
Adam Dix. — « The Wishing Well » (Le puits des vœux), 2019
© Adam Dix – Guerin Projects, Londres – Galerie Obsolete, Culver City
Monsieur Nigel Farage s’amuse bien. « Reform n’a pas vocation à recueillir tous les députés conservateurs à la dérive ! » (The Telegraph, 17 janvier 2026). Depuis l’élection générale de juillet 2024, vingt-trois députés ou anciens députés tories ont rejoint les rangs de la formation de droite radicale, placée en tête par les instituts de sondage. Toutes ces recrues — dont Mme Suella Braverman ou M. Nadhim Zahawi, anciens ministres de l’intérieur et de l’économie — ont dû commencer par reconnaître la contribution de leur ancien parti à la destruction du pays. C’est que le rapport de forces semble basculer nettement en faveur de M. Farage. Enfin élu à la Chambre des communes, après sept tentatives sous les couleurs du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) puis sous celles du Brexit Party — Reform UK depuis 2021 —, le trublion a changé de statut comme de style. Fini les vestes en tweed, le rire sardonique, place aux costumes classiques, aux sourires aimables. Mais cela suffit-il pour gagner Downing Street ?
Dans un premier temps, il s’agirait d’atteindre l’objectif affiché à la conférence du parti en septembre 2025 : élargir l’électorat. À Birmingham, M. Farage a enjoint à ses cadres de « prendre modèle sur les libéraux-démocrates, qui ont établi des antennes territoriales (…). Cette force leur a permis de mettre le paquet dans des circonscriptions ciblées. » Adaptée au système uninominal à un tour, la stratégie a en effet permis à 72 centristes de l’emporter en 2024, quand, malgré un score national supérieur à celui des « Lib Dem », Reform ne faisait élire que 5 candidats. À la prochaine échéance nationale, la formation de droite pourra déjà s’appuyer sur les 677 conseillers municipaux et régionaux qu’elle a fait élire en mai 2025, soit 42 % des sièges alors en jeu (en moyenne un quart d’entre eux est renouvelé chaque année).
Lors du même scrutin, dans des territoires qui leur sont a priori (…)
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