En Iran, qui a gagné ? La Russie et la Chine, ou l’USraël ?, par Alfredo Jalife-Rahme, Alfredo Carralero Hernández



À chacun sa propre définition de la « victoire » [1]. Le président Trump, qui excelle dans l’art de la communication, clame la « défaite » de l’Iran et le triomphe des États-Unis, un sentiment partagé par Patrick Foulis, chercheur à l’Institut Hoover (rattaché à l’Université Stanford) et l’une des principales sources d’inspiration idéologique des faucons du Parti républicain, de Kissinger à Condoleezza Rice. Foulis fantasme, et proclame que « la grande majorité du monde n’a toujours d’autre choix que de dépendre des États-Unis » [2].

Au quatrième jour de l’agression militaire israélo-états-unienne contre l’Iran, le consultant militaire russe Andreï Martyanov (AM) avait déjà prédit la défaite d’Israël et des États-Unis face à l’Iran [3]. Onze jours après le début de la troisième guerre du Golfe, qui entre maintenant dans son deuxième mois, j’avais prédit une forte probabilité de victoire pour la Russie et la Chine [4].

Dans une interview remarquable accordée au magazine britannique mondialiste The Economist, dont les banquiers khazars Rothschild détiennent un quart des actions, l’ancien directeur du MI6, Sir Alex Younger, a déclaré que « l’Iran est en train de gagner » [5]. Vingt -six jours après le début du conflit, Andreï Martynov a de nouveau affirmé avec véhémence que « l’Iran a déjà gagné la guerre » [6]. Selon l’analyste financier William Pesek d’Asia Times (basé à Hong Kong), « les dégâts infligés par l’Iran dans le détroit d’Ormuz profitent au yuan chinois », car « l’Iran est en train d’asphyxier les approvisionnements en pétrole, accélère la chute du pétrodollar et stimule les ambitions de la monnaie chinoise » [7].

De son côté, le géoéconomiste russe Sergueï Glaziev affirme que « c’est la guerre contre l’Iran qui décidera du sort de l’Ukraine » [8]. Dans ses cinq scénarios, il considère que « la position russe devrait se renforcer », ce qui coïnciderait avec la consolidation de la Chine, devenue « puissance dominante non seulement en matière de production, mais aussi de science et de technologie ». Et Gabriel Honrada, le collaborateur, basé en Russie, d’Asia Times met en garde contre une « opération secrète », révélant ainsi l’existence de l’axe militaire irano-russe [9].

L’analyste financier britannique Ambrose Evans-Pritchard, du Telegraph, cède à sa légendaire russophobie et s’éprend de la Chine, qu’il juge « véritable gagnante » car « le conflit dans le Golfe conduit à un choc énergétique mondial » lorsque « Trump risque un bouleversement géopolitique exceptionnel, de concert avec la perte de crédibilité des États-Unis en Asie » [10].

À mon avis, Ambrose Evans-Pritchard fait preuve d’un double réductionnisme inquiétant — géofinancier et géoéconomique — et il manque de profondeur géostratégique, obnubilé par sa propre russophobie. Il cite l’Agence internationale de l’énergie, qui affirme que « 40 infrastructures énergétiques ont été gravement ou très gravement endommagées dans neuf pays », alors que « Xi Jinping se présente comme la voix du calme et de la responsabilité » et qu’il lui suffit de « rester les bras croisés pendant que l’OTAN se désintègre ». Il ajoute que « Xi Jinping peut sourire pendant que le Pentagone brûle ses stocks de munitions et de terres rares ». Ambrose Evans-Pritchard commente que « le problème n’est pas que la Chine puisse soudainement attaquer Taïwan, mais qu’elle ne devrait même pas avoir à le faire », dès lors que « les Taïwanais voient bien le danger venir ». Fait frappant : depuis l’ interruption due à la guerre (et au blocage du détroit d’Ormuz), le prix de l’essence en Chine a baissé !

Dans le contexte actuel, la résistance chiite légendaire de l’Iran, conjuguée à son statut de véritable puissance technologique dotée de capacités cybernétiques extrêmement sophistiquées, selon les aveux de John Brennan, ancien directeur de la CIA [11], et à son « syndrome de Karbala », offrent pratiquement la victoire à la Russie et à la Chine de manière passive. Cependant, une menace se profile à l’horizon : le duo Netanyahou/Trump pourrait utiliser son arsenal nucléaire pour contrer la « guerre asymétrique » menée par l’Iran, ce qui risquerait de déclencher une Troisième Guerre mondiale thermonucléaire.



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