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Un corridor humanitaire a permis l’arrivée d’une aide vitale de l’ONU à Kobané, ville kurde encerclée. La trêve entre Damas et les forces kurdes a été prolongée, facilitant à la fois l’aide et des transferts de détenus de l’EI. Ces évolutions s’inscrivent dans un processus visant à intégrer les structures kurdes à l’État syrien.
Un corridor humanitaire a été mis en place en direction de Kobané, ville kurde du nord de la Syrie encerclée par les forces gouvernementales, permettant l’arrivée d’un premier convoi des Nations unies. Le 25 janvier, vingt-quatre camions chargés de denrées de base, de matériel de secours et de carburant ont atteint la ville afin de répondre aux besoins urgents des civils déplacés par les combats et confrontés à des conditions hivernales difficiles. Selon l’ONU, cette opération a été rendue possible grâce à une coordination avec les autorités syriennes, dans un contexte sécuritaire encore fragile.
Depuis plusieurs jours, les habitants de Kobané alertaient sur des pénuries sévères d’eau, de nourriture et d’électricité, alors que la ville accueillait un afflux de populations fuyant l’avancée de l’armée syrienne.
Damas a annoncé l’ouverture de deux axes humanitaires, l’un vers Kobané, l’autre vers la province voisine de Hassaké, où les forces gouvernementales se sont également redéployées. Les forces kurdes dénoncent toutefois un encerclement de facto de la ville, située à la frontière turque et à distance du principal bastion kurde du nord-est syrien.
Vers la fin complète de l’autonomie kurde
Cette séquence intervient alors qu’un cessez-le-feu entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, a été prolongé de quinze jours. La trêve fait suite à la rétrocession par les FDS de plusieurs zones aux troupes gouvernementales, déterminées à rétablir leur autorité sur l’ensemble du territoire. Kobané, symbole majeur de la lutte contre le groupe État islamique après sa libération en 2015, se retrouve ainsi au cœur d’un tournant stratégique.
Sur le plan politique, le pouvoir syrien réclame désormais l’intégration complète des structures civiles et militaires kurdes au sein de l’État, exigeant la dissolution des FDS. Washington partage l’idée que la mission initiale de ces forces, centrée sur la lutte antijihadiste, touche à sa fin dans un contexte de renforcement du pouvoir central à Damas. La prolongation de la trêve vise aussi à faciliter le transfert de détenus de l’État islamique vers l’Irak, une opération pilotée par les États-Unis, qui redoutent des failles sécuritaires liées aux affrontements en cours.
L’accord en discussion marque un recul majeur pour les aspirations autonomistes kurdes, qui avaient émergé durant la guerre civile syrienne. L’intégration annoncée à l’État syrien redessine en profondeur les équilibres politiques et militaires du nord du pays.