La réaction arabo-islamique à la provocation scandaleuse de Huckabee


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par Teheran Times

Le 22 février 2026, Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël, a déclenché une vague d’indignation au Moyen-Orient en suggérant qu’il serait «acceptable» qu’Israël étende son territoire jusqu’à contrôler la région située entre le Nil et l’Euphrate. La réaction rapide et unanime des gouvernements arabes et islamiques souligne non seulement les inquiétudes régionales, mais aussi la méfiance croissante à l’égard du soutien apporté par Washington aux ambitions maximalistes d’Israël.

Des pays comme l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie, le Qatar et la Turquie ont condamné les propos de Huckabee, les qualifiant de dangereux, d’illégaux et de menace directe pour la stabilité régionale. Les déclarations de l’Organisation de la coopération islamique, de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe ont souligné que la souveraineté et les frontières ne pouvaient être ignorées, témoignant d’une rare unité rhétorique. Pourtant, sous cette apparente unité, ces réactions révèlent une certaine prudence et une certaine retenue.

Trois facteurs expliquent l’intensité de la réaction. Premièrement, les gouvernements régionaux ont cherché à défendre l’ordre politique en place. Dans un Moyen-Orient déjà marqué par les guerres, les frontières contestées et la fragilité des États, toute proposition de redécoupage des frontières fondée sur des revendications religieuses ou historiques remet en cause la légitimité des frontières nationales. Une critique rapide et concertée permet de signifier que de telles ambitions sont inacceptables.

Deuxièmement, la réaction négative visait aussi implicitement Washington. Les déclarations de Huckabee ont mis en lumière une tension entre la rhétorique américaine et sa position officielle. Si l’administration Trump s’oppose officiellement à l’annexion de la Cisjordanie, des propos comme ceux de Huckabee alimentent les soupçons selon lesquels une partie du gouvernement américain soutient tacitement la vision expansionniste d’Israël – un projet de «Grand Israël» visant à étendre l’influence israélienne bien au-delà de ses frontières officielles. Même après avoir nié toute exagération, Huckabee a laissé planer une question : dans quelle mesure la politique américaine est-elle alignée sur le maximalisme israélien ?

Troisièmement, la politique intérieure et l’opinion publique ont joué un rôle. Dans toute la région, la question palestinienne demeure un sujet de vives tensions, et les gouvernements qui ont normalisé leurs relations avec Israël ne peuvent se permettre d’ignorer le sentiment populaire. Une condamnation ferme témoigne de la prise en compte des préoccupations de l’opinion publique nationale et renforce la solidarité avec la cause palestinienne, même si ces déclarations ne sont pas suivies d’effets concrets.

La question centrale demeure : les paroles se traduiront-elles en actes ? Malgré toutes les dénonciations, les gouvernements de la région restent profondément liés à Washington. Les alliances stratégiques, la coopération militaire et les liens économiques avec les États-Unis – ainsi que des degrés variables d’engagement avec Israël – limitent la capacité des États arabes et islamiques à agir avec détermination. Des déclarations fortes peuvent refléter des principes, mais elles ne changent rien à la réalité du terrain ni ne freinent les politiques expansionnistes.

L’affaire Huckabee met en lumière une tension persistante : les États arabes et islamiques peuvent parler d’une seule voix lorsque leurs principes sont remis en question, mais leur capacité à les faire respecter est limitée par les réalités géopolitiques. Parallèlement, le soutien américain aux ambitions territoriales d’Israël – qu’il soit explicite ou implicite – continue d’alimenter la suspicion et la méfiance.

Au final, il ne s’agit pas simplement des paroles imprudentes d’un diplomate. Il s’agit du malaise régional plus profond suscité par l’alliance américano-israélienne et sa vision d’un Grand Israël, ainsi que du fossé flagrant entre les déclarations de principe et les actes concrets. 

Sans mesures concrètes, même les condamnations les plus fermes risquent de rester symboliques plutôt que substantielles.

source : Tehran Times via China Beyond the Wall



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