Tant qu’il se contentait d’être l’invité vedette permanent du « dîner » (1) international où les puissants décident de l’avenir du monde sans jamais demander leur avis aux peuples, Emmanuel Macron portait-il de fait le nez rouge du clown de service dans le grand cirque de la géopolitique ?

Ces derniers jours, il aurait franchi un cap supplémentaire : troisième prise de parole en quelques jours seulement. Lundi, depuis l’Île Longue, il annonce l’augmentation de notre arsenal nucléaire. Hier soir, veille du mercredi (jour habituel de ces grands raouts internationaux qu’il affectionne tant), il s’adresse de nouveau aux Français depuis l’Élysée sur la situation en Iran… pour ne rien dire de réellement différent, ne ratant ainsi aucune occasion de se mettre en scène.
Et le nez rouge vient de se muer en Néron.
En effet, la légende prête à l’empereur romain du Ier siècle après Jésus-Christ, rendu complètement fou et démagogue par l’exercice absolu du pouvoir, accusé d’avoir fait brûler Rome pour la reconstruire à son goût, et, selon d’autres historiens, pour ne surtout pas renoncer à un trône devenu illégitime. Ce n’est plus une image : c’est un danger mortel pour la France et pour l’humanité.
Les derniers sondages MIS Group pour France-Soir/BonSens.org de février 2026 sont sans appel :
73 % des Français jugent Emmanuel Macron « mauvais président »,
58 % exigent sa démission (dont 41 % « au plus vite »),
78 % estiment qu’il n’agit pas dans l’intérêt de la population,
65 % ont honte de leur président.
Ce rejet massif est nourri par le déclassement évident de la France sur la scène internationale : influence perdue en Afrique, diplomatie réduite au rôle de supplétif des aventures américano-israéliennes, économie exsangue et image de vassalisation. Jamais un chef d’État de la Ve République n’avait été rejeté à ce point. Les Français ne disent plus « il nous ment ». Ils disent, massivement : il n’est plus légitime.
Et lundi, depuis l’Île Longue, le regard qui semblait habité par cette « folie » qui ne le quitte plus, il a franchi le Rubicon :« J’ai décidé d’augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour être libre, il faut être craint. […] En ma qualité de Président de la République, je n’hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux. »
Phrase glaçante.
L’homme qui monétise les dividendes du gaullisme sans en avoir jamais payé le prix se prend désormais pour le nouveau maître de l’Apocalypse.
Or, une étude scientifique publiée en juillet 2025 dans BMC Research Notes vient de démontrer que, sur 51 dirigeants décédés des neuf États nucléaires, 45 % présentaient des pathologies graves ayant altéré leur capacité à gouverner : maladies cardiovasculaires, dépressions sévères, troubles de la personnalité, addictions, et surtout déclin cognitif. 17 % sont morts en fonction. 38 % ont quitté le pouvoir pour des raisons de santé qui avaient déjà compromis leur jugement.
Dans le même temps, malgré ses engagements solennels de campagne en 2017 et 2022 (« je rendrai publique sans exception et sans hésitation toute information susceptible d’avoir des conséquences sur ma capacité à diriger le pays »), Emmanuel Macron n’a publié aucun bulletin de santé officiel depuis décembre 2020.
Pire : quand France-Soir a simplement exigé, par voie d’huissier, que Jean-Christophe Perrochon , médecin de la présidence, honore cette promesse, afin de faire savoir aux Français si Emmanuel Macron était apte, l’Élysée a répondu par des menaces de poursuites judiciaires.
Un président dont on ignore tout de l’état physique et mental détient seul le code de l’arme nucléaire. N’est-ce pas de la folie pure ? C’est exactement pour cela que la Constitution de 1958 est devenue une aberration démocratique : 97 % des Français ont moins de 90 ans. Autrement dit, 97 % d’entre nous subissons une Constitution que nous n’avons jamais approuvée.
Nos politiciens majeurs, tous partis confondus et dirigeants actuels en tête, tous affirment haut et fort que la France est une démocratie. Et bien qu’ils le prouvent ! Qu’ils soumettent à l’approbation du peuple de France, la légitimité du texte normatif qui, directement ou indirectement, régit la totalité de la vie des Français : la Constitution du 4 octobre 1958.
De Gaulle lui-même, après avoir doté la France de la bombe, n’a pas osé graver dans le marbre qu’un seul homme – fût-il le président – pouvait décider seul de l’apocalypse sans en référer au peuple qui la subirait en retour.
Aujourd’hui, face à un Néron du XXIe siècle qui multiplie les discours grandiloquents au moment précis où Israël et les États-Unis bombardent l’Iran au prétexte (encore une fois ?) d’une « menace nucléaire », la question n’est plus politique. Elle est existentielle.
La seule réponse digne d’un peuple souverain est claire : référendum.
Référendum sur la Constitution de 1958.
Référendum sur qui décide, en dernier recours, de l’usage de l’arme nucléaire.
Référendum sur la souveraineté retrouvée.
Le peuple français n’est pas un pion sur l’échiquier des puissants.
Il est le souverain. Et quand le souverain se réveille, aucun empereur, fût-il maquillé en Jupiter et accro au micro, ne lui résiste.

(1) Un observateur averti à la Cour me fit remarquer que le mercredi soir était le jour du « dîner de cons ».