Quand ils sont venus chercher LFI, je n’ai rien dit…


Un jeune homme entre la vie et la mort à Lyon. « Ce que l’on sait » titre la presse, sans vraiment savoir grand chose. Tout ceci en marge – très en marge – d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan.

L’imparable macroniste Aurore Bergé – qui n’est pas juge – promet des « condamnations lourdes ». Et comme il ne faut jamais laisser passer une occasion pour enfoncer son petit clou, elle évoque un contexte « de recrudescence de l’antisémitisme où personne ne peut ignorer aujourd’hui le rôle joué par la France insoumise dans le réenracinement de l’antisémitisme ».

Allons. On voit bien vers quoi ils se dirigent. Si on est un tantinet attentif.

Cette sémantique déjantée, ces « cercles d’accusations » qui s’élargissent lentement mais sûrement en englobant de plus en plus de territoires idéologiques. Ces inversions accusatoires. Cette défense d’un génocide. Du déjà vu.

Vous vous attendez à quoi, exactement, de leur part ? Une future reconnaissance ? Une carte de membre du club ? Des invitations aux dîners ? Vraiment ?

Si je croyais qu’il y avait ne serait-ce qu’une once de sincérité chez eux, je pousserais des soupirs et tenterais d’expliquer pourquoi ils ont tort, etc. Mais il n’y en a pas. Et le croire, le supputer, l’envisager et le laisser entendre est une erreur grossière. Faire semblant de le croire, ou jouer le jeu, c’est encore pire.

Ceux à gauche (et ailleurs) qui se lèchent les babines en voyant LFI se faire déchiqueter par le pouvoir macroniste et les médias ont tort. Ils ont tort non seulement sur le plan politique et/ou électoraliste, car ils n’en tireront rien – et s’ils pensent le contraire, ils sont fous – mais aussi sur le plan moral. Ils savent parfaitement ce qui se mijote. Les effluves, pas très subtiles, émanant du chaudron ont largement dépassé le cadre de la cuisine interne.

S’ils pensent que leur silence ou leur distanciation avec LFI leur vaudra des points, ils sont au mieux stupides et, au pire, des salauds. Et ce, quels que soient les divergences politiques ou reproches qu’ils peuvent avoir avec ce mouvement.

C’est toute la gauche qui est visée. Ce sont même toutes les forces un tant soit peu souverainistes, indociles, rebelles… insoumises quoi, qui sont visées. LFI n’est qu’un obstacle – l’obstacle du moment – sur le chemin.

Oui, oui, je connais les reproches faits à LFI par les uns et les autres. Si certains ont du corps, d’autres sont tellement ridicules et « hors sol » que j’ai un peu honte pour ceux qui les formulent. Parce que j’en ai autant en réserve pour eux. Peut-être autant qu’ils en ont pour moi.

Sans parler de mon pote Dédé qui est un tel concentré de dérives sectaires qu’à nous deux on a crée un parti révolutionnaire avec deux tendances qu’on a aussitôt dissous parce qu’on n’arrivait pas à se mettre d’accord sur celui qui devait payer la prochaine tournée.

Mais est-ce vraiment le sujet ?

Une expression est devenue tellement usitée que j’hésite à y recourir, mais tant pis, voici comment elle commence : « Quand ils sont venus chercher LFI, je n’ai rien dit car je n’étais pas LFI… ».

Vous connaissez la fin.

L’histoire, j’en suis certain, ne sera pas tendre avec nous. Ou « vous ». Ou « eux ». C’est comme vous le sentez.

Le tout est de le sentir.

Viktor Dedaj



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