Dans le monde fascinant de la science et de la technologie, une entreprise australienne nommée Cortical Labs vient de réaliser une prouesse étonnante : des cellules du cerveau humain, cultivées en laboratoire ont appris à jouer à un jeu vidéo classique comme Doom. Cette découverte, qui mélange biologie et informatique, ouvre des portes vers un avenir où les ordinateurs pourraient être faits de tissus vivants. Décryptage de ce qui a été accompli, comment cela fonctionne, et ce que cela pourrait signifier pour nous tous.

Ce que Cortical Labs a réalisé
Cortical Labs est une société basée en Australie qui se concentre sur ce qu’on appelle le « calcul biologique ». Cela signifie qu’ils utilisent des cellules vivantes, comme celles du cerveau, pour créer des systèmes qui peuvent penser et apprendre un peu comme nous. Leur dernier projet, appelé CL1, est un ordinateur spécial qui intègre entre 200 000 et 800 000 cellules cérébrales humaines. Ces cellules proviennent de cellules souches, qui sont des cellules de base que l’on peut transformer en n’importe quel type de cellule, et elles sont cultivées sur une petite puce équipée d’électrodes. Ces électrodes sont comme des fils minuscules qui envoient et reçoivent des signaux électriques.

Pour faire jouer ces cellules à Doom, un jeu vidéo où l’on combat des monstres dans un monde en trois dimensions, les scientifiques ont connecté les cellules à un ordinateur ordinaire. L’ordinateur traduit l’action du jeu en signaux électriques que les cellules peuvent comprendre, comme la position des ennemis ou des obstacles. En retour, les cellules envoient des signaux qui contrôlent le personnage du jeu : par exemple, se déplacer à gauche, à droite, tirer ou avancer. C’est un peu comme si les cellules « voyaient » le jeu et décidaient quoi faire.

L’apprentissage se passe de manière naturelle. Les cellules reçoivent des « récompenses » sous forme de signaux agréables quand elles réussissent, comme tuer un ennemi, et des corrections quand elles échouent. Contrairement aux ordinateurs normaux qui utilisent des programmes complexes pour apprendre, ces cellules s’organisent toutes seules pour s’améliorer. Sean Cole, un développeur indépendant a adapté le jeu en utilisant un langage de programmation simple, et il a fallu environ une semaine pour entraîner le système.

Pour l’instant, les cellules ne sont pas des championnes – elles font mieux que des actions au hasard, mais pas aussi bien qu’un joueur humain expérimenté. Pourtant, c’est une grande étape, car Doom est beaucoup plus compliqué que leur premier essai avec le jeu Pong en 2021.
Les utilisations possibles de cette technologie
Cette invention n’est pas juste pour s’amuser avec des jeux vidéo. Elle pourrait changer beaucoup de choses dans la vie quotidienne et la science. Par exemple, on pourrait l’utiliser pour étudier les maladies du cerveau, comme Alzheimer ou Parkinson, en testant des médicaments directement sur ces cellules humaines sans risquer la vie de personnes ou d’animaux. Cela accélérerait la recherche médicale en simulant comment le cerveau réagit en temps réel.

À plus long terme, ces ordinateurs biologiques pourraient aider dans des tâches informatiques courantes, comme analyser de grandes quantités de données ou reconnaître des formes et des patterns, mais en consommant beaucoup moins d’énergie que les ordinateurs actuels. Imaginez des appareils plus écologiques pour l’intelligence artificielle, qui apprennent vite sans besoin d’énormes machines.
L’énergie et le coût nécessaires
Un des grands avantages de cette technologie est qu’elle est très économe. Un ensemble complet de 30 unités de CL1 utilise entre 850 et 1 000 watts d’électricité, ce qui est à peu près autant qu’un ordinateur puissant ordinaire. Pour comparer, le cerveau humain ne consomme que 20 watts pour faire des choses incroyables, tandis que former une intelligence artificielle moderne peut demander des millions de watts. Cela signifie que ces systèmes biologiques pourraient être des milliers de fois plus efficaces en énergie que les puces électroniques traditionnelles.

Côté prix, chaque unité CL1 coûte 35 000 dollars, mais si on en achète beaucoup, le prix descend à 20 000 dollars par unité. L’entreprise propose aussi un service en ligne, appelé « Wetware-as-a-Service », pour 300 dollars par semaine par unité. C’est accessible pour les chercheurs ou les entreprises qui veulent tester sans tout acheter.

Les conséquences pour d’autres domaines et les liens avec l’IA et l’informatique quantique
Cette découverte pourrait influencer de nombreux autres secteurs. Dans la médecine, elle permettrait de créer des traitements sur mesure pour les problèmes neurologiques, en réduisant l’impact sur l’environnement grâce à une moindre consommation d’énergie. Dans l’industrie, elle pourrait optimiser des processus comme la reconnaissance d’images ou la simulation de scénarios complexes.
En lien avec l’intelligence artificielle (IA), ces ordinateurs biologiques sont comme une version inspirée du cerveau humain. L’IA actuelle a besoin de montagnes de données et d’énergie pour apprendre, mais les cellules biologiques font cela naturellement et efficacement. Cela pourrait révolutionner comment on crée des IA plus intelligentes et plus vertes.

Quant à l’informatique quantique, qui utilise des principes de physique très avancés pour calculer plus vite, les liens sont plus subtils mais excitants. La biologie pourrait intégrer des effets quantiques, comme dans les cellules du cerveau, pour simuler des choses compliquées comme le fonctionnement des protéines. À l’inverse, les ordinateurs quantiques pourraient modéliser ces réseaux de cellules pour améliorer l’IA.
Les questions éthiques : est-ce juste de faire ce genre de recherche ?
Cette recherche pose des questions morales, un peu comme les études sur les « gains de fonction » en virologie, où on modifie des virus pour mieux les comprendre, mais avec le risque qu’ils deviennent plus dangereux. Ici, créer des systèmes vivants intelligents pourrait être utilisé pour le bien ou pour le mal. Cortical Labs travaille avec des experts en éthique pour mettre en place des règles, mais on s’inquiète : ces cellules pourraient-elles « souffrir » ? D’où viennent-elles exactement, et les donneurs ont-ils donné leur accord ?

Est-ce éthique ? Comme pour les recherches sur les virus, les avantages – comme des avancées médicales ou des technologies plus durables – doivent l’emporter sur les risques, avec des contrôles stricts.
Imaginons des scénarios. Dans de bonnes mains, un gouvernement ou une entreprise responsable pourrait utiliser cela pour guérir des maladies neurologiques, réduire la pollution des centres de données, ou mieux comprendre l’apprentissage pour améliorer l’éducation. Par exemple, simuler des cerveaux pour tester des remèdes sans danger.

Mais dans de mauvaises mains, un groupe mal intentionné pourrait créer des armes mixtes biologiques et informatiques, comme des drones contrôlés par des cellules modifiées pour des attaques. Ou pire, exploiter ces cellules pour des expériences cruelles, menant à des systèmes vivants qui « souffrent » ou deviennent incontrôlables, comme dans un film de science-fiction.

Vers un futur hybride entre biologie et technologie
En résumé, la réussite de Cortical Labs avec des cellules cérébrales jouant à Doom marque le début d’une ère où la biologie et l’informatique se fondent pour créer des outils plus intelligents et plus verts. Pour les néophytes comme nous, cela signifie des progrès potentiels en médecine et en environnement, mais aussi la nécessité de réfléchir aux implications éthiques.
Avec une régulation appropriée, cette technologie pourrait transformer notre monde pour le mieux, en nous rappelant que l’innovation doit toujours servir l’humanité. Restons attentifs à ces avancées qui redéfinissent ce que signifie « penser » dans une machine.

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