Offensive vent arrière contre la coopération médicale de la révolution cubaine


L’offensive tous azimuts de l’administration Trump contre la Révolution cubaine ne chôme pas un instant. Comme je l’ai déjà signalé, contre elle tout est bon. Peu importe que d’autres peuples en pâtissent. La tentative d’interrompre la coopération médicale cubaine dans des pays du Sud global ne date pas d’aujourd’hui et prend différentes formes ; elle frappe même le Premier Monde (cf. article récent sur la Calabre).

Un simple exemple : l’administration Bush promulguait en septembre 2006 le Cuban Medical Professional Parole, dont l’objectif était tout simplement de faire déserter les médecins de ces brigades, surtout au Venezuela, au Nicaragua et en Bolivie où ils étaient les plus nombreux, en leur faisant des ponts d’or aux États-Unis. Ce programme était coordonné par le département d’État et par le département de la Sécurité nationale. Ça, c’est avant que les ennemis de la Révolution cubaine aient inventé l’accusation selon laquelle les coopérants sont engagés dans des conditions d’esclavage…

Bilan partiel de la coopération médicale cubaine : plus de 605 000 personnels de santé dans 165 pays, 17 millions d’opérations chirurgicales, plus de 1,9 milliard de consultations ; plus de 2,3 milliards de patients. Vies sauvées : 12 millions.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Cuba a formé gratuitement 27 000 étudiants de médecine de 90 pays (Europe, Asie, Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient et États-Unis).

Apparemment, l’administration Trump a remis le paquet, puisqu’en une semaine, le Guatemala, le Honduras et tout dernièrement la Jamaïque (cf. communiqué ci-dessous) ont résilié les accords de coopération médicale avec Cuba. À un moment donné, la Dominique a décidé de ne plus engager de médecins cubains qu’à titre individuel.

Et, voilà à peine quelques jours, le gouvernement équatorien a déclaré persona non grata tout le personnel diplomatique cubain, lui donnant 48 h pour sortir du pays, sans apporter la moindre justification ni raison à un geste aussi grave qui revient sans le dire à une rupture des relations diplomatiques.

Si la résiliation des accords de coopération médicale entraîne un manque à gagner pour la Révolution cubaine, on ne voit pas très bien, sauf acoquinement idéologique avec Trump, quel peut être l’intérêt de cette mesure pour l’Équateur et son gouvernement. Va-t-on voir Milei en Argentine et le prochain président d’extrême-droite au Chili s’engager sur cette même voie ? Ou, alors, comme je viens de le signaler, l’expulsion des coopérants cubains fera-t-il partie des « conditions » que Trump imposera au gouvernement vénézuélien actuel pour améliorer les relations bilatérales ?

Trump va réunir demain (samedi 7 mars), dans sa villa de Miami, ses plus fidèles toutous latino-américains : Argentine (Milei), Paraguay (Santiago Peña), Bolivie (Rodrigo Paz), El Salvador (Nayib Bukele), Équateur Daniel Noboa et Honduras (Tito Asfura), et on peut s’attendre à des décisions contre la Révolution cubaine. Le « sommet » porte un nom belliqueusement guerrier : Bouclier d’Amérique, et vise, selon la mignonne porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt (avez-vous remarqué qu’avec Trump, elles ont toutes un joli minois, même si leurs compétences sont extrêmement réduites ? Relents d’Epstein ?) à « promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité de notre région », mais surtout à freiner l’expansion de la Chine dans la chasse-gardée étasunienne. On ignore pourquoi la moitié des invités (ils étaient douze au départ) a fait faux bond : le Chili, le Costa Rica, la République dominicaine, le Panama et Trinité-et-Tobago.

Jacques-François Bonaldi

(La Havane, le 6 mars 2026)

CUBA REGRETTE QUE, CÉDANT AUX PRESSIONS DES ÉTATS-UNIS, LE GOUVERNEMENT JAMAÏQUAIN AIT ARRÊTÉ LA COOPÉRATION MÉDICALE

Le ministère des Relations extérieures de la République de Cuba fait savoir que le ministère des Affaires étrangères de la Jamaïque a, le 4 mars, informé notre ambassade dans ce pays de la décision unilatérale de son gouvernement de résilier l’accord de coopération en matière de santé qui liait les deux nations depuis des décennies.

En prenant cette mesure, le gouvernement jamaïcain cède aux pressions de l’administration étasunienne que les besoins sanitaires de nos frères caribéens n’intéressent pas.

Cuba regrette profondément que l’on fasse ainsi table rase d’une histoire de coopération fructueuse et soutenue, qui a apporté d’innombrables bienfaits au peuple jamaïcain, et que l’on prive désormais celui-ci des soins de santé primaires et spécialisés fournis par les coopérants cubains.

Compte tenu de la mesure prise par le gouvernement jamaïcain, le gouvernement cubain a pris la décision souveraine de rappeler la Brigade médicale cubaine. Ces professionnels de santé laissent une empreinte indélébile et rentrent à Cuba satisfaits d’avoir rempli leur devoir et constamment disposés à apporter leur aide là où leur vocation de solidarité sera requise.

Le travail de Cuba en Jamaïque est un exemple éloquent de coopération authentique. Rien que ces trente dernières années, plus de 4 700 coopérants cubains y ont apporté une assistance médicale. La Brigade était composée à ce jour de 277 professionnels, dont le travail a eu un effet tangible et profond sur le renforcement du système de santé jamaïcain.

Les résultats historiques de cette coopération parlent d’eux-mêmes :

· Plus de 8 176 000 consultations.

· 74 302 interventions chirurgicales.

· 7 170 accouchements.

· Plus de 90 000 vies sauvées.

De plus, grâce au programme Opération Miracle, lancé en 2010, près de 25 000 Jamaïcains ont retrouvé la vue ou l’ont améliorée. Par ailleurs, la coopération cubaine a été décisive dans des projets de contrôle et de prévention de maladies telles que le paludisme et dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Le dernier exemple de ce dévouement remonte au passage de l’ouragan Melissa, qui a gravement frappé l’île. Dans ces circonstances difficiles, les membres de la Brigade médicale cubaine sont restés fermement à leurs postes, beaucoup ayant travaillé plus de 72 heures d’affilée et participé activement aux travaux de rétablissement des hôpitaux et des communautés.

Fidèle aux relations historiques de fraternité et de solidarité qui nous lient à la Jamaïque, Cuba ratifie son engagement indéfectible envers le peuple jamaïcain, qui pourra toujours compter sur sa coopération désintéressée.

La Havane, 6 mars 2026.

(Tiré de CubaMinrex)

http://www.cubadebate.cu/noticias/2026/03/06/cuba-lamenta-decision-del-gobierno-de-jamaica-de-cesar-cooperacion-medica-cediendo-a-presiones-de-ee-uu/



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