Kalaweit, fondée en 1997, est une association qui se bat pour préserver la biodiversité en Indonésie. Outre son combat pour les gibbons et autres animaux sauvages, Kalaweit s’est lancée dans la protection des forêts. Elle a aujourd’hui pour ambition d’agrandir l’une de ses réserves sur l’île de Bornéo.
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Depuis bientôt trente ans l’association Kalaweit, menée par le français Chanee, œuvre à protéger la faune et la flore des forêts indonésiennes. Un combat qui a commencé par la sauvegarde des gibbons, puis des animaux sauvages en général. Face à la destruction de leur habitat et au braconnage, Kalaweit a construit des sanctuaires. Puis, l’association a étendu ses actions à la protection des écosystèmes abritant ces espèces endémiques.
Face au développement effréné de la production d’huile de palme et à l’extraction croissante de nickel, d’or et de charbon, la forêt indonésienne suffoque. C’est pourquoi, depuis treize ans, Kalaweit aide les populations locales à la protéger en créant des réserves.

Un objectif : la création du Grand Dulan
Située sur l’île de Bornéo, la réserve de Dulan a été créée en 2019 dans une forêt alors menacée de destruction. Les 2 144 hectares du site ont alors été sécurisés en indemnisant les propriétaires fonciers locaux, évitant ainsi que les entreprises ne s’en emparent.
« L’achat de terres correspond à un dédommagement, explique Constance Cluset, responsable Kalaweit en France. En échange, nous en assurons la protection et la préservation de sa biodiversité. Les zones sécurisées par Kalaweit deviennent ensuite des forêts communales appartenant aux communautés locales. Déclarées au niveau du cadastre, elles ne peuvent alors plus être revendues. Il est interdit d’y chasser ou d’y couper du bois. Kalaweit s’engage de son côté à en assurer la gestion. »
Aujourd’hui, Kalaweit souhaite connecter la réserve Dulan à plusieurs poches de forêts reliées entre elles par un corridor écologique et créer ainsi le Grand Dulan. Les plantations de palmiers à huile et des concessions minières de charbon menacent en effet les lieux. Constance Cluset précise :
« Il y a urgence. D’ici 2 ans, 3 à 4 000 hectares de forêt pourraient être détruits… Notre objectif pour 2026 est d’acquérir 1 000 hectares supplémentaires. Et dans les années qui suivent, doubler la surface actuelle pour atteindre 6 à 7 000 hectares. »
Ces terres, si prisées par les entreprises, abritent en effet une faune incroyable : une centaine d’orangs-outans, mais également des gibbons à barbe blanche, macaques à longue queue et à queue de cochon, nasiques, tarsiers, langurs, ours malais, panthères nébuleuses, chats sauvages, cerfs sambars, civettes, aigles, etc.
En faisant l’acquisition de ces poches de forêts connectées les unes aux autres, Kalaweit participerait à la préservation d’espèces endémiques parfois en « danger critique d’extinction », comme c’est le cas de l’orang-outan. L’association assurerait plus globalement le maintien d’une biodiversité riche, ainsi que l’identité culturelle des six villages installés sur ces terres.

Une protection qui a un coût…
Pour Constance Cluset, le nerf de la guerre reste l’argent : « Sur place, nous avons rencontré les villages concernés. Tous sont intéressés pour qu’on sauve leur forêt. Il n’y a pas de résistance de ce côté-là et nous sommes tous prêts à travailler ensemble. Mais pour cela… nous devons trouver l’argent ! »
Or, sauver des forêts est un investissement. Le seul objectif de l’année 2026, à savoir l’achat de mille hectares, représente un coût de 1,2 millions d’euros. L’association démarche donc la sphère privée comme publique, multipliant les appels aux dons.

Constance Cluset plébiscite la reconnaissance et le soutien dont bénéficie Kalaweit sur place : « Nous sommes en contact direct avec le Ministre des forêts de Jakarta, qui est proche des associations locales et est même venu à Kalaweit. Localement, cela nous apporte force et crédibilité auprès des villages. Depuis treize ans que nous protégeons les forêts, nous connaissons le terrain et les conditions, tout comme les habitants nous connaissent. Ils ont également compris l’importance protection des forêts, notamment face à des catastrophes climatiques comme les inondations à Sumatra en décembre dernier. »
« Les habitants comme le gouvernement constatent que la déforestation a un coût, humain comme financier… »
Depuis sa mise en place, le programme d’achat de poches de forêt est un succès. L’association n’a pas vu pointer de volonté de retour en arrière, ou de problème avec les villageois. « Notre seule limite, ce sont les fonds ! », regrette-t-elle.
Comment aider ?
Malgré l’ampleur de la tache, il n’y a pas de petit don. Sur le site officiel de Kalaweit, il est possible de choisir la destination de son don, comme par exemple celui de protéger la forêt. Alors, l’intégralité de la somme versée ira à l’achat d’hectares en Indonésie.

Deux types de dons sont disponibles : le don mensuel, à partir de 5€, qui permet de recevoir régulièrement par mail des vidéos d’animaux de la forêt indonésienne, réalisés à partir de caméra cachées. Devenir donateur mensuel chez Kalaweit fait du donateur un officiel « Gardien de la forêt » !
Le don unique est également possible et offre un certificat. Dans les deux cas, les sommes versées sont défiscalisées. Pour sauver les êtres humains, les animaux et la forêt d’Indonésie… chaque geste compte !
Vous pouvez retrouver association Kalaweit sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, YouTube et son site internet.
– Marie Waclaw
Photo de couverture : ©Kalaweit
