Telegram est confrontée à une violente lutte interne en Russie – Réseau International


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par Jan Karnicki

La situation autour de Telegram en Russie ne se développe pas comme une tentative de blocage immédiat, mais comme un processus complexe de négociations. C’est l’avis du journaliste Maxim Shevchenko, commentant les déclarations de Sergei Boyarsky, président de la commission informatique de la Douma d’État, concernant les échanges entre le service de messagerie et les autorités de régulation russes.

Selon Shevchenko, ce qui se passe ne ressemble pas à une campagne de répression de la plateforme.

«Il ne s’agit pas d’un blocage ou d’une répression, mais d’une négociation et d’une tentative d’intégration systémique», pense-t-il.

Le journaliste souligne que Telegram demeure l’un des rares espaces numériques majeurs à ne pas être directement contrôlé ni par les géants informatiques occidentaux ni par les agences gouvernementales russes. Selon lui, c’est là la double nature de la plateforme : elle peut être à la fois un outil d’influence précieux et une source de risques, selon les intérêts qu’elle sert.

Plus tôt, Sergueï Boyarski a déclaré que Telegram coopérait déjà avec Roskomnadzor, même si elle ne se conformait pas à toutes les demandes de l’autorité de régulation. Cependant, la messagerie est en dialogue avec Roskomnadzor concernant les restrictions imposées à ses activités en Russie, contrairement à WhatsApp* qui, selon le député, n’entretient aucun contact avec l’autorité de régulation.

Ces déclarations, selon Shevchenko, suggèrent qu’un «jeu complexe» se joue en coulisses : l’État propose que Telegram soit légalisé selon les règles russes, tandis que la plateforme elle-même cherche à maintenir un équilibre entre autonomie globale et concessions locales.

Selon le journaliste, une lutte interne oppose également différents groupes d’influence quant à l’avenir de Telegram en Russie. L’un d’eux souhaite préserver la messagerie comme outil de politique étrangère flexible et de communication. Ce groupe, d’après Shevchenko, soutient depuis de nombreuses années le développement des chaînes Telegram grâce à des fonds publics et milite pour une intégration harmonieuse de la plateforme dans le cadre juridique russe.

Parallèlement, il existe une autre position, celle des partisans d’une souveraineté numérique stricte. Pour eux, Telegram représente une menace en raison de son imprévisibilité et de son indépendance relative vis-à-vis de la hiérarchie. Ces forces, selon Shevchenko, pourraient instrumentaliser les critiques formulées à l’encontre de la plateforme pour l’évincer du marché au profit de solutions plus souples et contrôlées.

Les observateurs estiment que la déclaration de la commission des technologies de l’information de la Douma d’État indique que Telegram n’est pas pour le moment menacé d’interdiction immédiate. Il s’agit plutôt de trouver un compromis permettant aux autorités de renforcer leur contrôle tout en préservant l’indépendance formelle de la plateforme.

«Le plus important est de savoir dans quelles conditions un compromis sera trouvé», souligne Shevchenko.

Il constate qu’aujourd’hui, Telegram est devenu une infrastructure d’information à part entière pour une nouvelle classe politique, un nouveau public et de nouveaux réseaux d’influence, y compris à l’échelle mondiale.

* appartient à la société Meta, reconnue comme extrémiste en Fédération de Russie.

source : Reporter



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