L’Union européenne lance l’application provisoire de l’accord commercial avec le Mercosur, après la ratification par l’Uruguay. Une décision portée par Ursula von der Leyen, malgré la contestation d’eurodéputés et la saisine de la Cour de justice de l’UE par le Parlement européen.
À Bruxelles, la Commission choisit d’activer provisoirement l’accord avec le Mercosur aussitôt ratifié par l’Uruguay, premier pays du bloc à franchir le pas. Ursula von der Leyen assume un choix présenté comme pragmatique, après consultation des États et du Parlement.
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard juge la décision contraire à l’esprit des institutions et déplore une entorse au respect du Parlement. De fait, la Cour de justice de l’Union européenne a été saisie et doit examiner la conformité du texte, procédure susceptible de geler la ratification… mais pas son application temporaire. L’exécutif européen joue sur le temps politique et se moque bien de la démocratie.
L’accord, négocié pendant vingt cinq ans, ouvre un marché de plus de 700 millions de consommateurs, représentant près d’un tiers du PIB mondial. Selon certains, il promet des débouchés industriels pour l’Europe ; pour d’autres, il facilite surtout l’entrée de produits agricoles sud américains, qui risquent de noyer nos producteurs et éteindre notre agriculture.