Cuba et le nazi-facisme


DE 2003 À 2026, DE BUSH A TRUMP, QUELLE DIFFÉRENCE POUR CUBA ?

Dans le cadre de l’année consacrée officiellement à Fidel à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance (13 août 1926), la télévision cubaine plonge dans les archives audiovisuelles de la nation (en particulier celles enregistrées au Centre Fidel Castro Ruz) et propose de courts fragments très significatifs de ses interventions à la tête du pays. C’est l’occasion rêvée – pour ceux d’entre nous qui les avons vécus, et surtout pour une bonne partie de la population née plus tard, puisque Fidel renonce à la vie publique fin juillet 2006 et meurt le 25 novembre 2016, soit quasiment une génération entière – de revivre de grands moments (et ils sont nombreux !) qui ont marqué l’histoire de la Révolution, dont il a été, pour ainsi dire, le « grand reporter » par ses analyses et descriptions minutieuses.

Cette année 2026 a débuté sous le signe des événements du 3 janvier à Caracas, de sorte que la tension, qui n’a cessé de caractériser les rapports entre la Révolution cubaine et les différentes administrations étasuniennes, a monté d’un cran, voire de plusieurs, d’autant que le méprisable et méprisant personnage de passage pour encore trois ans à la Maison-Blanche n’a pas hésité à affirmer que, tous les nombreux moyens de pression n’ayant eu aucun effet sur la Révolution cubaine, la seule façon de s’en débarrasser était « d’entrer et de tout bazarder » !

Ces jours-ci, la télévision nous a remis en mémoire et sous les yeux la fin du discours que Fidel a prononcé le 1er mai 2003 sur la place de la Révolution. On croit rêver ! Vingt-trois ans plus tôt, on retrouve exactement le même scénario qu’en janvier-février 2026 ! Ce n’est pas Trump, c’est Bush, mais c’est du pareil au même : celui-ci, après le 11 septembre 2001, était parti alors en guerre dans « tous les coins perdus du monde » pour censément protéger son pays du terrorisme mondial ; celui-là est maintenant en guerre contre le monde entier pour sauver l’Empire. A la Maison-Blanche, en 2003 et en 2026, on se demande comment liquider par la force la Révolution cubaine. Les deux présidents se considèrent des vainqueurs : Bush, à peine deux mois plus tôt, le 20 mars, avait envahi l’Irak et renversé Saddam Hussein quasiment sans coup férir ; Trump, lui, voilà un peu plus d’un mois, a pensé liquider la Révolution bolivarienne en séquestrant tel un bandit de grands chemins Nicolás Maduro et sa femme, et porter un coup mortel à la Révolution cubaine. Tous deux se sentent en position de force. Rien ne peut les arrêter.

En mai 2003, la Révolution cubaine, elle, était depuis plusieurs mois en butte à une campagne de déstabilisation orchestrée, pour ne pas changer, depuis l’extérieur, autrement dit les États-Unis, et, de l’intérieur, par le chef de la Section des intérêts, un certain Cason, dont les instructions étaient, de toute évidence, de faire l’impossible pour empoisonner les relations entre les deux pays. (C’est aussi – nouvelle coïncidence – celles qu’a reçues le chargé d’affaires qui fait aujourd’hui fonction d’ambassadeur, un certain Hammer, un personnage médiocre, mais très actif auprès de tout ce qu’il peut y avoir de dissidence à Cuba, et qui peut aussi jouer maintenant à sa guise sur les réseaux sociaux, inexistants à Cuba en 2003.)

Les terroristes du dehors et les dissidents du dedans étaient excités par la perspective que, dans la foulée de ses menaces et de ses actions contre l’Irak, Bush allait enfin prendre la décision qu’ils attendent depuis toujours : une attaque directe des États-Unis. Les actions, depuis des mois, s’étaient traduites par des sabotages, des détournements d’avions et de bateaux, des assassinats, meurtriers et pirates de la mer ou de l’air trouvant bien entendu refuge de l’autre côté du détroit de la Floride. Jusqu’au jour où les autorités cubaines ont dit : Ça suffit ! et ont condamné à la peine capitale les auteurs du détournement d’un bateau (mars 2003). Bien entendu, tout ce que le monde occidental compte de bien-pensants s’est récrié devant cette abomination, la France et l’Union européenne ont pris des mesures de rétorsion, etc., etc. Je ne vais pas faire l’historique de ces moments-là, Internet est là pour ça pour ceux qui souhaitent en savoir plus [1].

Je tiens seulement à souligner à quel point, curieusement, les situations de l’une et l’autre époque se ressemblent : la lourde aggravation des tensions entre Cuba et les États-Unis avec risque de conflit à la clef. L’arracheur de dents de la Maison-Blanche, qui s’entête à prendre ses mots pour des réalités, vient de dire, le vendredi 27 février, qu’il prépare « une prise de contrôle pacifique » de Cuba ! Et il continue d’affirmer, malgré les dénégations réitérées de la partie cubaine, que des négociations sont en cours…

Fidel, donc, prend la parole le 1er mai 2003 devant des centaines de milliers de Cubains. Et c’est de tout cela dont il parle. La Révolution cubaine étant menacée, il commence par en faire le bilan, puis il en tire les conséquences logiques : ces énormes acquis et conquêtes, nous devons les défendre jusqu’au bout et nous les défendrons coûte que coûte. Je vous laisse lire sa plaidoirie. Elle parle d’elle-même ! Pas question de reddition ! La leçon que la Révolution cubaine n’a cessé de donner et qu’elle continue de donner est claire : On ne cède pas sur les principes qui la sous-tendent. Ce qui rejoint le « Nous n’avons rien à négocier » de Diaz-Canel en janvier dernier…

Jacques-François Bonaldi (La Havane), 7 mars 2026


FIDEL CASTRO : CUBA ET LE NAZI-FASCISME

Illustres invités ;

Chers compatriotes,

Voilà maintenant quarante-quatre ans que notre peuple héroïque lutte depuis une petite île des Antilles à quelques kilomètres de la puissance impériale la plus colossale que le monde ait connue. Écrivant par là une page sans précédent dans l’Histoire. Parce que la lutte n’a jamais été aussi inégale.

Ceux qui croyaient que l’ascension de l’Empire au statut d’unique superpuissance, dotée d’un pouvoir militaire et technique sans contrepoids sur la planète, apeurerait ou découragerait le peuple cubain, sont bien forcés de s’étonner devant le courage multiplié de ce peuple valeureux. Un jour pareil, date glorieuse pour les travailleurs qui évoque la mort des cinq martyrs de Chicago, je déclare au nom du million de Cubains réunis ici que nous ferons face à toutes les menaces, que nous ne céderons devant aucune pression et que nous sommes prêts à défendre la patrie et la Révolution par les idées et par les armes jusqu’à la dernière goutte de notre sang. (Applaudissements.)

En quoi Cuba est-elle fautive ? Quel homme honnête aurait des raisons de l’attaquer ?

C’est en versant son propre sang et en arrachant les armes à l’ennemi que son peuple a renversé une tyrannie cruelle imposée par le gouvernement étasunien et dotée d’une armée de quatre-vingt mille hommes.

Elle a été le premier territoire à se libérer de la domination impérialiste en Amérique latine et dans les Caraïbes, et elle reste le seul pays du continent où, dans l’histoire post-coloniale, les tortionnaires, les assassins et les criminels de guerre qui ôtèrent la vie de dizaines de milliers de personnes furent punis de manière exemplaire.

Sa Révolution a récupéré et remis toutes les terres aux paysans et aux travailleurs agricoles. Elle a mis les ressources naturelles et les industries et les services essentiels aux mains de leur vrai propriétaire : la nation cubaine.

Son peuple, luttant sans trêve jour et nuit, a liquidé en moins de soixante-douze heures l’invasion mercenaire de Playa Girón organisée par le gouvernement des États-Unis, ce qui évita une intervention militaire directe de celui-ci et une guerre aux conséquences incalculables. La Révolution comptait d’ores et déjà sur l’Armée rebelle, plus de quatre cent mille armes et des centaines de milliers de miliciens.

Cuba a fait face dans l’honneur et sans la moindre concession au péril de se voir attaquée par des dizaines de missiles nucléaires en 1962.

Elle a fait pièce à la sale guerre étendue à tout le pays et qui a coûté plus de vies que n’en avait coûté la guerre de libération elle-même.

Elle a supporté sans broncher des milliers de sabotages et d’actes terroristes organisés par le gouvernement des États-Unis.

Elle a fait échouer des centaines de plans d’assassinat visant des dirigeants de la Révolution.

En butte à un blocus rigoureux et à une guerre économique qui ne l’est pas moins et qui durent depuis quasiment un demi-siècle, elle a été capable d’éliminer en un an l’analphabétisme que les autres pays latino-américains et les États-Unis eux-mêmes ne sont pas parvenus à supprimer en plus de quarante.

Elle accorde une éducation gratuite à la totalité des petits Cubains.

Elle possède le taux de rétention scolaire – plus de 99 p. 100 pour les neuf premières années – le plus élevé de toutes les nations du continent.

Ses écoliers du primaire occupent la première place au monde en langage et en mathématiques.

Cuba occupe aussi le premier rang au monde d’instituteurs par habitant et d’élèves par salle de classe.

La totalité des petits Cubains atteints de difficultés physiques ou mentales étudient dans des écoles spéciales.

L’informatique est enseignée et les moyens audiovisuels sont utilisés intensivement dans toutes les écoles du pays, urbaines et rurales.

Pour la première fois au monde, tous les jeunes de dix-sept à trente ans qui n’étudiaient ni ne travaillaient peuvent maintenant faire des études et toucher une rémunération de l’État à ce titre.

N’importe quel Cubain peut faire des études, de la maternelle au doctorat, sans avoir à débourser un centime.

La nation compte aujourd’hui trente fois plus de diplômés universitaires, d’intellectuels et d’artistes professionnels qu’au début de la Révolution.

La scolarité moyenne d’un Cubain est au moins de neuf années d’études.

Cuba ne sait même pas ce qu’est l’analphabétisme fonctionnel.

Des écoles de formation d’artistes et d’animateurs culturels existent maintenant dans toutes les provinces du pays, accueillant plus de vingt mille jeunes qui y font des études et épanouissent leurs talents et leur vocation. Des dizaines de milliers d’autres le font dans des écoles d’orientation professionnelle, pépinières des écoles professionnelles.

Les collèges universitaires sont en train de s’étendre à toutes les communes du pays.

Nulle part ailleurs on n’a vu une révolution éducative et culturelle aussi colossale qui fera de Cuba, et de loin, le pays dont le peuple sera le plus instruit et le plus cultivé au monde, car elle croit fermement à l’apophtegme de Martí : « Sans culture, pas de liberté possible. »

Cuba a réduit la mortalité infantile de 60 décès pour 1 000 naissances vivantes à entre 6 et 6,5, la plus faible du continent, des États-Unis à la Patagonie.

Elle a élevé l’espérance de vie de quinze ans.

Elle a éradiqué des maladies infectieuses et transmissibles comme la poliomyélite, le paludisme, le tétanos néonatal, la diphtérie, la rougeole, la rubéole, les oreillons, la coqueluche et la dengue ; elle contrôle totalement d’autres maladies comme le tétanos, la méningite cérébro-spinale, l’hépatite B, la lèpre, la méningite hémophile et la tuberculose.

Les causes de décès dans notre pays sont les mêmes que celles des pays les plus développés : maladies cardiovasculaires, tumeurs, accidents, et d’autres de moindre poids.

Une profonde révolution est en cours dans les services médicaux afin de faciliter l’accès de la population aux établissements de soins, de préserver la vie et de soulager les douleurs.

De profondes études sont menées actuellement pour briser la chaîne des problèmes d’origine génétique, prénataux ou puerpéraux, les alléger ou les réduire au minimum.

Cuba est aujourd’hui le pays qui compte le plus de médecins par habitant au monde, presque le double de celui qui vient après.

Ses centres scientifiques travaillent sans relâche pour chercher des solutions préventive ou thérapeutiques aux maladies les plus graves.

Les Cubains disposeront du meilleur système médical au monde, absolument gratuite, maintenant comme avant.

La sécurité sociale concerne la totalité des habitants de notre pays.

85 p. 100 de la population est propriétaire de son logement, sans avoir à verser le moindre impôt. Les 15 p. 100 restants paient un loyer absolument symbolique, à peine 10 p. 100 du salaire.

La toxicomanie ne touche qu’un nombre infime de personnes, et on lutte résolument contre elle.

La loterie et tous les jeux similaires ont été prohibés dès les premières années de la Révolution afin que nul ne laisse au hasard ses espoirs de progrès.

Notre télévision, notre radio et notre presse ne pratiquent pas la publicité commerciale. Toute promotion concerne des questions de santé, d’éducation, de culture, d’éducation physique, de sport, de loisirs sains, de défense de l’environnement, de lutte contre les drogues, contre les accidents et d’autres problèmes de nature sociale. Nos médias éduquent : ils n’empoisonnent ni n’aliènent. Nul ne rend hommage aux valeurs des sociétés de consommation putrides, ni ne les porte au pinacle.

On ne connaît pas le culte à la personnalité, au point qu’aucune statue, aucune photo officielle, aucune rue et aucune institution n’est consacrée à un révolutionnaire vivant. Les dirigeants sont des hommes, non des dieux.

Notre pays ignore ce que sont les forces paramilitaires ou les escadrons de la mort. On n’a jamais utilisé la violence contre la population, ni recouru à des exécutions extrajudiciaires ni appliqué la torture. Le peuple a toujours soutenu massivement les activités de la Révolution. Ce meeting-ci en est la preuve. (Applaudissements.)

Des années-lumière séparent notre société de celles qui ont prévalu à ce jour dans le monde. La nôtre cultive la fraternité et la solidarité entre les hommes et entre les peuples, dans le pays et à l’étranger.

Elle éduque les nouvelles générations et la population toute entière dans la protection de l’environnement. Les médias servent à la formation d’une conscience écologique.

Notre pays défend fermement son identité culturelle, assimile le meilleur des autres cultures et combat résolument tout ce qui déforme, aliène et avilit.

L’essor d’un sport sain et non professionnel a permis à nos athlètes de décrocher les médailles et les honneurs les plus cotés au monde.

Les recherches scientifiques, mises au service de notre peuple et de l’humanité entière, se sont multiplié des centaines de fois, si bien que d’importants médicaments sauvent aujourd’hui des vies à Cuba et dans d’autres pays.

Nos laboratoires n’ont jamais fait la moindre recherche sur une arme bactériologique ni n’en ont mis au point, ce qui serait en contradiction totale avec la formation que reçoit notre personnel scientifique et avec la conscience qui leur est inculquée.

L’esprit de solidarité internationale ne s’est jamais plus enraciné chez aucun autre peuple.

Notre pays a soutenu les patriotes algériens dans leur lutte contre le colonialisme, bien que cela ait aigri ses relations politiques et économiques avec un pays européen aussi important que la France. Nous avons expédié des armes et des combattants pour défendre l’Algérie contre l’expansionnisme marocain quand le roi de ce pays a voulu s’emparer des mines de fer de Gara-Djebilet, à proximité de Tindouf, dans le sud-ouest algérien.

Une brigade complète de chars a monté la garde, à la demande de la Syrie, de 1973 à 1975, face aux hauteurs du Golan, quand ce territoire lui a été injustement enlevé.

Le dirigeant de la République démocratique du Congo, récemment indépendante, Patrice Lumumba, harcelé de l’étranger, a reçu notre soutien politique. Et nous avons prêté de l’aide à ses successeurs après son assassinat par les puissances coloniales en janvier 1961.

Quatre ans après, en 1965, du sang cubain a coulé à l’ouest du lac Tanganyika où le Che, accompagné de plus de cent instructeurs cubains, a soutenu les rebelles congolais qui se battaient contre des mercenaires blancs au service de Mobutu, l’homme fort de l’Occident, dont on ne sait toujours pas quelles banques européennes conservent les quarante milliards de dollars qu’il a volés.

Du sang d’instructeurs cubains a coulé en Guinée-Bissau et au Cap-Vert quand ils entraînaient et soutenaient les combattants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui luttaient pour l’indépendance de ces colonies portugaises sous la conduite d’Amilcar Cabral.

Tout comme il a coulé quand nous avons soutenu pendant plus de dix ans le MPLA d’Agostinho Neto dans sa lutte pour l’indépendance de l’Angola. Et pendant quinze ans encore, une fois l’indépendance acquise, quand des centaines de milliers de volontaires cubains ont participé à la défense de ce pays face aux troupes des racistes sud-africains qui, de connivence avec les États-Unis et recourant à une sale guerre, ont semé des millions de mines, rasé des villages entiers et assassiné plus d’un demi-million d’Angolais, hommes, femmes et enfants confondus.

Des forces angolaises et namibiennes et quarante mille soldats cubains ont porté le coup de grâce, à Cuito Cuanavale et à la frontière namibienne, au sud-ouest de l’Angola, aux troupes sud-africaines – qui possédaient alors sept bombes nucléaires que leur avait fournies Israël ou que celui-ci les avait aidées à produire en complicité avec le gouvernement étasunien – ce qui a entraîné la libération immédiate de la Namibie et peut-être hâté la fin de l’apartheid de vingt ou vingt-cinq ans.

Pendant quinze ans, Cuba a occupé une place d’honneur dans la solidarité avec le peuple vietnamien héroïque, victime d’une guerre barbare et brutale des États-Unis qui ont tué plus de quatre millions de personnes, sans parler des blessés et des mutilés, qui ont inondé le sol de ce pays de produits chimiques dont les conséquences incalculables se font toujours sentir, sous prétexte que le Viet Nam, un pays pauvre et sous-développé, situé à vingt mille kilomètres de chez eux, constituait un danger pour leur sécurité nationale !

Du sang cubain a aussi coulé au côté du sang de citoyens de plusieurs pays latino-américains, au côté du sang cubain et latino-américain du Che, assassiné sur ordre des agents des États-Unis en Bolivie, après que, blessé au combat et son arme devenue inutilisable par l’impact d’une balle, il a été fait prisonnier.

Du sang d’ouvriers du bâtiment cubains sur le point de conclure un aéroport international vital pour l’économie d’une île aussi minuscule que la Grenade dont l’existence dépendait du tourisme a coulé pour la défendre quand les États-Unis l’ont envahie sous de cyniques prétextes.

Du sang cubain a coulé au Nicaragua quand des instructeurs de nos forces armées révolutionnaires entraînaient les braves soldats de la Révolution sandiniste en lutte contre la sale guerre organisée et armée par les États-Unis.

Et je n’ai pas cité tous les exemples.

Plus de deux mille héroïques combattants internationalistes cubains ont donné leur vie en faisant leur devoir sacré de soutenir la lutte de libération et d’indépendance de peuples frères. (Applaudissements.) Et dans aucun de ces pays-là, Cuba ne possède le moindre bien.

Aucun autre pays à notre époque n’a écrit une page de solidarité sincère et désintéressé aussi brillante !

Cuba a toujours prêché d’exemple. Sans jamais vaciller. Sans jamais vendre la cause d’un autre peuple. Sans jamais faire de concessions. Sans jamais trahir ses principes. Voilà pourquoi, voilà à peine quarante-huit heures, au Conseil économique et social des Nations Unies, elle a été réélue par acclamation (applaudissements) pour trois ans de plus à la Commission des droits de l’homme, dont elle fait partie depuis quinze ans d’affilée ! (Applaudissements.)

Plus d’un demi-million de Cubains ont rempli des missions internationalistes en tant que soldats, enseignants, techniciens, ou médecins et travailleurs de la santé. Des dizaines de milliers de ces derniers ont sauvé des millions de vies tout au long de ces quarante dernières années. De nos jours, trois milles spécialistes de Médecine générale intégrale et d’autres travailleurs paramédicaux exercent dans les endroits les plus reculés de dix-huit pays du Tiers-monde, sauvant chaque année des centaines de milliers de vies, préservant la santé de millions de personnes ou la leur rendant, par des méthodes préventives et thérapeutiques, sans toucher le moindre centime ! (Applaudissements.)

Sans les médecins que Cuba a offerts à l’Organisation mondiale de la santé des Nations Unies au cas où seraient dégagés les fonds nécessaires – sans lesquels la population de nations entières, voire de régions complètes, risque de disparaître en Afrique sub-saharienne – il serait impossible de mettre en œuvre les programmes de lutte indispensables et urgents contre le sida.

Le monde capitaliste développé a créé du capital financier en abondance, mais absolument rien du capital humain dont le Tiers-monde a désespérément besoin.

Cuba a mis au point des techniques d’alphabétisation par radio en cinq langues : créole, portugais, français, anglais et espagnol, d’ores et déjà appliquées dans un certain nombre de pays. Elle est en train de conclure un programme similaire en espagnol, d’une qualité exceptionnelle, par télévision. Ce sont des programmes conçus par Cuba et authentiquement cubains. L’exclusivité du brevet ne nous intéresse pas. Nous sommes prêts à le céder à tous les pays du tiers monde où se concentrent le plus grand nombre d’analphabètes, sans réclamer un centime. Il serait possible, en cinq ans, de réduire de 80 p. 100, à des coûts minimes, la quantité d’analphabètes dans le monde, qui sont huit cent millions.

Quand l’URSS et le camp socialiste ont disparu, nul ne misait un centime sur la survie de la Révolution cubaine. Les États-Unis ont durci leur blocus. Ils ont adopté les lois Torricelli [2] et Helms-Burton [3], cette dernière de caractère extraterritorial. Nos marchés et nos sources d’approvisionnement essentiels ont disparu subitement. La consommation de calories et de protéines a diminué presque de moitié. Le pays a résisté et progressé considérablement sur le terrain social. Il satisfait maintenant à une bonne partie des besoins nutritionnels et progresse à toute allure dans d’autres domaines. Ainsi, même dans des circonstances-là, l’œuvre déjà réalisée et la conscience forgée durant toutes ces années ont fait un miracle. Pourquoi résistons-nous ? Parce que la Révolution a pu toujours compter, compte encore et comptera toujours plus sur le soutien du peuple (applaudissements), un peuple intelligent, sans cesse plus uni, plus cultivé et plus combatif.

Cuba, qui a été le premier pays à se solidariser avec le peuple étasunien le 11 septembre 2001, a été aussi le premier à lancer un avertissement au sujet de la politique néo-fasciste que l’extrême droite au pouvoir à la Maison-Blanche, installée là par fraude en novembre 2000, se proposait d’imposer au monde [4]. Cette politique n’est pas une riposte à l’atroce attaque terroriste dont le peuple étasunien a été victime de la part de membres d’une organisation de fanatiques qui avait servi autrefois d’autres administrations : c’est une politique pensée, conçue et élaborée de sang-froid, ce qui explique le réarmement et les dépenses en armement colossales engagées quand la guerre froide avait pris fin et bien avant les événements de ce fatidique onzième jour du mois de septembre 2001. Ceux-ci ont servi de prétexte idéal pour la mettre en marche.

Le 20 septembre 2001, devant un Congrès bouleversé par les événements tragiques survenus neuf jours plus tôt, le président Bush a recouru à des termes bizarres, parlant de la « justice infinie » comme l’objectif d’une guerre pareillement infinie, semblait-il :

Nous allons utiliser n’importe quelle arme de guerre nécessaire.

Le pays ne doit pas s’attendre à une seule bataille, mais à une longue campagne, à une campagne sans parallèle dans notre histoire.

N’importe quelle nation, n’importe où, doit maintenant prendre une décision : soit elle est de notre côté, soit elle est du côté du terrorisme.

J’ai demandé aux forces armées d’être vigilantes, et il y a une raison à cela : l’heure d’entrer en action approche.

Cette lutte est une lutte de la civilisation.

Les conquêtes de notre temps et l’espérance de tous les temps dépendent de nous.

Nous ignorons le cours que suivra ce conflit, mais nous savons quel en sera le dénouement. (…) Et nous savons que Dieu n’est pas neutre.

Est-ce là un homme d’État qui parlait, ou un fanatique impénitent ?

Deux jours après, Cuba dénonçait ce discours comme la conception d’une dictature militaire mondiale sous l’égide de la force brutale, sans lois ni institutions internationales d’aucune sorte : …L’Organisation des Nations Unies, résolument mise sur la touche dans la crise actuelle, n’aurait ni autorité, ni prérogative ; il n’y aurait qu’un seul chef, qu’un seul juge, qu’une seule loi.

Quelques mois plus tard, le 3 juin 2002, pour le deux-centième anniversaire de l’Académie militaire de West Point, lors de la remise de diplômes à neuf cent cinquante-huit officiers, le président Bush précisait sa pensée dans une harangue enflammée qui contenait ses idées fixes essentielles :

Notre sécurité exigera que nous transformions la force militaire que vous dirigerez en une force militaire qui doit être prête à attaquer immédiatement dans n’importe quel recoin du monde. Et notre sécurité exigera que nous soyons prêts à l’attaque préventive quand il faudra défendre notre liberté et nos vies.

Nous devons découvrir des cellules terroristes dans une soixantaine de pays ou plus.

Nous vous enverrons, vous, nos soldats, là où vous serez nécessaires.

Nous ne laisserons pas la sécurité de l’Amérique et la paix de la planète à la merci d’une poignée de terroristes et de tyrans fous. Nous éliminerons cette menace sinistre de notre pays et du monde.

D’aucuns s’inquiètent qu’il soit peu diplomatique ou peu poli de parler de bien et de mal. Je ne suis pas d’accord. […] Nous sommes face à un conflit entre le bien et le mal, et l’Amérique appellera toujours le mal par son nom. En faisant face au mal et à des régimes anarchiques, nous ne créons pas un problème, nous le mettons à nu. Et nous dirigerons le monde dans la lutte contre le problème.

Le 8 juin 2002, dans l’allocution que j’ai prononcée à la Tribune ouverte de Santiago de Cuba, sur la place de la Révolution Antonio Maceo, devant un demi-million d’habitants, j’ai affirmé :

Comme vous pouvez le constater, pas une seule mention dans ce discours de l’Organisation des Nations Unies, pas une phrase relative au droit des peuples à la sécurité et à la paix, à la nécessité d’un monde régi par des normes et des principes.

L’humanité a connu, voilà à peine deux tiers de siècle, l’amère expérience du nazisme. Hitler a eu pour alliée inséparable la peur qu’il fut capable d’imposer à ses adversaires. […] Une fois à la tête d’une force militaire redoutable, il a déclenché une guerre qui a mis le feu au monde. Ce sont la cécité et la lâcheté des hommes politiques des plus fortes puissances européennes de l’époque qui ont provoqué cette grande tragédie.

Je ne crois pas qu’un régime fasciste puisse s’instaurer de nos jours aux États-Unis. De graves erreurs et injustices – dont beaucoup perdurent encore – se sont commises, certes, dans le cadre de leur système politique, toujours est-il que le peuple étasunien peut faire fond sur des institutions, des traditions, des valeurs éducatives, culturelles et éthiques qui le rendraient quasiment impossible. Le risque réside dans l’arène internationale. Les facultés et les prérogatives d’un président sont telles, le réseau du pouvoir militaire, économique et technique de cet État est si immense que, du fait de circonstances absolument indépendantes de la volonté du peuple étasunien, le monde commence à être régi en réalité par des méthodes et des conceptions nazies.

Les misérables insectes qui vivent dans une soixantaine de nations du monde ou plus choisies par lui et ses collaborateurs intimes, mais, dans le cas de Cuba, par ses amis de Miami, qu’importe ! Ils constituent ces « recoins du monde » qui peuvent faire l’objet de ses attaques « préventives » et de ses blitzkriegs. Cuba, entre autres, qui a été inscrite en plus parmi ceux qui favorisent le terrorisme.

Ainsi donc, j’ai parlé du caractère nazi de cette politique-là un an, trois mois et dix-neuf jours avant l’attaque contre l’Irak.

Peu avant celle-ci, le président Bush a ressassé qu’il utiliserait, le cas échéant, n’importe quelle arme de l’arsenal étasunien, autrement dit nucléaire, chimique et bactériologique.

Avant, on avait eu droit à l’attaque contre l’Afghanistan et à son occupation.

Aujourd’hui, les prétendus « dissidents », mercenaires à la solde du gouvernement étasunien, trahissent non seulement leur patrie, mais aussi l’humanité.

Face aux plans sinistres ourdis contre notre patrie par cette extrême droite néo-fasciste et ses alliés de la mafia terroriste de Miami qui lui ont donné la victoire par la fraude, j’aimerais bien savoir combien de ceux qui, à partir de positions censément de gauche et humanistes, ont attaqué notre peuple à la suite des mesures légales de légitime défense que nous avons été contraints d’adopter face aux plans agressifs de la superpuissance, située à quelques kilomètres de nos côtes et possédant même une base militaire sur notre territoire, ont pu lire mes avertissements, en prendre conscience, dénoncer et condamner la politique annoncée dans les discours prononcés par monsieur Bush auxquels j’ai fait référence et la sinistre politique internationale nazi-fasciste proclamée par le chef du pays possédant la plus redoutable force militaire jamais mise sur pied et dont les armes peuvent détruire dix fois l’humanité sans défense.

Le monde entier s’est mobilisé, horrifié devant des images épouvantables de villes détruites et incendiées par des bombardements atroces, d’enfants mutilés et de cadavres d’innocents déchiquetés.

Faisant fi de groupes de politiciens opportunistes et démagogues que nous ne connaissons que trop, je voudrais m’adresser essentiellement à ceux qui ont été des amis de Cuba et des militants que nous appréciions. Nous ne souhaitons pas que ceux qui l’ont attaquée injustement, de notre point de vue, par désinformation ou faute d’une analyse réfléchie et approfondie, aient à souffrir un jour, si nos villes étaient détruites, si nos enfants et nos mamans, nos femmes et nos hommes, nos jeunes et nos personnes âgées étaient déchiquetés par les bombes du nazi-fascisme, la douleur infinie de savoir que leurs déclarations ont été cyniquement manipulées par les agresseurs pour justifier une attaque militaire contre Cuba.

On ne saurait mesurer les dommages humains par le seul chiffre d’enfants morts et mutilés, mais aussi par les millions d’enfants et de mères, de femmes et d’hommes, de jeunes et de personnes âgées qui en resteraient traumatisés pour le restant de leur vie.

Nous respectons totalement les opinions de ceux qui, pour des raisons religieuses, philosophiques et humanitaires, s’opposent à la peine capitale, que nous, révolutionnaires cubains, nous haïssons tout autant pour des raisons plus profondes que celles qui ont été abordées par les sciences sociales au sujet du crime, aujourd’hui en cours d’étude dans notre pays. (Applaudissements.) Je comprends leur inquiétude spéciale à ce sujet, quand on sait que la majorité des personnes exécutées aux États-Unis sont des Afro-Américains et des Latinos, souvent innocents, en particulier au Texas, champion de la peine de mort, dont le gouverneur était Bush et où jamais personne n’a été gracié.

Placée devant la disjonctive de protéger la vie de millions de personnes en infligeant la peine capitale, inscrite dans les lois, aux trois pirates principaux d’un bateau de passagers – stimulés par l’administration étasunienne qui s’efforce de pousser d’éventuels délinquants de droit commun à détourner des avions et des bateaux, mettant gravement en danger la vie de nombreux passagers et créant les conditions propices d’une agression contre Cuba par le déclenchement d’une vague de détournements alors en pleine essor qu’il fallait stopper net – (Applaudissements) ou de se croiser les bras (Cris de « Non ! »), la Révolution cubaine ne pourra jamais tergiverser : devant protéger la vie des fils d’un peuple décidé à lutter jusqu’au bout, elle se doit d’arrêter des mercenaires qui servent les agresseurs et d’infliger les peines les plus sévères aux terroristes qui détournent des avions et des bateaux de passagers ou qui commettent des faits tout aussi graves et que les tribunaux reconnaissent coupables aux termes de la législation nationale.

Même le Christ, qui chassa les marchands du Temple à coups de fouet, ne pourrait faire d’autres choix que la défense du peuple. (Applaudissements.)

J’éprouve un respect profond et sincère pour le pape Jean-Paul II. Je comprends et admire sa noble lutte en faveur de la vie et de la paix. Nul ne s’est opposé autant et si tenacement à la guerre contre l’Irak. Je suis convaincu qu’il n’aurait jamais conseillé aux chiites et aux sunnites de se laisser tuer sans riposter, pas plus qu’il ne conseillerait rien de semblable aux Cubains. Il sait pertinemment que ce n’est pas un problème entre Cubains, que c’est un problème entre le peuple cubain et le gouvernement étasunien. (Applaudissements.)

La politique du gouvernement étasunien est si provocatrice et impudente que M. Kevin Whitaker, chef du bureau Cuba au département d’État, a dit, le 25 avril dernier, au chef de notre Section des intérêts à Washington que le Bureau de sécurité interne, rattaché au Conseil de sécurité nationale, jugeait que les détournements constants depuis Cuba constituaient une menace sérieuse pour la sécurité nationale des États-Unis et qu’il demandait au gouvernement cubain de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter ce genre de faits, comme si ce n’était pas eux qui ont provoqué et stimulé ces détournements et comme si ce n’était pas nous, en revanche, qui, pour protéger la vie et la sécurité des passagers et parfaitement au courant depuis belle lurette des plans criminels de l’extrême droite fasciste, avons pris les mesures draconiennes pour les empêcher ! Les fuites organisées par eux de ce contact de vendredi dernier ont provoqué une grande liesse dans la mafia terroriste de Miami qui n’arrive pas à comprendre que ses menaces directes ou indirectes contre Cuba n’empêchent personne ici de dormir sur ses deux oreilles. (Applaudissements.)

L’hypocrisie de la politique occidentale et de bon nombre de dirigeants médiocres est si grande qu’elle ne tiendrait pas dans le lit de l’océan Atlantique : quelle que soit la mesure que Cuba adopte au nom de la légitime défense, elle fait la une de presque tous les médias ; en revanche, quand je dénonce que, sous un chef de gouvernement espagnol, des dizaines d’etarras ont été exécutés extrajudiciairement sans que nul n’ait protesté devant la Commission des droits de l’homme des Nations Unies ou ne l’ait dénoncé, ou qu’un autre chef de gouvernement a, à un moment difficile de la guerre du Kosovo, conseillé au président des États-Unis d’intensifier la guerre, de multiplier les bombardements et de viser des cibles civiles, ce qui devait forcément tuer des centaines d’innocents et causer des sacrifices immenses à des millions de personnes, cette même presse se borne à dire : « Castro s’en prend à González et à Aznar. » Sur le fond du problème, pas un mot !

On discute aujourd’hui à Miami et à Washington où, comment et quand on attaquera Cuba ou comment on réglera la question de la Révolution.

Dans l’immédiat, on parle de mesures économiques qui durciraient le blocus brutal, mais on ne sait pas encore lesquelles adopter, avec qui il faudra se résigner à se battre et quelle serait leur efficacité. Il leur en reste bien peu. On les a presque toutes employées.

Une cynique canaille, Lincoln (quel prénom mal porté !) Díaz-Balart, ami intime et conseiller du président Bush, a fait l’énigmatique devant une chaîne de télévision de Miami : « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais nous nous efforçons de briser le cercle vicieux. »

À quelle méthode se réfère-t-il pour gérer ce cercle vicieux en question ? M’éliminer physiquement en utilisant des moyens modernes perfectionnés, comme le sieur Bush le leur avait promis au Texas avant son élection, ou attaquer Cuba à la manière de l’Irak ?

Si c’est le premier choix, peu me chaut, vraiment ! Les idées pour lesquelles je me suis battu ma vie durant ne pourront pas disparaître et vivront fort longtemps. (Applaudissements et slogans de « Fidel, Fidel, Fidel ! »)

Si la formule était d’attaquer Cuba comme l’Irak l’a été, j’en souffrirai beaucoup du fait des coûts humains et des énormes destructions que cela signifierait pour notre pays. Mais ce serait peut-être la dernière des attaques fascistes (applaudissements et cris de : « Ils ne passeront pas ! »), parce que la lutte durerait très longtemps, que les agresseurs devraient faire face non à une armée, mais à des milliers (applaudissements et slogans de : « Fidel, c’est sûr, sur les Yankees cogne dur ! ») qui ne cesseraient de se reproduire et feraient payer à l’agresseur un coût si élevé en vies qu’il serait bien supérieur au budget humain que le peuple étasunien serait disposé à payer pour satisfaire les équipées et les idées du président Bush dont le soutien aujourd’hui majoritaire, mais en chute, se réduirait demain à zéro.

Le peuple étasunien lui-même, les millions de personnes dotées d’une culture élevée qui raisonnent et pensent aux États-Unis, de principes moraux de base, de dizaines de millions d’ordinateurs leur permettant de communiquer entre elles, des centaines de fois plus qu’à la fin de la guerre du Vietnam, finiront par démontrer qu’on ne peut berner tout un peuple, et peut-être même pas une partie, tout le temps. Et ce peuple passera un jour la camisole de force à tous ceux qui le mériteront avant qu’ils ne puissent liquider la vie sur la planète.

Je tiens à envoyer un message au monde et au peuple étasunien au nom du million de personnes réunies ici en ce 1er Mai :

Nous ne souhaitons pas que du sang de Cubains et d’Étasuniens coule dans une guerre. Nous ne désirons pas qu’un nombre incalculable de personnes qui pourraient être amies perdent la vie dans un conflit. Mais jamais un peuple n’a eu des choses si sacrées à défendre, ni des convictions si profondes pour lesquelles lutter, de sorte qu’il préfère disparaître de la Terre plutôt que de renoncer à l’œuvre noble et généreuse pour laquelle de nombreuses générations de Cubains ont payé très cher et ont donné la vie de leurs meilleurs fils ! (Applaudissements prolongés.)

Nous sommes profondément convaincus que les idées peuvent plus que les armes, aussi perfectionnés et puissantes qu’elles soient.

Disons comme le Che quand il nous a fait ses adieux :

Jusqu’à la victoire à jamais ! (Ovation.)



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