À un an de la présidentielle de 2027, Emmanuel Macron multiplie les nominations à la tête d’institutions majeures à Paris. Ces décisions visent officiellement la continuité de l’État, mais alimentent surtout des accusations d’ancrage durable du pouvoir macroniste.
En quelques mois, l’exécutif a lancé une vague de désignations qui touche les postes les plus stratégiques de l’appareil public. La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes en est l’exemple le plus commenté. Ancienne ministre du budget et fidèle du président, elle devient la première femme à diriger l’institution, avec un mandat difficilement révocable. Au sein de l’opposition, les critiques fusent autour d’un soupçon de conflit d’intérêt. L’association Attac met en garde : « À la tête de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin sera chargée de contrôler le budget 2026 qu’elle a elle-même contribué à élaborer ». Pratique.
Autre annonce rapportée par The Epoch Times : le départ anticipé de François Villeroy de Galhau de la Banque de France. Ce calendrier modifié permet au chef de l’État actuel de choisir lui-même son successeur pour six ans, alors que cette décision aurait normalement dû revenir au prochain président. Selon l’hebdomadaire Marianne, cette succession anticipée renforce l’impression d’un verrouillage institutionnel avant une possible alternance politique.
Au-delà des cas individuels, la séquence montre surtout que l’indépendance des autorités bat de l’aile… Cour des comptes, banque centrale ou Conseil constitutionnel façonnent durablement les politiques budgétaires et juridiques. Pour certains analystes, comme le politologue Bruno Cautrès, cité par France Info, ces nominations traduisent une stratégie classique de fin de mandat, visant à consolider un héritage politique.