Le Sénat souhaite renforcer l’usage de la lecture automatisée des plaques d’immatriculation sur l’ensemble du territoire. En clair, étendre la portée des dispositifs LAPI, prolonger la conservation des données et préparer leur généralisation dans la vidéoprotection publique dès 2028. Au nom de la sécurité, toujours plus contrôler.
Derrière cet outil présenté comme technique, le législateur entend corriger ce qu’il juge être un déséquilibre croissant entre forces de l’ordre et criminalité mobile. « Ces dispositifs sont particulièrement utiles lorsque la nature de l’infraction nécessite la plus grande réactivité », plaident les sénateurs, citant terrorisme, enlèvements ou trafic de drogue. L’argument est connu, efficace, et difficilement contestable… Sauf qu’il a des implications plus larges.
La durée de conservation des données, aujourd’hui limitée à quinze jours, pourrait être étendue jusqu’à deux mois pour certaines enquêtes complexes. Surtout, l’intégration du LAPI deviendrait systématique sur les nouvelles caméras de vidéoprotection installées ou renouvelées à partir du 1er janvier 2028. Une bascule d’échelle qui ferait passer le nombre de dispositifs de quelques centaines à plusieurs milliers. Automobile Magazine souligne que cette généralisation ne concernerait officiellement que le matériel remplacé, un flou qui laisse entrevoir une extension progressive.
Encadrés depuis 2009 par la CNIL, les LAPI étaient jusqu’ici cantonnés à des usages ciblés. Leur diffusion massive transforme la logique, passant de l’exception judiciaire à l’infrastructure permanente.