Une étude menée par des universitaires chinois auprès de jeunes adultes en laboratoire explore comment la consommation de vidéos courtes sur smartphone altère l’attention et l’autocontrôle.
L’étude en question a été réalisée dans un contexte d’usage quotidien massif, en analysant comportements et activité cérébrale grâce à des tests cognitifs et un enregistrement EEG. Elle montre qu’une forte appétence pour les vidéos courtes s’accompagne d’un affaiblissement mesurable des fonctions exécutives, celles qui permettent de résister aux impulsions et de maintenir l’attention. Chez les participants, l’activité électrique du cortex préfrontal diminue lorsque la dépendance déclarée augmente, signe d’un pilotage mental moins efficace face aux sollicitations rapides.
Les contenus courts sollicitent surtout les circuits émotionnels, plus immédiats, au détriment des zones impliquées dans la planification et la maîtrise de soi. Les chercheurs de la Zhejiang University expliquent que ce basculement progressif crée un cercle discret où la gratification instantanée renforce l’usage, tandis que la capacité à se réguler s’érode. Cette corrélation éclaire le rôle des plateformes telles que TikTok dans la transformation de nos habitudes cognitives.
Ces résultats ouvrent une piste plus large sur la responsabilité collective. Les chercheurs évoquent des stratégies de prévention fondées sur l’entraînement attentionnel et la méditation, afin de restaurer une marge de contrôle face à des formats conçus pour capter sans effort. Derrière le geste banal du défilement se joue un arbitrage entre confort numérique et autonomie mentale, que chacun devra tôt ou tard réévaluer.