À bord du TGV chinois, par Arsène Ruhlmann (Le Monde diplomatique, mars 2026)


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Bai Xuefei. – Train touristique à destination de la ville de Chengde, en gare de Pékin, 2025

© Bai Xuefei / XINHUA-REA

Pour le voyageur étranger qui ne s’était pas rendu en Chine depuis plus de vingt-cinq ans, le choc est considérable. La gare TGV du plus ancien aéroport de Shanghaï, Shanghaï-Hongqiao, ressemble à s’y méprendre à un troisième terminal. Gigantesque, accessible uniquement aux voyageurs munis d’un billet, moderne, confortable, dotée de commerces variés et de restaurants bon marché, il s’agit de l’archétype de la gare TGV chinoise. Tout y fait penser à un hall d’aéroport : la disposition des sièges d’attente, les portes d’embarquement qui mènent aux quais, le panneau d’affichage surmonté de son horloge de marque suisse… On est frappé par la qualité du design des espaces, des signalétiques d’information et des cheminements.

Le « grand bond en avant » technologique du rail chinois est indéniable : il nous avait fallu près de deux heures en 1997 pour parcourir les 85 kilomètres qui séparent Shanghaï de Suzhou. La vitesse moyenne des trains chinois était alors de 48 kilomètres-heure. En 2006, le XIe plan quinquennal donne le coup d’envoi du réseau à grande vitesse, organisé de manière méthodique en « quatre [lignes] verticales, quatre horizontales », ce qui n’est pas sans rappeler les plans orthogonaux de l’Empire romain ou le modèle des villes impériales chinoises. Ce projet, initialement centré sur la « Chine utile » (Pékin, Shanghaï, Chengdu, Chongqing…), est ensuite étendu. Inauguré en 2008, le réseau de lignes à grande vitesse (LGV) chinois atteint 18 000 kilomètres dès 2012. Début 2025, il affiche 46 000 kilomètres, soit les trois quarts du réseau à grande vitesse de la planète, et ambitionne d’atteindre 70 000 kilomètres d’ici à dix ans. Les autorités annoncent désormais leur volonté de rattacher chacune des 333 villes-préfectures de Chine à une LGV. Passée à 70 kilomètres-heure en 2011, la vitesse moyenne de circulation des trains chinois avoisine les 100 kilomètres-heure désormais. Et les deux heures nécessaires pour relier Shanghaï et (…)

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