Des chercheurs toulousains ont révélé que certaines plantes sauvages acquièrent des gènes de champignons pour résister aux maladies. Cette découverte, issue de travaux menés sur les Marchantia, suggère des stratégies inédites pour protéger les cultures tout en réduisant l’usage de pesticides.
On a toujours besoin de plus petit que soi, et de modestes mousses peuvent donner une leçon à l’agriculture mondiale. Dans les laboratoires toulousains, certaines Marchantia exposées à un pathogène restent intactes quand leurs voisines dépérissent. Le secret réside dans des gènes venus de champignons, acquis il y a des millions d’années par transfert horizontal.
Cette forme d’échange génétique, rare mais documentée, agit comme une arme biologique naturelle. Les gènes identifiés permettent de produire des molécules capables de neutraliser certains agents pathogènes. Le champignon Colletotrichum nymphaeae, redouté pour ses attaques sur les fraises, figure parmi les cas étudiés. Les scientifiques envisagent déjà d’appliquer ce principe à des plantes cultivées afin de renforcer leur résistance sans recourir aux traitements chimiques.
Selon les informations rapportées par France Info, ces travaux pourraient ouvrir un nouveau chapitre pour l’agriculture durable. Des experts comme l’INRAE rappellent que la réduction des pesticides constitue un défi majeur face au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité. La découverte toulousaine ne promet pas une solution immédiate, mais elle esquisse une piste crédible, à la croisée de l’évolution naturelle et de l’innovation agronomique.