ce que révèle le classement 2026 — RT en français



Le classement 2026 de Global Firepower livre un aperçu précis des rapports de force militaires sur le continent africain. L’Égypte conserve une avance nette, portée par des moyens considérables, tandis que la progression de pays comme la Tunisie et le Maroc traduit des choix stratégiques assumés et une volonté de renforcer leur position régionale.

L’édition 2026 du classement Global Firepower, publiée par le site américain spécialisé dans la défense, dresse une nouvelle cartographie des puissances militaires africaines. Ce classement repose sur un indice de puissance appelé « PowerIndex », fondé sur plus de soixante indicateurs combinant effectifs, équipement, moyens logistiques, ressources et géographie.

En première position continentale, l’Égypte s’impose une nouvelle fois comme la force dominante. Elle se classe 19ᵉ au niveau mondial avec un score de 0,3651. D’après Global Firepower, Le Caire dispose de 438 500 militaires actifs, 479 000 réservistes et 300 000 paramilitaires. Côté matériel, elle aligne 1 088 avions, 3 620 chars et 149 navires. Une puissance renforcée par un positionnement stratégique autour du canal de Suez et par sa capacité à mener des exercices multinationaux.

Derrière elle, l’Algérie conserve sa deuxième place en Afrique (27ᵉ mondiale). Avec 130 000 militaires actifs, mais une capacité terrestre massive estimée à plus de 24 000 véhicules, dont 16 000 opérationnels, elle mise aussi sur une flotte aérienne de 620 avions. Son budget de défense, évalué à 25 milliards de dollars, témoigne d’une ambition régionale claire.

Le Nigeria ferme ce podium continental. Troisième en Afrique et 33ᵉ au niveau mondial, il compte 230 000 soldats actifs et un budget militaire de 3,9 milliards de dollars. Son armée de l’air, composée de 159 appareils, joue un rôle central dans la lutte contre les groupes armés.

Forces régionales et priorités stratégiques

Juste derrière ce trio de tête, l’Afrique du Sud (40ᵉ mondiale) maintient sa position. Son armée, forte de 68 000 militaires actifs et 181 avions, privilégie les opérations de paix régionales sous mandat de l’Union africaine ou de l’ONU. Son budget annuel atteint 2,2 milliards de dollars.

Cinquième, l’Éthiopie se distingue avec 503 000 militaires actifs, un chiffre record à l’échelle continentale. Cette force humaine massive s’explique par les défis sécuritaires dans la Corne de l’Afrique. Malgré une aviation limitée à 104 appareils, Addis-Abeba conserve une capacité de projection terrestre redoutable.

Le Maroc grimpe à la sixième place africaine, gagnant une position par rapport à l’année précédente. Avec 400 000 personnels actifs et 271 aéronefs, Rabat poursuit une stratégie de modernisation continue. Il faut également noter l’importance croissante de ses coopérations militaires, notamment via des exercices conjoints et un effort soutenu de professionnalisation.

L’Angola, désormais septième, recule d’un rang. Sa flotte de 278 avions est utilisée majoritairement dans les zones pétrolières et minières. Si l’investissement militaire reste conséquent, il n’a pas suffi à maintenir sa position face à la montée en puissance du Maroc.

Nouvelles dynamiques : percées tunisienne et congolaise

En huitième position, la République démocratique du Congo confirme son ancrage dans le Top 10. Malgré les conflits internes à l’est du pays, sa capacité de mobilisation demeure importante.

Le Soudan, neuvième, reste marqué par une guerre civile prolongée. Son armée regroupe 300 000 militaires actifs et 183 aéronefs.

La Tunisie clôt ce classement africain de tête. Désormais dixième sur le continent et 79ᵉ mondiale, elle réalise une percée remarquée, gagnant 11 places par rapport à 2025. D’après Global Firepower, ce progrès s’explique par une montée en puissance opérationnelle, une surveillance renforcée de la frontière libyenne et un parc aérien composé de 155 avions.

Au final, si la hiérarchie militaire africaine conserve ses fondements, les évolutions de rangs révèlent des tendances profondes : investissements ciblés, choix stratégiques régionaux et renforcement des capacités conventionnelles. L’Égypte domine comme c’est le cas historiquement, mais la montée de nouveaux pays comme la Tunisie ou le Maroc montre que les équilibres militaires africains restent étroitement liés aux priorités de souveraineté et aux dynamiques géopolitiques locales.



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