Le Japon et son « parti unique », par Emil Pacha Valencia (Le Monde diplomatique, février 2026)


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Lee Chapman. — Fresque sous les voies ferrées du quartier de Kabukicho à Shinjuku, Tokyo

Ils sont une petite centaine à braver les rigueurs de l’hiver tokyoïte en cette soirée de novembre. Aux abords du Sori Kantei, le complexe immobilier qui abrite depuis les années 1920 les bureaux ainsi que la résidence des premiers ministres japonais, les pancartes de cette poignée de manifestants ne s’embarrassent pas de la traditionnelle politesse locale : « Takaichi, démission ! ». Quelques semaines plus tôt, le 7 novembre 2025, la première ministre déclarait devant la Chambre des représentants que le Japon considérerait une intervention militaire chinoise à Taïwan comme une « situation critique pour [ses] intérêts vitaux », justifiant une intervention des forces d’autodéfense japonaises. Pour les manifestants, une dangereuse et inutile provocation. La réaction chinoise, elle, ne s’est pas fait attendre.

Pourtant, en dépit des protestataires, le style direct et la ligne dure de la première femme première ministre du Japon la placent au-delà de 70 % d’opinions positives selon un sondage publié en décembre dernier par le quotidien Yomiuri shimbun. Plus du double du score le plus haut atteint par son prédécesseur. C’est à la suite de la démission de M. Shigeru Ishiba (2024-2025), le 7 septembre 2025, que Mme Sanae Takaichi le remplace à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), avant d’être élue cheffe de l’exécutif par la Diète, le 21 octobre. Mme Takaichi s’estime à ce point portée par les sondages qu’elle a décidé la tenue d’élections anticipées en février 2026, pour tenter de consolider sa majorité, fragile depuis les résultats historiquement mauvais enregistrés en 2024.

Si M. Ishiba et Mme Takaichi sont issus de la même formation, tout les oppose quand il est question de la Chine. L’ancien premier ministre favorisait le rapprochement. Celle qui lui succède s’inscrit dans les traces de son mentor, dont elle fut plusieurs fois ministre : Shinzo Abe, assassiné le 8 juillet 2022. Incarnation d’un nationalisme nostalgique de (…)

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