Selon plusieurs rapports récents datant du 28 février 2026, le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz en diffusant des messages radio VHF indiquant que aucun navire n’est autorisé à traverser. Certains rapports indiquent que le mouvement des pétroliers a complètement cessé, tandis que d’autres soulignent que l’Iran n’a pas confirmé formellement cette fermeture, bien qu’elle soit effective via ces avertissements. Cette action fait suite à des tensions accrues, notamment après des frappes, et menace les approvisionnements mondiaux en pétrole.
Ormuz, ce détroit émerge comme un pivot stratégique dont la vulnérabilité historique et géographique amplifie les enjeux de cette nouvelle guerre contre l’Iran, déclenchée ce samedi 28 février par des frappes conjointes américano-israéliennes. Souvent menacé d’être bloqué par des responsables iraniens en cas d’attaque américaine, il est un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole et du gaz liquéfié qatari. Cette menace est désormais concrète, alors que l’Iran riposte par des missiles sur des bases US des pays du Golfe et Israël. Les explosions rapportées à Téhéran, près de la résidence du guide suprême Ali Khamenei, et dans des villes comme Ispahan, ainsi que les contre-attaques iraniennes sur Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït, indiquent une escalade rapide qui pourrait rapidement engloutir ce canal vital.
Géographiquement, le détroit relie le Golfe à l’océan Indien, situé entre l’Iran au nord et l’enclave omanaise de Musandam au sud – une péninsule formant un index pointant vers l’Iran, séparée du reste d’Oman par les Émirats arabes unis, un pays encore sous forte influence britannique en matière de défense et d’économie. Sa faible largeur d’environ 50 kilomètres et sa profondeur maximale de 60 mètres le rendent particulièrement vulnérable à des blocages, des minages ou des attaques par drones et missiles. Parsemé d’îles stratégiques iraniennes comme Ormuz, Qeshm et Larak, face à la base navale de Bandar Abbas, et des « îles stratégiques » occupées par l’Iran depuis 1971 (Grande et Petite Tomb, Abou Moussa) au large des Émirats, il offre à Téhéran un poste d’observation idéal sur les côtes des pays du Golfe : Émirats, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Koweït, Irak, Iran et Oman. Ces positions permettent des opérations asymétriques, comme des arraisonnements ou des harcèlements navals, renforçant le contrôle iranien sur cette artère maritime.
Des perturbations majeures, y ont déjà eu lieu, comme la « guerre des pétroliers » durant le conflit Iran-Irak (1980-1988), où plus de 500 navires furent détruits ou endommagés, Téhéran minant des zones de passage – incident illustré par la frégate USS Samuel B. Roberts heurtant une mine le 14 avril 1988, manquant de couler, et l’abattage tragique d’un Airbus A-300 d’Iran Air par l’USS Vincennes en juillet 1988, tuant 290 civils après une méprise pour un chasseur hostile. Ces événements soulignent les risques d’erreurs humaines dans un espace confiné et tendu. Plus récemment, après le retrait américain de l’accord nucléaire en 2018 sous l’administration Trump, les incidents se multiplient : attaques mystérieuses contre des navires en 2019, abattage d’un drone américain, saisies de pétroliers ; l’attaque mortelle en mer d’Oman le 29 juillet 2021 contre un pétrolier lié à un milliardaire israélien, tuant un Britannique et un Roumain, accusée à Téhéran malgré ses démentis ; l’arraisonnement du porte-conteneurs MSC Aries en avril 2024 par les Gardiens de la Révolution, en raison de liens présumés avec Israël ; et, début février 2026, l’approche armée d’un pétrolier américain dans le détroit, sommé de s’arrêter pour entrée « illégale » dans les eaux iraniennes selon l’agence Fars, avant de poursuivre escorté par la flotte US.
Aujourd’hui, sous contrôle des Gardiens de la Révolution islamique, qui se considèrent comme gardiens du Golfe et dénoncent régulièrement la présence de forces étrangères – notamment la Ve Flotte américaine stationnée à Bahreïn, touchée par un missile iranien ce samedi, causant des dommages au quartier général –, le détroit est au bord du chaos.
Le président Trump, annonçant l’opération pour éliminer les programmes nucléaire et balistique iraniens et promouvoir un changement de régime, voit l’escalade definitivement menacer la navigation. L’Iran, par la voix de son président Massoud Pezeshkian – confirmé sain et sauf malgré les frappes – et de Khamenei, promet une « riposte écrasante », avec des options comme le harcèlement de tankers, des minages ou des attaques par drones et bateaux rapides.
Des exercices récents des CGRI ont déjà bloqué temporairement des dizaines de navires, démontrant cette capacité. Des pays comme la Grèce, la Norvège et le Japon conseillent à leurs flottes d’éviter le Golfe et le détroit. L’ambassade russe à Téhéran a même recommandé aux citoyens russes de quitter l’Iran, qualifiant les frappes d' »agression » américano-israélienne, signalant un risque d’élargissement du conflit.
Économiquement, en 2024, 20 millions de barils de brut (20 % de la consommation mondiale) et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) transitaient quotidiennement par ce canal, principalement en provenance du Qatar et destinés à 80 % aux marchés asiatiques comme la Chine, l’Inde et le Japon. Seuls l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent actuellement d’oléoducs alternatifs limités, capables de transporter jusqu’à 2,6 millions de barils par jour via la mer Rouge ou l’océan Indien. Une fermeture, même partielle, pourrait propulser les prix du pétrole à 95-110 dollars le baril dans les prochains jours, exacerbant l’inflation globale, perturbant les chaînes d’approvisionnement en énergie, et menaçant la stabilité économique des nations importatrices. Les marchés réagissent déjà violemment : hausses des primes de risque pour les assurances maritimes, fermetures temporaires d’espaces aériens par Israël, Oman et les Émirats…, annulations de vols civils, et alertes d’ambassades américaines et russes appelant à l’abri. Cette situation expose la dépendance mondiale au pétrole du Golfe et pourrait déclencher des récessions en Asie et en Europe si prolongée.
Cette escalade transforme Ormuz en ligne de front potentielle, risquant un conflit élargi impliquant des proxies iraniens comme le Hezbollah ou les Houthis, et des puissances régionales. Elle met en lumière la fragilité du commerce mondial face aux tensions géopolitiques, appelant à une diplomatie urgente – peut-être via l’ONU ou des médiateurs comme la Chine – pour éviter un chaos énergétique aux ramifications bien au-delà du Moyen-Orient, affectant la sécurité alimentaire, les prix des biens de consommation et la stabilité internationale.