Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’énergie, l’a affirmé sans ciller mercredi à l’Assemblée nationale.
Mensonge. Ou plutôt : insulte.
Car les chiffres, eux, ne mentent pas.
Les taxes pèsent encore aujourd’hui entre 50 et 55 % du prix à la pompe. L’accise (ex-TICPE) est un montant fixe par litre – environ 60 centimes sur le gazole. Seule la TVA à 20 % varie avec le prix. Résultat : quand le litre passe de 1,70 € à 2,20 € (+ 50 centimes), l’État ne gagne pas 30 centimes par litre, mais environ 10 centimes supplémentaires via la TVA.
Sur les quelque 130 à 135 millions de litres de carburants vendus chaque jour en France, cela représente tout de même 13 à 14 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires par jour. En dix jours : plus de 130 millions d’euros. En un mois : plus de 400 millions. Et si le prix continue de grimper vers 2,50 € ou 3 €, le jackpot s’accélère encore.
Pendant ce temps, le salarié qui fait 40 km par jour pour aller travailler voit sa note d’essence ou de gazole augmenter de 30 à 50 € par mois. L’agriculteur, le transporteur, l’artisan, le commerçant… tous paient. Et l’État, lui, empoche sans rien changer à son train de vie.
C’est cela, la réalité du « choc pétrolier » : un racket légal, automatique et assumé ?
Ah, le « choc pétrolier »… Comme par hasard, chaque crise devient l’occasion rêvée pour justifier de nouvelles taxes, de nouvelles restrictions, de nouveaux contrôles. On appauvrit d’abord, on moralise ensuite.
Qui tire profit du système, même en dehors des crises ?
Emmanuel Macron a porté le pantouflage (1) et le jeu des chaises musicales à un niveau jamais vu. Jean Castex, après avoir été Premier ministre, a été nommé PDG de la RATP, puis de la SNCF – deux postes à près de 450 000 euros net par an, avantages compris. Catherine Pégard, ancienne présidente du château de Versailles (200 000 euros par an plus avantages pendant douze ans), devient ministre de la Culture en février 2026, tandis que Rachida Dati, elle-même ancienne ministre, était pressentie pour lui succéder à Versailles. Un ballet parfait entre haute administration, politique et postes grassement rémunérés.
C’est la République des copains et des coquins, version 2.0 : on se sert d’abord, on gouverne ensuite. Et quand on ne gouverne plus, on se recase confortablement sur le dos du contribuable.
Mais, revenons à nos moutons, car hélas c’est le cas de le dire.
Selon le sondage MIS Group pour France-Soir de février 2026, 73 % des Français n’ont plus confiance dans le gouvernement et 47 % citent explicitement les mensonges répétés comme raison principale de cette défiance, notamment sur la perte de confiance dans la vaccination covid. Comme le disait Coluche avec son génie acide : « Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » Une majorité des Français juge même que les grands médias relaient ces mensonges sans les questionner, creusant un peu plus le fossé entre le peuple et ses dirigeants.
Ce système n’est pas une anomalie. Il est devenu la règle. Pantouflage, conflits d’intérêts, nominations de fidèles aux postes clés (Conseil constitutionnel, Cour des comptes, Banque de France…). Tout cela forme une caste interchangeable, où politiciens et hauts fonctionnaires se protègent mutuellement.
Et pendant que cette caste se « goinfre », l’économie française est sabordée au profit d’intérêts étrangers, le tissu social se déchire, la cohésion nationale s’effrite et la Culture se dilue. La dégénérescence morale et intellectuelle est même érigée en norme, outil de manipulation des masses.
Pourtant, ça fonctionne encore : Emmanuel Macron a été réélu malgré les promesses non tenues, les trahisons et les insultes répétées envers le Français moyen. Cependant, ils sont de moins en moins nombreux à y croire aveuglément. C’est la bonne nouvelle.
La mauvaise, c’est que cette hausse des prix du pétrole n’est pas seulement une « arnaque » fiscale. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large : créer ou amplifier les crises pour justifier toujours plus de pouvoir, toujours plus de prélèvements, toujours plus de restrictions sur nos libertés. Nous ne sommes plus vraiment gouvernés.
Nous sommes rackettés. Le jour où nous serons assez nombreux à le comprendre vraiment, ce système ne tiendra pas trois semaines.
À nous de décider quand ce jour arrivera.
1) dans un prochain édito, je reviendrai plus en détail sur le sujet du pantouflage et des conflits d’intérêts qui vont avec.