À la demande du président Trump, son partisan Tucker Carlson (TC), l’animateur de télévision le plus populaire aux États-Unis, a mené une interview [1] à l’aéroport Ben Gourion d’Israël avec l’« ambassadeur » états-unien Mike Huckabee, un pasteur baptiste de l’Arkansas, l’État où il a été gouverneur et où sa fille Sara est également gouverneure.
Le célèbre animateur de télévision Tucker Carlson, détenu avec son équipe de manière indécente par les autorités israéliennes, a acculé le sioniste évangélique zélé Mike Huckabee pour lui faire avouer le projet de « Grand Israël » : « Ce serait bien qu’ils finissent par s’implanter partout » [2]. Les réactions rhétoriques ont été vives dans le monde musulman, qui compte 2,1 milliards de personnes réparties dans 57 pays [3].
La coalition des pays arabes et musulmans a condamné les déclarations du Premier ministre israélien d’origine polonaise et khazare, Benyamin Netanyahou de son vrai nom Mileikovwski, et sa vision d’un « Grand Israël » lors d’une interview accordée à i24News. Interrogé sur son adhésion à cette vision, Mike Huckabee a répondu « absolument », après avoir déclaré se sentir « très proche de cette idée » [4]. Le « sionisme évangélique » est une croyance théologique et métapolitique qui prône le retour de la diaspora juive en Terre sainte/Palestine [5].
L’immense majorité des chrétiens (près de 2,6 milliards : 33 % de la population mondiale) — qu’ils soient catholiques, orthodoxes ou évangéliques — sont antisionistes, dans la mesure même où les chrétiens sont persécutés à Jérusalem et en Cisjordanie, sans parler de l’Ukraine où sévit le comédien khazar Zelensky [6], chaud partisan du projet de « Grande Khazarie » [7], projet théologiquement et géopolitiquement juxtaposé et superposé à celui d’un « Grand Israël » [8].
Le pasteur John Hagee, fondateur de Christians United for Israel (CUFI), la plus grande organisation évangélique pro-israélienne des États-Unis, se vante aujourd’hui de compter 10 millions de membres, ce qui semble très exagéré, sur un total de 78 millions d’évangéliques à travers les États-Unis [9].
Un autre problème que pose le terme « chrétien » est que l’Église catholique majoritaire rejette le fondement théologique du « sionisme évangélique », puisque le Vatican prône une solution à deux États en Palestine.
Un écueil sémantique réside dans l’existence actuelle de trois sionismes (sic) — deux européens et un américain, dont aucun n’est sémite :
1. Celui qui trouve son origine chez Theodor Herzl, qui visait le « Grand Israël » avec le drapeau bleu et blanc dont les deux bandes horizontales représentent l’Euphrate et le Nil ;
2. Le « sionisme révisionniste » du journaliste d’Odessa, Vladimir Jabotinsky (auteur de Le Mur de fer, les Arabes et nous (1923) [10]), compagnon de Benzion Mileikowsky (le père de Netanyahu) ; et
3. Le « sionisme évangélique », aujourd’hui largement majoritaire, basé aux États-Unis et au Brésil, promu chez les épiscopaliens et les néo-épiscopaliens (qui se distinguent par des pratiques spiritualistes et exorcistes) : un pourcentage important (30 %) d’évangéliques qui ne sont pas non plus sémites.
Ben Sales du Times of Israel, un proche allié de Netanyahu, affirme que le « débat entre Tucker Carlson et Mike Huckabee relève de la bataille pour l’âme du Parti républicain, en ce qui concerne Israël », alors que la « collision entre les camps républicains isolationnistes » contre « sionistes évangéliques » pourrait déterminer l’approche du Moyen-Orient, bien qu’avec Trump, il est improbable qu’aucun des deux camps puisse gagner [11].
En tout cas, la base trumpienne MAGA (Make America Great Again) s’est ostensiblement fracturée en deux : le groupe profondément antisioniste de sa jeune génération, défendu par Tucker Carlson, Steve Bannon, le défunt Charlie Kirk, Candace Owen, Nick Fuentes, Marjorie Taylor Greene, Thomas Massie, etc., contre la faction farouchement prosioniste de Mike Pompeo (ancien directeur de la CIA et « sioniste évangélique »), Steve Witkoff, Jared Kushner, Lindsey Graham, Marco Rubio, Howard Lutnick, Mark Levin, etc.
De fait, la bataille entre sionistes et antisionistes va s’intensifier et devenir encore plus décisive lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, sans parler de l’élection présidentielle états-unienne de 2028.
