Le préfet de la Moselle a rétropédalé mardi, préférant « reconduire, pour cette année, la fermeture des commerces » le Vendredi saint, jour férié dans le département, après qu’un arrêté autorisant leur ouverture a suscité de vives réactions ces derniers jours.
L’évêque de Metz avait notamment exprimé samedi sa « surprise » puis sa désapprobation face à l’autorisation donnée par arrêté préfectoral du 23 mars aux commerces d’ouvrir pour le vendredi précédant Pâques (le 3 avril cette année), férié en Alsace et en Moselle, en vertu du droit local.
« Cet arrêté déroge à ce qui est considéré, depuis de nombreuses années, comme une pratique profondément ancrée dans notre histoire locale, avait estimé Mgr Philippe Ballot, s’inquiétant que cela puisse créer « un précédent ».
Plusieurs syndicats ont par ailleurs attaqué l’arrêté en justice.
« Sans préjuger de la décision du tribunal administratif de Strasbourg », le préfet a dit mardi dans un communiqué être « attentif aux réactions que cette décision a suscitées, tant au sein des communautés chrétiennes qu’auprès des commerçants, qui font part des difficultés concrètes rencontrées pour organiser l’ouverture de leurs établissements dans un délai contraint ».
Il a donc finalement décidé de « reconduire, pour cette année, la fermeture des commerces de détail dans l’ensemble du département » et engagera « dans les mois à venir » un « dialogue » avec toutes les parties prenantes pour « envisager, de manière apaisée et collective, les conditions de sa mise en œuvre à l’horizon 2027 ».
Le préfet a toutefois rappelé que « cette décision n’avait pour objet ni la remise en cause du droit local (…) ni le caractère férié du Vendredi saint, auquel les Mosellans sont profondément attachés ».