L’Allemagne envisage de quitter le programme SCAF, lancé en 2017 par Paris et Berlin pour créer l’avion de combat du futur, afin de rejoindre le GCAP mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Cette hypothèse, discutée ces derniers mois en Europe, fragilise l’autonomie militaire européenne et révèle de profondes tensions industrielles.
L’Europe rêvait d’un chasseur commun capable d’incarner sa souveraineté militaire. Elle découvre aujourd’hui que ses partenaires préfèrent se tirer dans les pattes… Berlin étudie sérieusement l’idée d’abandonner le Système de combat aérien du futur pour rejoindre le programme concurrent GCAP, comme le rapporte The Epoch Times.
Lancé en 2017, le SCAF devait remplacer Rafale et Eurofighter d’ici à 2040 grâce à un avion nouvelle génération, connecté à des drones et à un réseau de combat numérique. Mais le projet s’est enlisé dans des querelles de gouvernance et de propriété industrielle entre Dassault Aviation et Airbus Defence and Space. Des responsables allemands ont déjà averti que le programme « ne pouvait pas durer indéfiniment », alimentant les spéculations sur une rupture stratégique.
Pendant ce temps, le GCAP avance vite et fait des émules. Porté par Londres, Rome et Tokyo, il promet un appareil opérationnel dès 2035. Le ministre de la Défense italien, Guido Crosetto, avait déjà supposé que « l’Allemagne pourrait probablement rejoindre ce projet ». Selon la presse italienne, Berlin aurait sondé Rome sans rencontrer d’opposition. Pour Capital, Paris pourrait alors « agir seule » en cas d’échec du SCAF.
Une sortie allemande consacrerait l’éclatement de la défense européenne et renforcerait l’influence d’alliances extérieures. Le choix de Berlin dira si l’Europe veut réellement voler de ses propres ailes.