Montpellier parie sur la gratuité des transports, par Philippe Descamps (Le Monde diplomatique, mars 2026)


Dossier : Élections municipales

Première agglomération de cette importance à avoir rendu gratuits bus et tramways, la métropole de Montpellier voit leur fréquentation bondir. Ce succès politique à court terme risque de tendre les finances locales, d’autant qu’orienter durablement les habitudes vers les mobilités douces requiert une offre de qualité. Mais un tel levier social ébranle les privilèges de l’automobile en ville.

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Darwin Estacio Martinez. – « The Believer » (Le croyant), 2016

«En 2018 et 2019 ont eu lieu deux phénomènes majeurs dans notre histoire sociale : les “gilets jaunes” et les marches des jeunes pour le climat. En cherchant une réponse politique, j’ai commencé à m’intéresser à la gratuité des transports. » Élu maire de Montpellier et président de la métropole en 2020, le socialiste Michaël Delafosse a fait de ce sujet un « totem », un engagement qui figurait sur ses bulletins de vote. Il cite le « droit à la ville » d’Henri Lefebvre pour défendre ce choix « structurant » reliant « justice sociale, transition écologique et cohésion territoriale », dans une commune où le taux de pauvreté atteint 28 %, contre 15,4 % en France métropolitaine.

De New York à Clermont-Ferrand, de Tallinn à Perth, la question de la gratuité occupe une place grandissante dans les politiques publiques municipales : cantine, crèche, musée, etc. Dans les transports urbains, les « gratuités » ne ciblent le plus souvent qu’une partie de la population : consommateurs ou promeneurs des fins de semaine, jeunes, personnes âgées, chômeurs… Plus rares sont les « gratuités totales », comme depuis le 1er janvier dernier dans cent cinquante communes de l’Artois (voir la carte). À Montpellier, la gratuité d’abord partielle est devenue complète pour les 529 000 habitants de la métropole depuis décembre 2023.

« La fréquentation a augmenté de 39 % depuis 2019 »

Créé par cette collectivité, l’Observatoire des mobilités vient de publier ses premiers résultats. En semaine, la part des habitants de la métropole qui utilisent leur voiture personnelle serait passée de 70 % en 2019 à 51 % en 2025. Dans la commune-centre, cette part diminue de 58 % à 45 %. Cette baisse a eu lieu au bénéfice de la marche (passée de 17 % à 28 % dans la métropole et de 21 à 29 % dans la commune), du vélo (passé de 4 % à 6 % dans l’agglomération et de 5 à 8 % dans la commune) et enfin des transports en commun, qui (…)

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