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À Madagascar, le nouveau gouvernement présenté par la présidence de la Refondation compte 30 ministres et combine continuité avec l’équipe sortante et montée en puissance des profils sécuritaires issus de l’armée, de la police et de la gendarmerie.
Après sa nomination le 15 mars, le nouveau Premier ministre malgache Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison a formé son gouvernement, annoncé dans la soirée du 25 mars. Il s’agit du deuxième exécutif mis en place depuis le lancement de la « refondation de la République » par le président Michaël Randrianirina, arrivé au pouvoir en octobre dernier.
Ancien officier de gendarmerie, le chef du gouvernement dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier (Samifin).
Sa nomination intervient après la dissolution du précédent gouvernement le 9 mars et le limogeage de son prédécesseur Herintsalama Rajaonarivelo, dans un contexte d’exigence de « résultats rapides et précis » fixée par la présidence.
Un gouvernement de 30 ministres
Composé de 30 membres, le nouvel exécutif mêle continuité et rééquilibrage sécuritaire.
Dix-sept ministres de l’équipe précédente sont reconduits, dont ceux de la Justice, de l’Économie et des Finances ou encore des Postes et Télécommunications.
Parallèlement, les postes régaliens liés à la sécurité ont été confiés à des profils issus de l’armée, de la police et de la gendarmerie, traduisant une priorité affichée sur les enjeux sécuritaires.
Le ministère des Affaires étrangères a été confié à Alice N’Diaye, succédant à Christine Razanamahasoa, ex-présidente de l’Assemblée nationale sous la présidence de Rajoelina.
Sur le plan institutionnel, la création d’un ministère de la « Refondation » marque la volonté d’engager une transformation structurelle de l’État.
Un détecteur de mensonge
Lors de la cérémonie de nomination, le président Michaël Randrianirina a insisté sur l’exigence d’exemplarité, avertissant que « l’échec et la corruption constituent des facteurs de démission obligatoire ».
Il a également annoncé l’obligation de déclaration de patrimoine pour les ministres et évoqué le recours à des « nouvelles technologies », dont un détecteur de mensonge, dans le processus de sélection.
« Si un cas de corruption est remonté, le ministre sera déchu immédiatement », a-t-il prévenu.