Robert Malone démissionne de l’ACIP : « J’en ai fini avec le CDC et l’ACIP »


Dans une interview explosive sur The HighWire (EP 469, 26 mars 2026), l’ex-vice-président du comité consultatif sur les vaccins révèle un sabotage interne, un manque de respect flagrant et un CDC « irrécupérable ». Retour détaillé sur une crise qui laisse les États-Unis sans panel fonctionnel de recommandations vaccinales.

Moins de dix jours après la décision historique et très controversée d’un juge fédéral bloquant la réforme vaccinale de Robert F. Kennedy Jr., le Dr Robert Malone, vice-président de l’Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP), a claqué la porte. Sa démission, officialisée le 24 mars, a été suivie d’une intervention sans filtre le 26 mars dans l’émission The HighWire avec Del Bigtree.

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Malone y dénonce un « hot mess » (un véritable chaos), un saboteur interne nommé par Kennedy lui-même, et un gouvernement qui traite les experts comme du « bétail ».

Cet épisode met en lumière les tensions extrêmes autour de la politique vaccinale américaine sous l’administration Trump-Kennedy. Voici une analyse complète et factuelle des faits, des verbatim et des enjeux.

 

Qu’est-ce que l’ACIP ? Un rôle central mais méconnu – et au cœur d’une réforme audacieuse

L’Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) est un comité consultatif indépendant créé en mars 1964 et rattaché aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Composé d’experts en pédiatrie, maladies infectieuses, épidémiologie et santé publique, il formule les recommandations officielles sur les calendriers vaccinaux (enfants et adultes). Ces recommandations ne sont pas des obligations légales, mais elles deviennent la norme fédérale une fois validées par le directeur du CDC. Elles influencent directement :

  • les calendriers scolaires et universitaires ;
  • les remboursements Medicare/Medicaid et assurances privées ;
  • les programmes fédéraux comme Vaccines for Children.

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Le comité doit respecter le Federal Advisory Committee Act (FACA) : transparence des nominations, équilibre des expertises et absence de conflits d’intérêts majeurs. Ses travaux sont publiés dans le Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR).

 

La réforme audacieuse de Robert F. Kennedy Jr. (juin 2025) : Le 9 juin 2025, Robert F. Kennedy Jr., fraîchement nommé secrétaire du HHS, a révoqué l’ensemble des 17 membres de l’ACIP (nommés sous l’administration Biden). Cette « remise à zéro » visait à éliminer les « conflits d’intérêts persistants » et la « science biaisée », dans le cadre de l’initiative « Make America Healthy Again » (MAHA). Kennedy dénonçait l’absence d’essais cliniques contrôlés par placebo inertes pour la plupart des vaccins infantiles, ainsi que les liens historiques entre membres et l’industrie pharmaceutique.

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RFK Jr. a ensuite nommé 8 nouveaux membres qualifiés, dont :

  • le Dr Robert W. Malone (pionnier des vaccins ARNm et vice-président),
  • le Dr Martin Kulldorff (épidémiologiste, co-auteur de la Great Barrington Declaration),
  • le Dr Retsef Levi (expert en sécurité vaccinale au MIT),
  • le Dr Cody Meissner (pédiatre infectiologue),
  • et d’autres profils issus de la neurosciences, de la clinique d’urgence ou de la bioéthique.

Ces nominations ont été saluées par les défenseurs de la transparence, mais vivement critiquées par l’American Medical Association (AMA) et d’autres organisations qui y voyaient une « politisation » du comité.

Les conflits d’intérêts dévoilés : dans un tweet du 13 juin 2025, RFK Jr. a explicitement révélé les conflits de l’ancien ACIP. Exemples historiques : en 2000, une enquête du Congrès avait montré que 4 des 8 membres ayant approuvé le vaccin contre le rotavirus détenaient des liens financiers directs avec les fabricants. D’autres membres partageaient des brevets, détenaient des actions ou recevaient des subventions de laboratoires (ex. : millions de dollars de Sanofi, Pfizer, Merck). Kennedy a imposé pour la première fois une règle stricte de récusation en cas d’intérêt financier passé ou présent.

Une décision historique de l’ACIP réformé : le 19 septembre 2025, le nouvel ACIP a voté à l’unanimité (12-0) pour mettre fin à la recommandation universelle du vaccin contre le COVID-19 pour tous les adultes et enfants de 6 mois et plus. La vaccination annuelle systématique a été remplacée par une « prise de décision individuelle » ou « décision clinique partagée » avec un médecin, en tenant compte du rapport bénéfice-risque (plus favorable chez les personnes à haut risque). Le Dr Malone et le Dr Meissner ont participé aux débats, soulignant les biais méthodologiques et les signalements d’effets secondaires graves (myocardite, thromboses, troubles neurologiques). Cette décision marque un tournant majeur post-réforme Kennedy. Malgré ces avancées, la réforme a été stoppée net par la justice.

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La décision de justice du 16 mars 2026 : un coup d’arrêt brutal

Le 16 mars 2026, le juge fédéral Brian E. Murphy (U.S. District Court du Massachusetts, nommé par Biden en 2024) a rendu une injonction préliminaire de 45 pages dans l’affaire American Academy of Pediatrics et al. v. HHS.

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Ce que dit le jugement :

  • Suspension des 13 nominations effectuées par RFK Jr. après la purge de juin 2025.
  • Annulation de tous les votes du comité reconstitué et rétablissement du calendrier vaccinal pédiatrique de 2025.
  • Raison principale : violation probable du FACA et « manque criant d’expertise ». Le juge estime que seuls 6 des 15 membres actuels ont une expérience significative en vaccins.

 

La critique du système en échec : selon l’analyse du Collectif citoyen, cette ordonnance est vue comme la protection d’un système vaccinal défaillant. Le juge, sans expertise en vaccins ou pédiatrie, célèbre l’ACIP historique comme « non partisan » et « fondé sur la science », sans aborder les conflits d’intérêts ni la perte de confiance publique. Pourtant, en 2025, les États-Unis ont connu 2 284 cas de rougeole (plus haut niveau depuis 1992), un rebond de la coqueluche et une explosion des maladies chroniques chez les enfants (40 % touchés par obésité, diabète, allergies, asthme ou troubles neurodéveloppementaux) que certains tentent d’attribuer aux décisions de RFK jr alors que les augmentations étaient déjà observées avant son entrée en fonction. De  plus le juge priorise la « forme » sur le fond et refuse d’examiner l’« influence indue » de l’industrie. Le gouvernement argue que Kennedy disposait d’une discrétion exécutive pour un « grand nettoyage » nécessaire.

Conséquence immédiate : la réunion ACIP des 18-19 mars 2026 a été annulée sine die. Le panel est en « limbo judiciaire ». Le HHS n’a pas encore annoncé d’appel formel.

 

La démission de Robert Malone : « des centaines d’heures non rémunérées, du sabotage… J’ai mieux à faire »

Nommé vice-président par RFK Jr. en 2025, Malone a annoncé sa démission le 24 mars 2026. Il explique : « Des centaines d’heures de travail non rémunéré, une haine incroyable de plusieurs côtés, une presse hostile, des querelles internes, des fuites instrumentalisées, du sabotage. J’ai mieux à faire. »
« Après qu’Andrew [Nixon, HHS de porte-libération conditionnelle] m’ait démoli avec la presse, j’en ai fini avec le CDC et l’ACIP. C’était la goutte d’eau. »
« Disons simplement que je n’aime pas le drame, et que j’ai mieux à faire. »
« Si on me propose la possibilité de participer à un ACIP relancé, je déclinerai respectueusement. »

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Malone avait initialement parlé d’une « dissolution et recréation » du comité, avant de clarifier qu’il s’agissait d’une « mauvaise communication ».

Il tire aujourd’hui un trait définitif.

 

L’interview sur The HighWire (EP 469) : les révélations choc du 26 mars

Dans l’émission diffusée en direct le 26 mars, Malone s’exprime face à Del Bigtree. Ton : franc, frustré, parfois amer. Il décrit l’ACIP comme un « un vrai bazar » et le CDC comme « irrécupérable ».

Les principaux sujets :

  1. Le saboteur (« mole ») nommé par RFK Jr : « Bobby a nommé quelqu’un pour être opérationnellement responsable de l’ACIP et de plusieurs autres aspects au sein du CDC. Et cette personne semble avoir été… Une taupe ? […] Le mot saboteur a été utilisé. […] Mais maintenant, il est clair à travers les actions de cette personne qu’elle a causé beaucoup de dégâts. »
  2. Pourquoi le CDC n’est pas « rattrapable » : « mes commentaires à Bobby quand il m’a appelé [et] demandé [de] rester étaient : « Non, désolé, j’en ai assez. » Je ne pense pas que le CDC soit récupérable. Beaucoup de ces personnes sont très, très ancrées dans le récit du « sûr et efficace ». Et ils […] ont aussi une responsabilité particulière en ce qui concerne la crise du COVID en termes de suppression d’informations, de manipulation des données. […] Des mains sales. »

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  3. Le traitement « indigne » des experts bénévoles : « Oui, ce truc est un vrai bazar. Elle ne remplit pas sa fonction. C’est vraiment une mission inutile. Nous y mettons des milliers d’heures, on nous traite comme des biens meubles. Le manque de respect, franchement, du gouvernement est tout simplement d’une longue date et profond. […] Nous allons vous dire quoi dire et quand le dire. […] Ne parlez pas des méfaits liés aux vaccins. Je ne recommande pas de retirer la protection de la loi PREP. Ils ne nous ont jamais offert de couverture avec toutes ces attaques que nous avons subies. Ces personnes ont été épuisées, ont perdu des subventions, elles ont été isolées professionnellement. L’attitude du gouvernement est essentiellement : « Nous sommes remplaçables. » Vous avez accumulé des milliers d’heures auprès de 17 professionnels hautement qualifiés qui prennent du temps hors de leur pratique. C’est tout simplement absurde. J’en ai juste assez. »
Les implications : un vide vaccinal dangereux ?

Avec l’ACIP paralysé, les recommandations sur la grippe saisonnière, le Covid-19, le RSV et d’autres vaccins restent en suspens. Le calendrier pédiatrique « Kennedy » (qui réduisait certaines doses) est annulé.

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Pour les observateurs, cette crise révèle les limites d’une réforme rapide et jugée idéologique alors qu’elle faisait partie du programme politique de Trump réélu en novembre 2025. D’un côté, les soutiens de Kennedy y voient une « capture » du CDC par l’industrie pharmaceutique. De l’autre, les organisations médicales majoritaires parlent d’une menace sur la santé publique et la confiance des Américains. Confiance qui a été mise à mal par des années de décisions sous influences, confiance que le programme MAHA tentait de restaurer avec l’aide du décret sur la science de référence dont le Pr Jay Bhattachary est responsable au NIH.

Robert Malone, connue pour ses critiques des vaccins ARNm, conclut son passage sur The HighWire par une note définitive : il ne reviendra pas, même en cas de relance du comité.

À suivre : le HHS doit maintenant décider s’il fait appel du jugement Murphy ou s’il relance un nouveau processus de nominations qui serait conforme au FACA. En attendant, les États-Unis fonctionnent sans comité consultatif vaccinal opérationnel – une première en soixante ans.

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Ce 27 mars, RFK Jr a annoncé la création d’un nouveau comité consultatif, le « Healthcare Advisory Commitee »: 

 

Retrouvez le résumé vidéo de l’article : 





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