la résilience inattendue d’un mouvement que l’on croyait affaibli — RT en français



Le Hezbollah, annoncé affaibli après 2024, a profité du cessez-le-feu pour se reconstruire. Il a adapté ses méthodes et s’est redéployé discrètement dans le sud du Liban. Ses attaques récentes montrent qu’il reste un acteur militaire majeur face à Israël.

Pendant des mois, Israël, Washington et une partie des responsables libanais ont affirmé que le Hezbollah avait été durablement neutralisé. Après la guerre liée à Gaza et le cessez-le-feu de novembre 2024, le mouvement était présenté comme affaibli, voire condamné à disparaître militairement. Pourtant, la reprise des combats depuis début mars démontre une réalité bien différente : loin d’avoir disparu, l’organisation s’est adaptée et reconstituée dans l’ombre.

Dès la trêve entrée en vigueur, le Hezbollah n’a jamais considéré la guerre comme terminée. Cette pause a été perçue comme une opportunité stratégique pour reconstruire ses capacités, réorganiser ses structures et anticiper une nouvelle confrontation jugée inévitable. En quelques semaines, ses cadres affirmaient avoir restauré l’essentiel de leurs moyens, malgré des pertes importantes, notamment dans leur hiérarchie.

Face aux lourds revers subis en 2024, le mouvement a profondément revu son fonctionnement. Ses réseaux de communication, largement infiltrés, ont été abandonnés au profit de méthodes plus rudimentaires mais plus sûres : messagers humains, notes manuscrites et compartimentation des informations. Cette transformation s’inscrit dans un retour à une organisation plus souple, inspirée de ses débuts, avec des unités autonomes capables d’agir sans dépendre d’un commandement central trop exposé.

Sur le terrain, cette stratégie s’est traduite par une réimplantation progressive dans le sud du Liban. Officiellement absent de la zone au sud du Litani, le Hezbollah s’y est néanmoins redéployé discrètement, à travers de petites cellules, réparant ses infrastructures et consolidant ses positions sans visibilité. Cette présence diffuse a rendu la situation particulièrement ambiguë, entre respect formel du cessez-le-feu et préparation active du prochain affrontement.

Plus de 50 attaques en une journée

Malgré la perte partielle de ses lignes d’approvisionnement, notamment via la Syrie, le mouvement a réussi à reconstituer ses stocks, grâce au soutien iranien et à une production locale. Si certaines capacités avancées restent affaiblies, notamment en défense aérienne, ses moyens offensifs demeurent significatifs.

Les événements récents en témoignent : depuis le 2 mars, le Hezbollah a multiplié les tirs de roquettes et de drones contre Israël, atteignant parfois des zones éloignées du front. Le 20 mars, plus de 50 attaques ont été recensées en une seule journée, visant positions militaires, blindés et zones frontalières. Cette intensité montre qu’il conserve une capacité de nuisance importante, en dépit des discours annonçant sa disparition.

Ainsi, l’idée d’un Hezbollah « décimé » apparaît aujourd’hui largement exagérée. Le mouvement a certes subi des pertes sévères, mais il a su transformer cette épreuve en phase d’adaptation. En revenant à une structure plus agile et en exploitant la moindre fenêtre stratégique, il confirme sa capacité de résilience dans un conflit appelé à durer.



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