L’atelier EPV « Velours de Lyon » liquidé par la justice commerciale


En janvier, la PME Velours de Lyon, labellisée Entreprise du patrimoine vivant (EPV), a été liquidée par la justice commerciale. Dernier fabricant français de velours haut de gamme pour la mode et l’ameublement, elle employait une quarantaine de salariés et dépendait d’une clientèle internationale. La crise du Covid-19, la concurrence mondiale et la perte d’un client majeur ont précipité sa fin.

La maison habillait le luxe mondial tout en peinant à survivre elle-même. Pendant la crise sanitaire, ses commandes se sont effondrées jusqu’à près de 80 %, selon la direction. Les collections reportées et les volumes réduits ont laissé l’entreprise exsangue, alors même qu’elle venait d’investir pour moderniser ses métiers à tisser.

Labellisée EPV, la société incarnait une expertise rarissime héritée de la tradition lyonnaise de la soie. Velours double pièce, jacquards complexes, créations sur mesure faisaient sa singularité. Selon Le Progrès, aucun repreneur n’a présenté de garanties suffisantes dans les délais, malgré des alertes répétées sur la fragilité de ce savoir-faire.

Et, c’est finalement la pression internationale qui a achevé l’équation. Des producteurs étrangers montent désormais en gamme tout en conservant des coûts inférieurs, notamment en Chine, selon l’Union des industries textiles. Résultat, des donneurs d’ordres ont progressivement déplacé leurs achats, creusant l’écart entre prestige et rentabilité. Reste un espoir, autour d’une reprise des machines et des archives, pour environ 1,5 million d’euros. Sans solution rapide, la disparition de cet atelier marquera une nouvelle étape dans l’effacement silencieux de l’industrie française.





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