigée en juge de la neutralité, le décor est planté. Ce n’est plus un débat sur l’audiovisuel public, c’est un combat pour le monopole du récit. Et il est à préciser que dans ce macronisme terminal, poser même une seule question devient subversif… Mais qui contrôle donc ceux qui prétendent contrôler la vérité ?