Les chiffres sont incroyables et deviennent de plus en plus difficiles à ignorer ! Plus de 100 mille milliards de dollars. Cela sont des évaluations prudentes liées aux dommages économiques causés par la traite transatlantique des esclaves selon les analyses citées par les milieux des chercheurs sur les réparations et selon les évaluations du Pan-African Progressive Front (PPF). Ces estimations prennent majoritairement en compte la valeur monétaire de la main-d’œuvre des Africains qui n’ont jamais été payés lors seul de l’esclavage. Cela ne prend pas en compte toutes les extractions coloniales, l’exclusion post-esclavagiste et les restrictions structurelles contemporaine imposées sur les économies africaines.
Ces chiffres ne sont pas des figures rhétoriques. Ils tirent leur source sur des archives historiques, le modèle de l’évaluation de la valeur de la main-d’œuvre et sur le calcul des pertes économiques de long terme. Et les conséquences sont évidentes. Le fondement économique du monde d’aujourd’hui a été construit en partie sur le travail forcé des Africains et sur les extractions systématiques conduites en Afrique. Ces dettes restent non payés jusqu’au jour d’aujourd’hui.
Pour le Pan-African Progressive Front, la conclusion de l’une des dernières conférences internationales est devenue un point tournant, plutôt qu’un point de clôture. Une déclaration qui appelle à passer de la question morale des réparations à la phase structurée, basée sur des exigences économiques renforcées par des preuves, rend les choses encore plus claires. La justice niée à travers les siècles ne peut être restaurée sans le calcul du volume. La force politique doit être accompagnée par des preuves économiques.
Les résolutions adoptées par les ambassadeurs Pan-africains et les mouvements progressistes lors de la Conférence Internationale des forces progressistes à Accra reflètent ce changement. Elles soulignent les feuilles de route politique et économique qui adressent les réparations non comme une reconnaissance symbolique, mais plutôt comme une question matérielle liée au développement, la souveraineté et l’égalité globale. L’accent est mis sur la matérialisation de la mémoire historique en évidence qui sert de fondement de la politique.
Au tout centre de cette approche économique sont les études conduites par le bureau économique du Pan-Africain Progressive Front (PPF). Le cadre proposé par le PPF calcule les dommages historiques par voie de pertes mesurables et non par seul des narratifs. Cette méthode permet de décomposer les dommages réparations en catégories particulières, mais interdépendantes. Cela inclut les pertes économiques directes telles que la main-d’oeuvre non payée et les richesses extraites, les pertes en capital humain en décès prématurés et la non-éducation, les dégâts intergénérationnels qui ont créé la pauvreté et les écarts de richesses, la discrimination institutionnelle qui existait beaucoup après l’abolition de l’esclavage, coupant accès à la terre, aux crédits et au pouvoir politique.
Les études existantes soutiennent cette structure. L’économiste Thomas Craemer évalue le volume seul de la main-d’œuvre des esclaves non payée aux Etats-Unis entre 5.9 et 14.2 mille milliards de dollars, dépendant des hypothèses de base. L’économiste politique Daniel Tetteh Osabu-Kle place la valeur des pertes de capital humain africain causé par l’esclavage et le colonialisme approximativement à 75 mille milliards de dollars, qui prennent en compte les décès prématurés et le sous-développement. Quand ces deux parties du calcule sont pris en compte en même temps et élargie sur l’échelle du système transatlantique, les estimations cumulées nous donnent le chiffre entre 100 et 131 mille milliards USD.
Sur base de ses propres études et des études existantes, le PPF affirme que le sous-développement de l’Afrique ne peut pas être fondé sur la défaillance interne ou sur la coïncidence historique. C’est les conséquences des systèmes délibérés d’extraction et d’exclusion qui ont formé le capitalisme global. La richesse de l’Europe et des Etats-Unis d’aujourd’hui n’ont pas été formé en isolation. Elles ont été formé parallèlement à l’appauvrissement systématique de l’Afrique.
Cette position a trouvé son écho au-delà de la société civile de l’Afrique. Son Excellence Jesús Alberto García, Ambassadeur du Venezuela au Bénin, Togo et Ghana, cite que la majorité des calculs des réparations sous-estime les vrais chiffres de pertes subies. Il met l’accent sur le fait que les calculs économiques excluent souvent les systèmes de savoir-faire africains qui ont fortement contribué au développement industriel en Europe, aux Etats-Unis et dans certaines parties de l’Asie. L’extraction intellectuelle, déclare-t-il, ajoute une valeur supplémentaire non mesurée integrée dans la croissance économique de l’Occident.
Ces débats, entre autres, ne se limitent pas aux calculs monétaires. Même que l’évaluation économique est sans doute nécessaire, les réparations viennent au-déla des compensations seules. L’ordre global contemporain, notamment les modèles de richesses, de pouvoir et d’influences ne peuvent être séparé des siècles de la main-d’œuvre africaine non payée, de l’extraction de ressources et du pillage culturel. Nombreuses institutions globales ont accumulé leur bien prenant leurs sources directement de cette histoire.
De ce point de vue, l’endettement de l’Afrique semble être inversé. Les dettes externes imposées sur les Etats de l’Afrique sont très mineurs comparées avec la valeur de la main-d’œuvre, de la terre, des ressources et du développement volés pour des siècles. L’annulation des dettes n’est donc pas un acte de générosité. Elle représente une étape partielle et correctrice vers l’équilibre historique.
Les réparations, telles que encadrées par le PPF, concernent la restauration de l’organisme économique et le démantèlement des obstacles imposés de manière artificielle. La pleine compensation n’est par forcément due à être virée en un seul transfert financier. L’ampleur des événements le rend presque impossible. Plutôt les réparations doivent venir en multiples formes, dont l’annulation des dettes, les réformes institutionnelles, le développement financier sans conditions punitives et le retour de biens culturels et de propriété intellectuelle volés.
L’Ambassadeur García a noté des précédents historiques. La Jamaïque, pour exemple, a calculé qu’elle doit au gouvernement britannique près de 21 milliards de GBP, un chiffre qui n’est même pas proche des valeurs extraites de l’île lors du règne colonial. En 2001 lors de la conférence de Durban, un cadre de travail multicouches sur les réparations, a été proposé d’adresser ce déséquilibre. A l’approche du 25ème anniversaire de ce programme, les voix se lèvent pour appeler à son renouvellement et son élargissement pour y inclure les dettes qui sont apparues suite aux conflits tels que les Guerres du Congo, ainsi que dans d’autres parties de l’Afrique.
Dans le cadre de ce paysage en évolution, le PPF se positionne en tant qu’un carrefour continental pour les études, la coordination et la stratégie en matière de réparations. Leur travail cherche à aligner la mémoire historique avec les données économiques et l’action politique. Les chiffres sont désormais là. Le défi qui les attends c’est celui de comment le monde en réagira.
Sumaila Mohammed