
Photo d’opposants iraniens tués lors de la repression, diffusée par erreur par le secrétariat général des Nations unes comme celle d’Iraniens tués par Israël
Je vous écris pour vous faire part de la profonde inquiétude et de la grande déception suscitées par un message publié hier, le 1er mars 2026, sur votre compte X officiel, dans lequel vous vous déclarez profondément alarmée par les informations faisant état d’une attaque ciblant des écoles iraniennes qui aurait fait un grand nombre de victimes, principalement des enfants. Le message a gagné en portée après avoir été relayé par le compte officiel de votre Bureau, ce qui a conféré toute l’autorité et le soutien de l’Organisation des Nations Unies à son contenu (voir pièce jointe).
Votre message était accompagné d’une image choquante montrant des civils iraniens cherchant leurs proches parmi des rangées de sacs mortuaires. Il est à noter que vous n’avez pas cité la source de la photographie, ni indiqué la date ou les circonstances dans lesquelles elle a été prise.
Un simple examen rapide des informations accessibles au public montre que l’image que vous avez choisie de diffuser n’a aucun rapport avec les allégations citées dans votre message. Selon les informations publiques disponibles sur Internet, cette photographie a été prise à la mi-janvier 2026 dans la ville de Kahrizak (Iran) et montre des familles iraniennes à la recherche de proches parmi les victimes de la répression brutale menée par le Corps des gardiens de la révolution islamique contre des manifestants protestant contre le régime iranien. Les victimes représentées n’avaient pas succombé à une prétendue attaque contre des écoles, et n’étaient pas non plus des enfants. Il s’agissait plutôt de civils, des manifestants opposés au Corps des gardiens de la révolution islamique, dont les seules revendications étaient la liberté et les droits fondamentaux.
Cette image a été reprise plusieurs fois dans des reportages diffusés en janvier 2026, qui l’ont tous présentée comme une preuve du massacre des manifestants perpétré à Kahrizak par le régime iranien. Le fait que vous et votre Bureau ayez décidé de réutiliser cette photographie dans un contexte totalement différent constitue un cas de diffusion d’informations fausses et trompeuses, qui revient à faire la promotion d’informations fallacieuses et de la désinformation sous la bannière de l’Organisation des Nations Unies et risque d’attiser les tensions, d’alimenter les théories du complot et de polariser davantage des débats déjà tendus.
Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé. L’État d’Israël exprime depuis longtemps les vives inquiétudes que suscitent l’objectivité, la méthodologie et la crédibilité du mécanisme de l’Organisation des Nations Unies relatif aux enfants en situation de conflit armé et votre Bureau. Depuis des années, on trouve régulièrement des chiffres non vérifiés et exagérés dans le rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, lequel présente ainsi un récit déformé et politisé qui nuit à son intégrité et à sa crédibilité. Le comportement constaté hier ne fait que renforcer le profond manque de confiance d’Israël envers le professionnalisme et la neutralité de votre Bureau.
Le fait que vous ayez choisi de supprimer le message publié sur X après la révélation publique de cette manipulation et que vous n’ayez présenté aucune mise au point, correction ou excuse en dit long. Face à une faute aussi grave, il est inacceptable de garder le silence. L’application du principe de responsabilité n’est pas facultative pour les hauts fonctionnaires de l’Organisation des Nations Unies ; il s’agit d’une composante essentielle de leur mandat.
Il est particulièrement troublant que le même jour, le 1er mars 2026, le Corps des gardiens de la révolution islamique ait lancé des missiles balistiques sur des centres urbains civils en Israël et sur d’autres pays de notre région. En Israël, des civils innocents, y compris des enfants, ont été blessés et tués. Vous n’avez pas condamné ces actes, que ce soit à titre personnel ou par l’intermédiaire de votre Bureau, conduite qui détonne fortement avec votre empressement à diffuser des allégations non vérifiées accompagnées d’images trompeuses. Votre communication sélective ne fait qu’éroder la crédibilité déjà mise à mal de votre Bureau et soulève de graves questions quant à son impartialité.
Je vous demande donc de publier sans délai une mise au point publique et des excuses officielles confirmant que le message en question était fondé sur des informations fausses et trompeuses et que l’image diffusée par votre Bureau n’avait aucun rapport avec les allégations non vérifiées que vous avez formulées.
Je vous informe qu’une copie de la présente lettre a été adressée au Secrétaire général, au Représentant permanent des États-Unis d’Amérique auprès de l’Organisation des Nations Unies et au Président du Conseil de sécurité.
J’ai également l’intention de demander au Président du Conseil de sécurité de faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.