Gaza, Cuba, même combat.


GAZA, CUBA, VENEZUELA… MÊME COMBAT ! – Il n’y a qu’une seule ligne de front face à l’hégémonisme yanqui – Par Georges Gastaud, auteur de Mondialisation capitaliste et projet communiste (Delga, 2022)

La solidarité d’une grande partie de la jeunesse mondiale avec le peuple palestinien est d’autant plus admirable qu’elle est partout réprimée. Pour autant, il serait, non seulement suicidaire stratégiquement, mais moralement indéfendable, d’abandonner à eux-mêmes les autres points chauds – en termes militaires, les « saillants »- qu’il s’agit pour Trump de conquérir l’un après l’autre – sur la ligne de front mondiale qui sépare, d’une part, l’hégémonisme états-unien conforté par l’UE-OTAN et par la « théocratie fasciste » d’Israël (dixit le maire de Tel-Aviv parlant du gouvernement en place !), d’autre part une kyrielle de pays, de mouvements sociaux et de peuples qui font échec, ne serait-ce que par leur volonté têtue d’exister, au projet globalitaire de l’oligarchie militaro-financière yanquie.

CASSER LES B.R.I.C.S.? – Examinons en effet un planisphère : en repli durable sur les plans économique, technologique, politique voire, de plus en plus, militaire, l’hégémonisme euro-atlantique et ses pseudopodes israélien et anglo-saxons (Australie, Nouvelle Zélande, Canada fédéral…) sont déjà partout aux prises directes ou indirectes avec l’ensemble protéiforme formé par les B.R.I.C.S., ces grands pays de l’Est et du Sud qui veulent briser l’asphyxiante emprise mondiale du dollar, des blocus navals, des ingérences politiques (jusqu’à l’enlèvement du président vénézuélien légitime !), des « lois extraterritoriales » imposées par Washington, sans oublier l’obsédant soft power US, ce vecteur permanent de langue et de pensée unique asservissantes.

UN « RIFT » GUERRIER MONDIAL. En effet, l’affrontement politico-militaro-économique qu’impose la pieuvre hégémoniste aux pays « émergents » rêvant de nations libres, égales et solidaires est déjà engagé tout au long du Grand Rift Mondial qui fracture la planète de la Baltique au Proche-Orient en passant par le Donbass (martyrisé depuis 2014 par le régime bandériste et pro-OTAN de Kiev), de l’Iran à Taiwan (2) en passant par le « Grand Proche-Orient », mais aussi de l’Indopacifique à la Corée en passant par la Mer de Chine. Cette immense lézarde éruptive se prolonge et se ramifie à la fois en Afrique, où le bloc euro-hégémonique alimente des « guerres civiles » génocidaires par Etat vassal interposé (agression génocidaire du Ruanda de Kagamé à l’encontre du Congo démocratique), des coups d’Etat néocoloniaux (contre Traoré au Burkina), et en Amérique latine avec la récente mise au pas du Venezuela, le siège de Cuba, les menaces proférées par Trump contre la Colombie et le Mexique, sans parler des tentatives d’intimider Lula. Comment par ailleurs ignorer l’acharnement du gangster mondial Trump à annexer le Groënland et le Canada, voire le Panama, avec l’obsession de couper partout les voies de circulation maritime de la Chine et de son allié russe : c’est-à-dire de construire les conditions d’un choc mondial en prenant in fine l’humanité en otage d’une possible guerre d’extermination nucléaire.

VOIR CLAIR SUR L’ENNEMI PRINCIPAL DE LA PAIX – En réalité, pour les militants, syndicalistes et intellectuels progressistes encore capables d’analyse marxiste, mais aussi pour les patriotes antiimpérialistes que compte encore la France, le « narratif » pour enfants sages promu par l’Oncle Sam et ses vassaux européens, ne tient même pas cinq secondes : non la Russie n’a pas pour projet d’envahir Paris et Saragosse – et le voudrait-elle qu’elle n’en aurait pas les moyens ! – . Non, la Chine ne souhaite annexer personne, elle veut seulement se développer en traitant de manière « gagnant-gagnant » avec tous les pays qui le souhaiteraient, USA et France inclus. Et oui, l’ennemi principal des peuples et de la paix est bien, aux marges de la Russie occidentale, cette UE-OTAN qui, contre toutes ses promesses faites au veule Gorbatchev, n’a cessé de s’étendre vers l’Est en rappelant froidement aux dirigeants « postcommunistes » de Moscou qu’il ne suffisait pas de trahir le socialisme soviétique pour que l’impérialisme occidental cessât soudain d’être un agresseur avide de revanche – n’est-ce par Herr Merz ? – sur la patrie de Stalingrad. Oui, c’est bien l’Occident qui menace la Chine populaire avec qui il avait établi des relations diplomatiques à l’époque de Nixon et Mao en acceptant le principe qu’ « il n’y a qu’une Chine » dont font partie Taiwan, Hongkong et le Tibet. Et oui encore, c’est l’US Army qui, depuis les années 1950, tient garnison en Corée du Sud, y entrepose des armes nucléaires et torpille tout projet de paix. Et non, ce n’est pas Kim Kong-un qui a installé ses missiles à La Havane ou à Montréal. Et non, l’UE n’est ni ne pourra devenir une « Europe sociale, pacifique, démocratique et écologique » comme le serinent les ravis de la crêche social-démocrates, trotskistes et pseudo-libertaires : construite par et pour le capital avec son « économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée » (Maëstricht), systémiquement arrimée à l’OTAN, guidée par le sous-hégémon régional allemand en phase de remilitarisation galopante (comme le Japon impérial !), l’UE ne peut être qu’une Europe antisociale, antiécologique et contraire au maintien de nations libres disposant du droit d’aller au socialisme si elles le désirent. Si bien que jamais l’alliance du souverainisme démocratique et de l’internationalisme prolétarien n’aura été aussi nécessaire pour stopper les prédations de l’hégémonisme atlantique allié aux pires nationalistes fascistes. Non pas en croupissant dans l’UE-OTAN, contrairement à ce qu’affirmait le « communiste » italien E. Berlinguer, mais en sortant de ce bloc fascisant par la voie d’un Frexit progressiste rouvrant à la France la voie d’un socialisme-communisme de nouvelle génération.

CUBA, GAZA, MÊME COMBAT ! – Si l’on a saisi cela, alors on comprend qu’aujourd’hui Gaza, déjà largement écrasée par l’exterminisme israélo-yanqui, mais aussi l’Iran souverain assiégé par Trump (qui peut croire que la restauration du Shah par les USA pourrait amener la liberté aux hommes et aux femmes d’Iran ? En réalité, l’impérialisme se choisit toujours des alliés dignes de lui, des nazis ukrainiens au terroriste El Jolani, le « président » syrien !) doivent être défendus avec les autres « saillants » du front anti-hégémonique, Cuba en tête. Car lorsqu’un « saillant » est encerclé et pris, le front mondial tout entier est ébranlé et l’agressivité de l’agresseur euro-atlantique est aussitôt décuplée comme on l’a vu après le coup de main des gangsters Trump et Rubio contre Nicolas Maduro…

L’ENJEU MONDIAL DU « VERROU » CUBAIN – C’est pourquoi, pour peu qu’on écarte les sophismes anticastristes de la fausse gauche européiste, même un enfant comprendrait qu’il ne faut pas laisser choir Cuba, cette sentinelle mondiale de la Révolution que Fidel et le Che, après José Marti, ont éduquée à crier « la patrie ou la mort, le socialisme ou mourir, nous vaincrons ! ». Si Cuba tombait, et avec elle tout ce qu’elle représente : la pointe avancée du socialisme aux portes de Miami, la santé et l’éducation gratuites, la recherche médicale au service du Sud global, l’aide aux luttes anticoloniales dans le monde entier mais aussi le refus de capituler face à la contre-révolution mondiale de 1989-91 – , alors l’Empire yanqui fondra sur les Amériques du Groenland au Chili en passant par St-Pierre et Miquelon, le Canada – et notamment par le Québec et les Antilles – exit la dérangeante Francophonie internationale ! – et, fortifié par cette première victoire stratégique, Trump mettra fin à tout simulacre de négociations sur l’Ukraine et s’ouvrira toutes grandes les portes de la guerre contre la Chine populaire et la Russie : suicide assuré pour la population européenne en général et pour le peuple français en particulier dont l’inepte président a décidé tout seul de faire de notre force de frappe un « parapluie nucléaire pour toute l’Europe » : mieux vaudrait dire un paratonnerre attirant prioritairement sur nous les missiles russes hypersoniques…

POUR UN « TOUS ENSEMBLE » D’ENVERGURE GEOPOLITIQUE. – Bref, il n’y a pas que dans le champ des luttes hexagonales qu’il faut choisir entre « lutter ensemble, en même temps et victorieusement » et « résister séparément, successivement, défensivement et désespérément » à la manière des Curiaces se faisant tuer l’un après l’autre par le rusé Horace. Ainsi procéda du reste le Trump germanique des années trente quand il agressa tour à tour l’Espagne républicaine, l’Autriche, la Tchécoslovaquie… et notre propre pays. Aujourd’hui, « Guernica » s’appelle à la fois Gaza, Cuba et le Venezuela. Pensons-y dans les manifs de solidarité avec la Palestine. Des manifs où les drapeaux cubains auraient toute leur place à côté des drapeaux palestiniens, des drapeaux rouges et des drapeaux français retrouvant leur signification « Sans Culottes » initiale pour exiger que notre pays, rompant avec la mortifère UE-OTAN, explore les voies convergentes de la paix mondiale, de la souveraineté nationale retrouvée et de la coopération proprement socialiste entre tous les peuples.

Georges GASTAUD



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