Produits laitiers européens : Pékin confirme de nouveaux droits de douanes mais les revoit à la baisse


Pékin confirme ses droits de douane sur les exportations de produits laitiers issus de l’Union européenne. Jeudi, le ministère chinois du Commerce a annoncé les taux définitifs, bien inférieurs aux prévisions, communiqués fin décembre dernier. Si la France salue une “bonne nouvelle” malgré son intention de poursuivre ses efforts, Bruxelles critique la Chine et rejette toujours ces nouveaux droits de douane.

En décembre dernier, au moment où le Vieux Continent était sous haute tension en raison de l’accord UE-Mercosur, Pékin a annoncé de nouveaux droits de douane de 21,9 % à 42,7 % sur les exportations laitières de l’Union européenne. La Chine accusait Bruxelles de subventionner les producteurs et de porter préjudice aux concurrents chinois.

Une baisse de 21,9 % au minimum à 7,4 %

Cette annonce était la conséquence de plusieurs mois de bras de fer né fin 2023, lorsque la Commission européenne a lancé une enquête antisubventions sur les véhicules électriques chinois, soupçonnés de bénéficier de subventions déloyales menaçant les producteurs européens. Des droits provisoires étant imposés dès le mois de juillet 2024, variant de 17 % à 37,6 % selon les constructeurs (7,8 % pour Tesla, 35,3 % pour BYD), en plus des 10 % de droits standards. Des mesures définitives ont été adoptées en octobre 2024, marquant l’ouverture officielle du front douanier entre l’UE et la Chine.

Après une enquête antidumping sur les importations de porc européen, suivant celle déjà ouverte sur les eaux-de-vie de vin de l’UE, à l’image du cognac, Pékin a répliqué en appliquant des droits de douane provisoires. Malgré des négociations de plusieurs rounds sur les véhicules électriques, les avancées n’étaient que partielles sans un accord total pouvant tempérer cette guerre douanière. 

Parallèlement aux enquêtes sur le porc européen et les eaux-de-vie, la Chine avait également lancé une enquête antisubventions sur les produits laitiers européens (lait, crème, fromages frais et transformés). Prolongée une première fois, les autorités chinoises ont annoncé leurs décisions fin décembre. Le ministère chinois du Commerce a déclaré dans un communiqué que les “produits laitiers importés en provenance de l’UE sont subventionnés, ce qui cause un préjudice considérable à l’industrie nationale chinoise”.

De premiers droits de douane provisoires de 21,9 % à 42,7 % ciblant les fromages frais et transformés, les fromages bleus ainsi que certains laits et crèmes ont ainsi été annoncés. Pour la Commission européenne, qui a déposé plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), “cette enquête est fondée sur des allégations contestables et des preuves insuffisantes”. Pour la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, ces nouveaux droits sont “inacceptables”.

Jeudi, Pékin a annoncé les taux définitifs, bien inférieurs à ceux communiqués en décembre. Et les réactions varient entre soulagement, et détermination à contester. Le ministère chinois du Commerce a annoncé des droits allant de 7,4 % à 11,7 %, appliqués aux produits laitiers en provenance de l’UE pour une période de cinq ans à partir de vendredi 13 février.

“Bonne nouvelle” pour Paris, l’UE fustige l’enquête chinoise

Le ministre français chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier, a salué une “bonne nouvelle pour nos producteurs et pour nos échanges commerciaux”. Mais Paris estime cette baisse “insuffisante” et “continuera d’agir, avec l’Union européenne, pour obtenir des conditions d’accès au marché pleinement équitables et réciproques”, a-t-il affirmé.

À Bruxelles, le ton est plus ferme. L’UE a dénoncé la décision chinoise, malgré une baisse “substantielle”. “Nous considérons que ces mesures sont injustifiées et infondées”, a réitéré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne. “Nous restons persuadés que cette enquête n’aurait jamais dû avoir lieu”, a-t-il ajouté, affirmant que l’exécutif européen était déterminé “à défendre les intérêts légitimes de notre secteur laitier, dans le respect des règles du commerce international (…) Nous allons étudier les options à notre disposition, y compris la possibilité d’une action dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce”, a indiqué Olaf Gill.

Malgré cette baisse des taux par rapport à ceux de décembre, ces droits de douane bénéficient toujours aux producteurs chinois confrontés à une surabondance de lait et à la baisse des prix. En 2024, la Chine a importé pour 589 millions de dollars de produits laitiers concernés par l’enquête en 2024, un montant similaire à celui de 2023.





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